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Choix populaires ou populistes ?

Jean-Alain Divanach, président de la FDSEA 29.

Si les produits agricoles et agroalimentaires français ont une balance commerciale excédentaire, c’est avant tout grâce au travail et au professionnalisme des chefs d’entreprise de 400 000 exploitations et de leurs salariés. Alors, n’importe quel citoyen tiré au sort peut-il avoir le dernier mot sur l’orientation de nos entreprises ? Les pouvoirs publics demandent-ils aux citoyens leur avis sur le travail des fonctionnaires ou sur la gestion financière des banquiers ?
Tous les prétextes et tous les moyens sont bons pour décider à notre place des évolutions de notre métier : référendum pour les animaux, convention citoyenne pour le climat, assemblée citoyenne sur la Pac. Les débats politiques sur les phytos ou sur le bien-être animal qui s’enchaînent sont non seulement sidérants d’ignorance et d’incompétence, mais peuvent surtout s’avérer destructeurs. Parce qu’un député mathématicien pense avoir élevé trois poules et deux lapins dans son jardin, il s’autorise à exiger le plein air pour tout l’élevage français ! Cette démocratie participative relève du populisme et amplifie la remise en cause du savoir au profit de croyances ou de militantismes. D’autant que les exigences des citoyens sont bien souvent en décalage avec leurs actes de consommateurs. Avec pour conséquence de nous mettre en décalage concurrentiel avec nos compétiteurs.
En amont des élections régionales à venir, la pression sur l’agriculture va s’intensifier. Nous devons impérativement faire entendre notre voix et affirmer nos orientations pour l’évolution de nos entreprises et pour un avenir durable de l’agriculture et de l’agroalimentaire sur le territoire breton.
La FDSEA du Finistère n’a cessé de marteler son opposition à la gestion de toute la Pac par le Conseil régional. La volonté réaffirmée de l’Etat d’une gestion de la Pac la plus nationale possible nous conforte. Notre activité ne peut se projeter durablement en subissant des orientations politiques régionales erratiques, au risque qu’elles soient dogmatiques. L’application de conditions de concurrence semblables au niveau européen et français est essentielle pour nos exploitations. En matière d’environnement, les agriculteurs bretons ont fait beaucoup d’efforts, et les poursuivent inlassablement : nous sommes les premiers écologistes des territoires !
Bon nombre de pays européens ont des marches à franchir pour atteindre notre niveau de durabilité environnementale, mais aussi sociale.
Alors que nous prenons en compte l’environnement de façon large et ouverte, notamment du point de vue des avancées technologiques, nos concitoyens ont pour seul prisme le zéro phyto et les circuits courts : le fossé est immense. Toutes les demandes environnementales peuvent être entendues, mais elles ne doivent pas constituer l’alpha et l’oméga des politiques agricoles, comme elles ne feront pas leur grandeur.

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