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Antoine Colpert, de l’association des éleveurs Doux
"Charles Doux, le seul qui garantit du travail pour tous"

Pour Antoine Colpaert, vice-président de l’association des éleveurs Doux, le marché export est là, moteur de la filière française. L’amputer, comme le prévoit le plan de cession de l’offre Sofiprotéol, signerait le sabordage de l’aviculture française.

© TERA
- Créances : 80 000 euros. "C'est beaucoup d'argent, c'est vrai, mais ce n'est pas ça qui m'inquiète", explique posément l'éleveur morbihannais. Avec 10 000 m2 de bâtiment, 5 000 m2 sur 3 sites sont consacrés à la production de poulettes. 5 000 autres m2, flambants neufs, le sont pour la ponte. Le groupe Doux et son intégration, est un modèle pour lui qui en connaît le fonctionnement pour avoir occupé, jusqu'au 1er février dernier, le poste de responsable de production de la société Doux - poussins. Un double actif avec "beaucoup de travail, de l'organisation et deux salariés", pour gérer les sites. Et puis, le 1er février dernier, il a fait "le choix définitif de l'élevage. J'ai abandonné mon poste de salarié". Ce double parcours l'aura également exposé, en 2001, à la faillite de Bourgoin...

- Certitudes : "Il y a des marchés qui existent depuis longtemps. L'export a toujours été, moteur. Depuis ces deux dernières années, le groupe Doux avait fortement augmenté sa production de poulets pour l'export", analyse Antoine Colpaert. Il est persuadé que "sans l'export plein, il n'y a pas de filière avicole forte. L'export tire le frais qui vivote". Autant d'éléments de réflexion, partagés par bon nombre de producteurs, qui ont fait pencher la balance de l'association des éleveurs pour le plan de continuation de Charles Doux. "On le connaît. Les dépôts de bilan aussi. Beaucoup en ont connus. Mais Charles Doux est le seul à garantir du travail pour tous dans son plan de continuation avec le moins de casse sociale". Et l'éleveur de souligner ce qui est sûr. "C'est écrit : 50 % des créances de tous les éleveurs garanties au 30 septembre et le solde à la fin de la période d'observation avec le libre choix de prendre le solde ou de l'investir dans la société". Des reproches, il n'en sera fait état que d'un. "On a eu des performances techniques et des vides les plus courts depuis des années en étant mieux rémunérés au m2. Le groupe court après les éleveurs. Le seul problème, ça a été les délais de paiement".

- Inquiétudes : "L'offre de cession, c'est de l'indécence pour l’accouvage, c'est la mort à petit feu. Avec ce plan, tout le monde est pauvre. Doux a son modèle et ses marchés. C'est la base, ils sont là. Il faut se débrouiller pour continuer à les servir. Or, aujourd'hui, sur les 4 millions de poulets/semaine abattus, 1,3 millions ne sont pas faits... Les vides seront plus longs.  Pourquoi ne maintiendrait-t-on pas l'activité forte des abattoirs à l'export", interroge, inquiet, l'éleveur.
Une réponse sera donnée aujourd'hui au tribunal de Quimper. Sera-t-elle de nature à rassurer les 800 éleveurs du groupe Doux, dont 200 se sont regroupés au sein de l’association ?
Claire Le Clève

Sofiprotéol pour une reconquête du marché intérieur

La nouvelle offre de Sofiprotéol a été transmise à l'administrateur judiciaire mardi, comme l'ensemble des 13 autres offres. Les salariés non repris seraient ramenés de 1 550 à environ
1 000 emplois. "Nous avons obtenu que des avancées réelles soient apportées par le consortium" bâti autour de Sofiprotéol, estimait le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot. Vis-à-vis des éleveurs, l'offre reprend les stocks de "vifs" à la société Doux élevage. Selon un communiqué de Sofiprotéol, "cela devrait permettre à l'administrateur judiciaire de rembourser la totalité des créances des éleveurs. Pour le poulet congelé exporté, le volume potentiel passerait de 240 000 t aujourd'hui à
200 000 t à terme, soit une réduction de
1 million de poulets par semaine au profit du marché intérieur. La stratégie tient notamment compte du risque de disparition des subventions à l'export payées par l'UE et du fait que la France importe 40% de sa consommation.
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