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Lait de chèvre
Christine et Bernard Chériaux :"Se lancer mais pas tête baissée"

Ils ont franchi le pas en 2008 passant d'une production intégrée de dindes repro à celle, en coopérative, de lait de chèvre. Un tournant réussi pour Christine et Bernard Chériaux désormais à la tête d'un cheptel de 550 laitières ayant trouvé abri dans un bâtiment réaménagé. A découvrir, le 11 juin prochain dès 14 h à Mauron.

 

 

La Chèvre laitière ? Rien n'y prédestinait ce couple, si ce n'est la lassitude, après 12 ans d'intégration en dinde repro. "C'est une production qui demande de la rigueur, ça nous a tout de même moulé", reconnaît Bernard Chériaux qui avait auparavant exercé ses talents comme salarié, tout comme Christine, comptable. Avant que n’apparaisse une petite biquette, espiègle et joueuse, comme porte de sortie, ils ont songé aux canards de gavage, veaux de boucherie, vaches laitières...

La chèvre ? "Un animal sympa et que je pouvais manipuler sans crainte" avoue Christine. Pour se lancer, il fallait réunir de bonnes conditions. Le tournant de la quarantaine pour ce couple. "Nous avons attendu que notre bâtiment soit amorti. Le bâtiment, c'était un avantage. C'est adapté à la chèvre. On a mûri 3 ans le projet et puis nous avons acheté nos petites chevrettes pour les élever, s'habituer. Nous avons opté pour de la bonne génétique, achetée chez 7 éleveurs. Puis entamé les travaux de la salle et du hangar à fourrage de traite en finissant un lot de dindes", racontent-ils, à tour de rôle. Avec leurs premières 320 laitières, en janvier 2008, jaillissaient les premiers litres en salle de traite. Désormais, la moyenne de l'étable s'établit à 950 kg/chèvre et par an et ce sont 1h30 matin et soir de traite à deux. De quoi justifier l’emploi d'un salarié à plein temps. "Avec 2200 trayons à brancher par jour, on a choisi une bonne installation pour de bonnes conditions de travail et avoir envie d'aller y travailler". Un robot d'alimentation les y aide.

 

L'oeil de l'éleveur

" 2009, ça été une année super, on avait la production et le prix 559 euros, des 1000 litres en prix de base. Ensuite, il y a eu les années noires : 2010, 11, 12 (526 E/1000l), baisse de prix, baisse des droits à produire, un coût de l’aliment qui explose...". Une époque à peine révolue pour le couple qui, sur 61 ha, en consacre 17 au foin, 16 au maïs et le reste aux céréales. "Nous avons cherché à abaisser notre coût alimentaire en incorporant notre propre maïs grain. Aujourd'hui nous sommes à 96 centimes par chèvre et par jour. Il y a encore des voies d'amélioration à travailler", reconnaissent-ils. Une nécessité au regard des 226 euros la tonne de concentré achetée en 2008 pour 350 euros aujourd’hui. "Avec le maïs grain, on a gagné 500 g/jour/chèvre et puis c'est sécurisé". La chèvre, "c'est un métier de passion, il y a des moments difficiles. C'est technique, cela demande une charge de travail", rappelle Bernard Chériaux. Gestion du bâtiment et de l'ambiance sont essentiels tout comme celle des fourrages pour une espèce sensible, et dont le prix fait souvent renoncer au déplacement du vétérinaire. Le plus difficile ? "L'imprévu, il faut être à deux, forts mentalement. L'an passé on a perdu 100 chèvres de la Listéria, à cause de notre enrubannage. Le hangar à fourrage a brûlé, nos boucs aussi. Il a fallu repartir... Il y a eu ces pépins mais, malgré tout, les chèvres ont donné du lait", se réjouissent-ils. Et puis, "on a renoué avec un prix correct, reste aujourd'hui le prix de l'aliment trop cher", évoquent Christine et Bernard Chériaux qui apprécient d'être épaulés par le technicien de leur laiterie, Colaréna Presqu'ile. "C'est une production passionnante. La conjoncture est variable. Il faut savoir à quoi on s'engage, être courageux, rigoureux et patient", résume le couple pour qui il est essentiel de voir des élevages, d'échanger avec d'autres éleveurs avant de s'engager.

Un élément qui les a motivés pour ouvrir leurs portes, le 11 juin prochain, dès 14 h à la Ville Martin en Mauron.

 

Claire Le Clève

 

 

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