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Flambée du prix des matières premières
Ce n'est pas fini, prédit l'Afab

Dans un long communiqué, l'Association des fabricants d'aliments du bétail (Afab) explique les raisons de la flambée du prix des matières premières entrant dans la composition des aliments du bétail. Et ce n'est pas fini, prédit-elle aussi... C'est pourquoi elle appelle "les politiques et les distributeurs à bâtir un plan de répercussion de ces hausses délétères". La FNSEA, pour sa part, a saisi l'observatoire de la formation des prix et des marges.

Entre janvier 2011 et mai 2012, pour le cas de la seule filière porcine, les spécialistes de la nutrition animale bretonne ont permis d’épargner plus de 225 000 000 d’euros au bénéfice des éleveurs (écart mesuré entre le prix de marché des aliments type porc Ifip et prix constaté chez les adhérents Afab sur la même période multiplié par le tonnage aliment porc fabriqué).
Entre janvier 2011 et mai 2012, pour le cas de la seule filière porcine, les spécialistes de la nutrition animale bretonne ont permis d’épargner plus de 225 000 000 d’euros au bénéfice des éleveurs (écart mesuré entre le prix de marché des aliments type porc Ifip et prix constaté chez les adhérents Afab sur la même période multiplié par le tonnage aliment porc fabriqué).
© terra

Depuis le début d’année 2012, avec les faibles récoltes de céréales et de graine de soja en Amérique du Sud soumis à une sécheresse brutale (-20% récoltés/prévision de fin 2011), puis les fortes gelées cet hiver sur Europe de l’Est, les cotations boursières des céréales (blé, maïs…) et des graines oléagineuses (soja, colza et tournesol) ont très fortement augmenté sur les places européennes et américaines.
La libéralisation des marchés organisée depuis le début des années 2000 par l’UE et l’appétit des spéculateurs ont, bien entendu, amplifié ces tendances. A noter que la baisse de l’euro face au dollar (-15%) pèse aussi lourd sur ces marchés.
De janvier 2012 à juin 2012 en "rendu centre Bretagne", les céréales ont renchéri de plus de 40 e/t (+20%) et le soja de plus de 120 e/t (+40%). Ces composants de base des aliments pèsent plus de 85 % du prix des aliments en Bretagne.
Ces niveaux plaçaient déjà les aliments quasiment au plus haut historique (devant avril 2008 et avril 2011 tristes records précédents).


Un second semestre explosif

 

Chacun attendait de bonne collecte nord américaine en maïs et en soja pour cet automne et, depuis plus d’un mois, il ne pleut pas aux USA et la pire sécheresse depuis 56 ans est annoncée ! La Chine poursuit ses achats en soja (multipliés par 10 en 5 ans !), et pointe son nez en maïs après une faible récolte de blé 2012.
Conséquences ? En 3 semaines, le soja est passé de 400 à plus de 555 e/t - le colza et le tournesol ne sont pas en reste - et le blé passe les 265/270 e/t en Bretagne où la récolte 2012 se fait attendre sous la pluie, ce qui tend un peu plus les stocks disponibles.
Malgré toutes les actions modératrices mises en œuvre par les fabricants d’aliment de bétail adhérents à l’Afab - lissage des prix par des achats à termes, choix de composants, reformulations etc. - des hausses très fortes et durables sont prévues pour les semaines à venir.


Et demain ?

 

Le seul espoir réside dans la future récolte sud américaine en céréales et en soja.
Début 2013, si tout va très bien là-bas, nous pouvons espérer une détente salutaire des prix mondiaux. Les experts, vue la faiblesse des stocks mondiaux prévue à fin 2012 ne voient pas de chute des prix comme en 2009.
D’ici là, nous allons vivre des mois très longs et douloureux pour l'économie de nos filières animales, et donc, la santé des éleveurs et des filières, viandes et oeufs en particulier.
Une vraie prise en compte de la réalité des marchés agricoles est indispensable pour sauver les productions françaises, et demain encore pouvoir bénéficier d’une sécurité et d’une qualité "made in France" agricoles et agroalimentaires. Des milliers d’emplois sont sur la sellette, et trop attendre pour répercuter ces hausses c’est mettre en grave péril nos outils de production, déjà en situation précaire.
L’Afab alerte les acteurs des filières animales et attend donc un réveil des politiques et des distributeurs pour prendre la mesure des dangers à venir, et bâtir un plan de répercussion de ces hausses délétères.

Les éleveurs de porcs s'inquiètent...

Dans un communiqué, la FRSEA Bretagne tire une fois de plus la sonnette d'alarme. Le prix de l'aliment s'élève à 280 euros la tonne, explique-t-elle. Et dans le même temps, le niveau, pourtant élevé, du prix de base au cadran breton (1,461 euro le kilo de carcasse), ne permet pas de faire face. En outre, les éleveurs sont dans l'incapacité de faire les investissements pour se mettre aux normes qui seront obligatoires dans six mois.

...Stéphane Le Foll aussi

Recevant le 19 juillet les représentants des 9 filières végétales de la FNSEA, Stéphane Le Foll s'est montré inquiet pour la santé économique des élevages. Des solutions sont proposées par les représentants des producteurs de grandes cultures, notamment via la contractualisation interfilières. Pour Christophe Terrain, président de l'AGPM, "seule la contractualisation sur des périodes plus longues entre les filières animales et végétales permettra d'éviter les déséquilibres économiques dont sont aujourd'hui victimes les éleveurs".
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