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Claude Legoff celui qui suit, épaule et accompagne

Quand cela ne va plus, c’est lui qu’on appelle. Claude Legoff, c’est Monsieur agriculteurs en difficulté de la chambre d’agriculture du Morbihan. Cet homme d’expérience, mi-conciliateur, mi-expert, est un travailleur de l’ombre. Celui qui suit, épaule, accompagne, aide, recadre aussi. En vingt ans, il aura visité 3 260 exploitations dont 85 % ont poursuivi leur activité. Rencontre.

Claude Legoff, en plus de 20 ans, il aura visité 3 260 exploitations, près de 150 par an, dont 85 % ont poursuivi leur activité. "Plus tôt on intervient, plus la résolution est facile" constate-t-il.

"Le sens de mon métier, c’est de m’occuper des agriculteurs en difficulté pour qu’ils puissent vivre de leur travail ou sortir dignement de ce métier s’il n’y a pas de solution", explique simplement Claude Legoff sur une fonction qu’il exerce seul dans ce département. En plus de vingt ans, il aura visité 3 260 exploitations, près de 150 par an. Et si "10 à 15 % d’entre-elles arrêtent, le reste continue encore quelques années", observe-t-il.

 

Trop de dettes, trop de travail

Car sous un même terme, "d'exploitations en difficulté", se cachent des réalités bien différentes. Entre la ferme familiale des années 90 et celles d’aujourd’hui, aux moyens de production conséquents, plombées par la lourdeur de leurs investissements, Claude Legoff a vu évoluer les raisons aux difficultés économiques des exploitations morbihannaises et bretonnes. "Des entreprises submergées aujourd’hui par les dettes et par le travail", constate-t-il désormais. "L’efficacité est toujours la garante de la rentabilité avec des coûts de production maîtrisés", ponctue celui qui a été paysan pendant 10 ans, avant de reprendre des études d’ingénieur, puis de poursuivre sa
carrière comme conseiller à la chambre d’agriculture. Ils sont huit en Bretagne à exercer cette mission discrète, en toute confidentialité.

La procédure de redressement judiciaire níest pas une sanction mais un outil de gestion.

 

Garder empathie et objectivité

Une expérience qui forge, aiguise le regard et fonde l’analyse. Et s’il faut de "l’empathie pour aider les gens. Je comprends leur détresse, leur misère. Pour autant je ne pleure pas avec eux. Il faut continuer à garder de l’objectivité et à voir les choses telles qu’elles sont". Des analyses qui ne font pas toujours plaisir à entendre sur des investissements par trop dispendieux. Et "il faut tenir bon, avoir de la rigueur sur l’analyse, confronter son diagnostic bien sûr avec les partenaires du réseau, les banques, les coop, les Cuma. Voir si nous le partageons". Un gage de crédibilité, et d’efficacité, car "on n’est pas trop nombreux à s’occuper des gens en détresse", constate-t-il. Essentiel quand il s’agit de garder la confiance et l’écoute pour "présenter la situation objectivement et proposer des solutions viables et vivables". Et qu’elles soient acceptées.

 

Pas de sanction, des outils

Claude Legoff intervient "toujours à la demande de l’agriculteur. Plus tôt on intervient, plus la résolution est facile", insiste-t-il. Quand la situation devient critique, il existe des procédures d'accompagnement : les procédures administratives et les procédures collectives. Selon l'importance des difficultés, l'exploitant est orienté vers la mieux adaptée (à découvrir également pages suivantes).

La procédure d’aide à la relance des exploitations agricoles (AREA lire en page ci-contre), est souple. "On accompagne, dans la confidentialité, ça fonctionne plutôt bien, en réseau avec les partenaires de l’exploitation".

La procédure de règlement amiable est utilisée pour les situations plus complexes, avec des enjeux financiers qui demande des restructurations.

La procédure de redressement judiciaire ou de sauvegarde, intervient si la phase amiable est impossible ou s'il faut une durée de plan longue. "Elle n’est pas une sanction mais un outil de gestion si on prend les choses à temps. Ce peut être un soulagement", martèle Claude Legoff qui accompagne les agriculteurs dans toutes ces procédures. Avec l’AREA,"nous travaillons au sein d'une cellule composée d’administratifs qui étudient les demandent en toute confidentialité". Pour les procédures collectives, règlement amiable, redressement judiciaire-sauvegarde, liquidation judiciaire, "on dépend du tribunal de grande instance et d’un juge qui analyse en toute impartialité, c’est une chance".

Sa satisfaction ? "Quand les gens s’en sortent, qu’ils s’extraient de leurs difficultés, de la misère financière et humaine dans laquelle ils vivaient". C’est tout l’objet de son travail.

 

 

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