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Les techniques culturales simplifiées en Forum
C'est tout sauf simple"

Moins répandues que dans le reste de la France, les techniques dites sans labour ont pourtant fait salle comble, mardi dernier au Palais des congrès de Pontivy, lors du Forum "Sol et Vie" qui leur était consacré, à l'initiative des chambres d'agriculture de Bretagne*. Du tout sauf simple ! (à lire également le dossier de Terra qui leur est consacré).

 

Il y a ses adeptes et ses farouches opposants. Un rien réductrice,  cette opposition qui a eu tout loisir de faire valoir ses arguments lors du forum, le 27 janvier dernier à Pontivy a surtout permis de mettre en lumière le fruit des résultats des travaux de tous ceux qui, depuis 8 ans, observent la montée en puissance de ces TCSL, techniques culturales sans labour, en Bretagne. Première des raisons invoquées par tous ceux qui les pratiquent, "l'allègement des charges de travail est le critère principal de la mise en place du non labour" note Magali Février au regard de l'enquête sur les pratiques Culturales réalisée en 2006 par la DRAAF. Une fois que les techniques sont éprouvées, si le temps de travail reste un argument de choix, "la baisse de consommation de carburant et l'augmentation de la qualité du sol sont aussi avancé dans 75 % des réponses des agriculteurs qui pratiquent",  souligne Soizic Perche du pôle de recherche appliqué des Chambres d'agriculture de Bretagne.

 

Quels impacts ?

Depuis 2000, des essais sont menés dans le Morbihan à la station expérimentale de Kerguehennec pour évaluer les impacts de ces nouvelles techniques sur le sol.

Alors "oui, on tasse les sols quand on arrête le labour. Mais d'un autre coté on favorise le développement des lombrics qui régénèrent les sol surtout si on apporte de la matière organique et des fumiers de volailles, c'est d'autant plus vrai dans la durée" relèvent notamment Vincent Allaire de L'Inra et Denis Piron Piron de l'Université de Rennes 1. Mais si le sol change, "il faut impérativement s'adapter à ces modifications en revoyant ses pratiques" insiste Philippe Turlin et ce, dès la récolte du précédent. "Eparpiller la menu paille, broyer les résidus fins, déchaumer pour éviter les limaces" semblent un B-A-BA trop souvent ignoré. Les couverts végétaux ? "Ne les négligez pas c'est un allié essentiel". Pour semer ? "La patience est la règle essentielle il faut savoir attendre même si on ne peut semer que sur 3 jours comme ce fut le cas en 2007 et 2008". Les apports d'azote ? "Anticipez, les sols un peu plus froid minéralisent moins vite",  énumère le spécialiste.

 

Des pratiques rigoureuses

Et en matière de Mycotoxine ?"Oui le risque est plus grand avec ces techniques" ne cache pas Eric Masson d'Arvalis, en raison de la présence de résidus de cultures responsables de la contamination  "mais les leviers existent". Broyage et incorporation des résidus, choix variétal, traitement fongique et nettoyage de la récolte en dissipent le risque.

Alors si les TSCL sont un moyen de gagner du temps avec du matériel spécifique, elles déportent souvent ailleurs la charge de travail, en observation et déchaumage notamment.

"Si je dois abandonner ma charrue pour passer le pulvérisateur, je ne vois pas l'intérêt", lance t-on depuis la salle pour lancer le débat sur l'impact du non labour sur l'environnement et l'utilisation de glyphosate en particulier. "On peut très bien s'en passer mais c'est plus confortable" lui répond Erwan Caradec, agriculteur de Douarnenez  (voir encadré).

Alors quel impact sur l"'environnement ? "L'Impact est  nuancé" répondra avec diplomatie Jérôme Labreuche d'Arvalis. Car dans la balance, si le bilan énergétique, incluant effet de serre, l'érosion et la biodiversité fait plutôt pencher la balance du bon coté, suivant les sol, la rotation des cultures et leur protection et la circulation de l'eau, elle penche de l'autre…

Claire Le Clève

 

Photo  Sylvie Tico du centre de recherche appliqué des Chambres d'agricultures de Bretagne, Denis Piron de l'Université de Rennes 1, Vincent Hallaire de l'Inra et Didier Michot d'Agro Campus Ouest

 

 

 

*En collaboration avec Arvalis, les Cumas, Coop de France, le CER France, Base, l'Inra, Agrocampus, l'Université de Rennes 1, le service statistique de la DRAF

 

 

 

Affiner ses pratiques

 C'est un drôle de hasard qui a conduit ce jeune agriculteur finistérien à tâter des TCSL. "J'ai cassé ma charrue, il fallait semer le blé, j'ai tenté "se rappelle Erwan Caradec membre avec son frère et ses parents du Gaec du même nom à Douarnenez. Une exploitation de 160 ha (50 de pâtures, 38 de maïs, 45 céréales, 17 de légumes et 10 de Colza) et un cheptel de 90 vaches laitière pour une référence de 820 000 L. "Je n'ai pas vu de changement de rendement et la portance était là on pouvait aller plus tôt alors  j'ai continué, mon père n'était pas trop d'accord pour le maïs, on a essayé en 2001. Les rendements étaient au rendez vous avec 15 tonnes de Matière sèche par ha", poursuit l'éleveur qui insiste sur les rotation de ses cultures avec des cultures intermédiaires et des légumes pour optimiser ses itinéraires techniques. "En 2008, en blé nos rendements sont de 80 qx et un coût de production de 356 ha et en maïs de 232 ha". Erwan se refuse à décompacter sa terre "les couverts et les vers de terre font le travail ce sont nos alliés" se plait t-il à dire lui qui souhaite aller vers le semis direct sous couvert.

Ce qui importe au final "ce n'est pas tant une baisse de rendements que je n'ai pas eu par ailleurs, mais c'est d'avoir la meilleure rentabilité à l'hectare, ce qui compte, c'est le résultat en bas de la page". En blé pour 2008, Erwan Caradec annonce 762 euros Ha de marge brute.

 

 

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