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Chez Jeannine Perron à Gourin : l'embellissement, une seconde nature

L'arrivée que réserve l'exploitation de Jeannine Perron est à l'image de la maîtresse du lieu, installée à Gourin en 1994 en volaille de chair. A Penhoat, on cultive le sens de l'accueil comme une seconde nature. Lauréate du troisième prix reçu pour le travail d'embellissement de son exploitation, l'avicultrice a accueilli 500 visiteurslors des portes ouvertes organisées sur quatre exploitations, le 8 juillet dernier. Retour sur les lieux.

Des haies découpant l'espace sans obturer la vue, des fleurs, mais pas trop, des bâtiments visibles, propres...
La magie d'un embellissement où tout est réfléchi
Des haies découpant l'espace sans obturer la vue, des fleurs, mais pas trop, des bâtiments visibles, propres...
La magie d'un embellissement où tout est réfléchi
© TERRA
Pénétrer sur le domaine de Jeannine Perron, c'est entrer dans un ailleurs dont on ne sort pas totalement indemne. C'est redécouvrir le murmure des peupliers sous le vent, c'est inspirer profondément en laissant ses yeux folâtrer sur des parterres fleuris ou sauter de boutons jaunes en boutons jaune des millepertuis. C'est découvrir la lauréate d'un troisième prix reçu pour le travail d'embellissement de son exploitation et avec elle, la volonté de concevoir la vie avec un optimisme chevillé au corps.

Rebondir
Pas de perfection ni d'ostentation notoire dans ce qu'a mis en œuvre cette femme depuis 1992. "Il nous a fallu deux ans avec UKL, ma coopérative qui m'a toujours soutenue, pour faire toutes les démarches administratives avant que n'arrive le premier lot en 94. C'était à l'époque des poulets. Durant ce temps, j'ai fait mes boutures", dit elle dans un grand sourire. Ses boutures mais aussi ses plans et beaucoup d'auto-construction pour réaliser, maison et bâtiments de 2 500 m2 au total. Si le rose domine aujourd'hui le coloris des fleurs qui émaillent le domaine de Jeannine, mais la vie n'a pas été toujours rose pour cette femme. Aînée de 7 enfants, elle travaille très jeune comme aide familiale sur l'exploitation parentale avant de partir et de devenir mère de trois enfants au foyer. "J'ai fait beaucoup de ramassage de volailles, j'ai constaté que beaucoup d'élevage n'étaient pas attrayants", explique t-elle en guise de motivation pour faire différemment. Et quand il lui faut rebondir, c'est en aviculture qu'elle décide de le faire mais cette fois-ci, de l'autre côté de la barrière : "je suis devenue chef d'exploitation". Et cerise sur le gâteau, elle n'a pas oublié les ramasseurs de volaille et leur a consacré un grande salle totalement neuve avec longue tablée, bar et poêle à bois.

Améliorer l'image
Un travail qu'elle n'oublie jamais. "C'est aussi pour donner une bonne image de notre profession que je plante, que j'arbore" insiste cette toute jeune mamie. Un travail qu'elle aime et auquel elle consacre du temps. "Je regarde beaucoup, j'observe, je suis là pour tous les détails de l'élevage". Des attentions couronnées par de bons résultats. Un facteur de réussite pour cette exploitante qui n'hésite pas à accueillir de manière inopinée des visiteurs. "On me dit que l'extérieur est souvent le reflet de ce qui se passe à l'intérieur" rapporte telle avec modestie. Mais chez Jeannine Perron, tout y a été voulu, pensé et réfléchi. "Je souhaitais quelque chose de joli. Je ne me suis pas lancée dans l'élevage mais dans l'élevage et l'embellissement", explique t-elle doucement pour ne pas troubler la sieste de ses deux petits enfants à l'étage. Sans coup de baguette magique, mais avec la patience et les doigts verts d'une petite fée qui bouture, marcotte, greffe, plante et replante, déplace, multiplie, le résultat est à la hauteur du travail accompli.

Equilibre et perspectives
Ce sont en premier lieu des allées arborées séparées menant soit à la maison d'habitation, soit à l'entreprise de rénovation de bâtiments ou aux bâtiments d'exploitation. Ce sont des haies découpant les espaces sans obturer la vue des bâtiments de travail. Ce sont encore des quais d'embarquement engazonnés ou plantés pour masquer les parpaings des rebords. Ce sont des zones fleuries, mais pas trop, tranchant avec des arbustes verdoyants. Ce sont des pieds de silo totalement visibles pour la sécurité mais agrémentés de bacs avec rosiers ou de parterres fleuris. Le tout sur 2 ha. "Ceci s'est fait sans gros moyens avec beaucoup d'échanges de plantes lors des réunions avec le GVA", souligne Jeannine qui a réussi a faire de son lieu de travail et de vie, un petit paradis. Et même si les crises avicoles ont laissé leur traces dans l'esprit de cette femme, son cadre de vie a contribué à lui donner cette "positive attitude" qui la caractérise.
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