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Chou-fleur, artichaut, pomme de terre primeur... une saison décevante.

Les principales cultures de plein champ sont en galère. Pour la troisième saison consécutive, la saison du chou-fleur 2017-2018 est bien décevante pour les producteurs de légumes de l'Union des coopératives de Paimpol et Tréguier. Tour d'horizon des productions à la veille de l'assemblée générale de la coopérative légumière le 18 mai prochain à Yvias.

L'activité pilier de l'hiver pour 85 % des exploitations n'a guère le vent en poupe, concurrencée par les Espagnols qui produisent eux-aussi un chou-fleur de qualité à un prix moindre. "En temps normal, le chiffre d'affaires de l'activité chou-fleur dégage 24-25 millions d'euros. Là, il n'est que de 18 millions d'euros à peine cette saison et de 20 millions les deux dernières saisons", décrit Gilbert Brouder, président de l'UCPT. Plus globalement, les professionnels décrivent un situation difficile dans le secteur du légume de plein champ : l'artichaut a souffert des à-coups climatiques en 2017 tandis que la pomme de terre primeur, "mal repérée", peine à se faire une place sur les étals.


Le plein champ en difficulté
"Les trésoreries sont tendues pour le plein-champ avec une production pour le chou-fleur qui baissent". Cette année la saison de chou-fleur s'est traduite par un taux de récolte faible, un prix également faible associé à des conditions météorologiques exécrables cet hiver. La récolte se fait par tous les temps, qu'il fasse froid ou qu'il pleuve. Tout cumulé, des producteurs jettent l'éponge. "Il y a 20 ans, nous produisions 250 millions de têtes de chou-fleur sur la zone Prince de Bretagne, il y a 10 ans, 150 millions et là 100 millions", décrit Gilbert Brouder, qui décrit une accélération de la baisse, renforcée par la pyramide des âges (la moitié des producteurs ont plus de 50 ans). En ligne de mire : le concurrent espagnol qui met à mal le secteur export, l'équivalent de 60 % des débouchés. Si les producteurs bretons dénoncent une concurrence déloyale en matière sociale et environnementale, ils ne peuvent que constater la qualité des produits espagnols. "On nous avait prédit que l'Espagne aurait de gros problèmes d'eau mais pour nos cultures, ils irrigent et mettent des engrais, et cela fait un produit qui n'a rien à envier aux nôtres. Finalement, nous ne sommes pas pénards", ajoute Joseph Rousseau, président du Cérafel et vice-président de l'UCPT.
De son côté, le Coco de Paimpol a lui aussi réduit la voilure avec 30 producteurs et 230 ha de moins en 2017. La conséquence du changement administratif des règles de rémunération des saisonniers (ramassage ramené au smic horaire) qui font aujourd'hui craindre une pénurie de main d'oeuvre. Et si le haricot AOC a connu une saison passée "parfaite", le retrait du "Pyristar" - produit d'enrobage des semences pour lutter contre la mouche des semis - plonge maintenant les producteurs dans une impasse. "Tout le monde bâche ses semis mais la méthode est alléatoire avec un vol de mouches toutes les trois semaines. On voit des parcelles bonnes à défaire", décrit Hubert Jacob, vice-président de l'UCPT.

Tomate, lancement du label Nature et Saveurs
Heureusement, des productions sortent leur épingle du jeu. Le secteur de la tomate sous abri, dont le chiffre d'affaires a été réconduit en 2017, a lancé la gamme Nature et Saveurs. Des producteurs de l'UCPT et de la Sica entrés dans la démarche Ecophyto ont travaillé le développement de ce créneau "sans pesticides de synthèse". La diffusion s'est faite jusqu'à devenir une démarche certifiée, avec "une analyse chaque mois chez les producteurs". "La seule différence avec le bio est la culture hors-sol", remarque Pierre-Yves Poisson, président de la commission tomates. Un travail d'harmonisation du cahier des charges est en cours entre les trois marques (Solarenn, Prince de Bretagne, Savéol) afin "d'éviter les surenchères".
Autre secteur à connaître une envolée, celui des légumes bio. De 6 000 t produites en 2017, l'UCPT annonce un probable doublement des volumes pour 2020.
L'UCPT, c'est 480 producteurs, un chiffre d'affaires de 104 millions d'euros (payé producteurs) dont 50 % réalisé par la production de tomates. Le bio représente 6 % du chiffre d'affaires.

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