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LES TECHNIQUES CULTURALES SIMPLIFIÉES EN FORUM
"C'est tout, sauf simple"

Moins répandues que dans le reste de la France, les techniques dites sans labour ont pourtant fait salle comble, mardi dernier au Palais des congrès de Pontivy, lors du Forum "Sol et Vie" qui leur était consacré, à l'initiative des chambres d'agriculture de Bretagne(1). Du tout, sauf simple !

Sylvie Tico, du pôle agronomie des chambres d'agriculture de Bretagne, Denis Piron, de l'Université de Rennes 1, Vincent Hallaire, de l'Inra, et Didier Michot, d'Agro Campus Ouest.
Sylvie Tico, du pôle agronomie des chambres d'agriculture de Bretagne, Denis Piron, de l'Université de Rennes 1, Vincent Hallaire, de l'Inra, et Didier Michot, d'Agro Campus Ouest.
© Terra

Il y a ses adeptes et ses farouches opposants. Un rien réductrice, cette opposition qui a eu tout loisir de faire valoir ses arguments lors du forum, le 27 janvier dernier à Pontivy, a surtout permis de mettre en lumière le fruit des résultats des travaux de tous ceux qui, depuis 8 ans, observent la montée en puissance de ces TCSL, techniques culturales sans labour, en Bretagne. Première des raisons invoquées par tous ceux qui les pratiquent, "l'allègement des charges de travail est le critère principal de la mise en place du non labour", note Magali Février au regard de l'enquête sur les pratiques culturales réalisée en 2006 par la Draf. Une fois que les techniques sont éprouvées, si le temps de travail reste un argument de choix, "la baisse de consommation de carburant et l'augmentation de la qualité du sol sont aussi avancées dans 75 % des réponses des agriculteurs qui pratiquent", souligne Soizic Perche, du pôle de recherche appliqué des chambres d'agriculture de Bretagne.

Quels impacts ?

Depuis 2000, des essais sont menés dans le Morbihan, à la station expérimentale de Kerguehennec, pour évaluer les impacts de ces nouvelles techniques sur le sol.
Alors "oui, on tasse les sols quand on arrête le labour. Mais, d'un autre côté on favorise le développement des lombrics qui régénèrent les sols, surtout si on apporte de la matière organique et des fumiers de volailles, c'est d'autant plus vrai dans la durée", relèvent notamment Vincent Hallaire, de L'Inra, et Denis Piron, de l'Université de Rennes 1. Mais si le sol change, "il faut impérativement s'adapter à ces modifications en revoyant ses pratiques", insiste Philippe Turlin et ce, dès la récolte du précédent. "Eparpiller la menu paille, broyer les résidus fins, déchaumer pour éviter les limaces", semblent un B-A-Ba trop souvent ignoré. Les couverts végétaux ? "Ne les négligez pas c'est un allié essentiel". Pour semer ? "La patience est la règle essentielle. Il faut savoir attendre même si on ne peut semer que sur 3 jours comme ce fut le cas en 2007 et 2008". Les apports d'azote ? "Anticipez, les sols un peu plus froid minéralisent moins vite", énumère le spécialiste.

Des pratiques rigoureuses

Et en matière de mycotoxines ? "Oui, le risque est plus grand avec ces techniques", ne cache pas Eric Masson, d'Arvalis-Institut du végétal, en raison de la présence de résidus de cultures responsables de la contamination, "mais les leviers existent". Broyage et incorporation des résidus, choix variétal, traitement fongique et nettoyage de la récolte en dissipent le risque.
Alors, si les TSCL sont un moyen de gagner du temps avec du matériel spécifique, elles déportent souvent ailleurs la charge de travail, en observation et déchaumage notamment.
"Si je dois abandonner ma charrue pour passer le pulvérisateur, je ne vois pas l'intérêt", lance t-on depuis la salle pour amorcer le débat sur l'impact du non labour sur l'environnement et l'utilisation du glyphosate en particulier. "On peut très bien s'en passer, mais c'est plus confortable", lui répond Erwan Caradec, agriculteur de Douarnenez.
Alors quel impact sur l'environnement ? "Il est  nuancé", répondra avec diplomatie Jérôme Labreuche, d'Arvalis. Car dans la balance, si le bilan énergétique, incluant effet de serre, l'érosion et la biodiversité, fait plutôt pencher la balance du bon côté, suivant les sols, la rotation des cultures, leur protection et la circulation de l'eau, elle penche de l'autre…

(1) En collaboration avec Arvalis, les Cumas, Coop de France, le CER France, Base, l'Inra, Agrocampus, l'Université de Rennes 1, le service statistique de la Draf.

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