Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

À Commana, les prairies humides sont à nouveau valorisées

Éleveur à Commana, Sébastien Péron a fait le choix de mieux valoriser les zones humides de son exploitation. Ses vaches allaitantes y gagnent de l'herbe à pâturer en été et de la litière pour l'hiver. Avec le premier prix du concours des prairies fleuries, l'éleveur y a trouvé la reconnaissance de pratiques respectueuses de l'environnement, à une époque où l'agriculture est sans cesse décriée.

Éleveur à Commana, Sébastien Péron a remporté le premier prix départemental du concours des prairies fleuries, organisé par le parc naturel régional d'Armorique, le syndicat de bassin de l'Elorn et le syndicat mixte du Trégor.
Éleveur à Commana, Sébastien Péron a remporté le premier prix départemental du concours des prairies fleuries, organisé par le parc naturel régional d'Armorique, le syndicat de bassin de l'Elorn et le syndicat mixte du Trégor.
© Terra

Installé il y a 11 ans à Commana (29), en plein cœur des Monts d'Arrée, Sébastien Péron, 40 ans, a repris la ferme familiale, d'abord exploitée par ses grands-parents puis par son oncle et sa tante. "Ils produisaient aussi de la volaille. J'ai fait le choix de ne garder que l'atelier de vaches allaitantes". Le troupeau compte une soixantaine de mères, de race Blonde d'Aquitaine, et tous les mâles sont engraissés sur place. "Une production technique, qui me plaît", souligne l'éleveur. C'est aussi pour cette raison que le maïs continue à occuper une place de choix sur son exploitation.

 

Valoriser les zones humides

Mais au fil du temps, Sébastien Péron a cherché à mieux valoriser l'herbe. "Tout est parti d'une rencontre, se souvient-il. J'en avais assez de voir mes bêtes boire à la rivière. J'ai téléphoné au syndicat de bassin de l'Elorn, qui proposait d'autres solutions, comme des bacs à eau".

Ce premier contact permet d'échanger sur l'entretien des zones humides. Et c'est un veau, qu'il a eu du mal à retrouver parmi les joncs, qui le pousse à faucher un fond de vallée dont il ne faisait pas grand chose jusque-là. "La première année, je l'ai broyé. Et l'année suivante, la parcelle avait déjà changé d'allure : de l'herbe avait poussé entre les touffes de jonc".

Fauché au printemps, le fourrage sert désormais de litière aux animaux pendant l'hiver. Et le jonc, s'il n'a pas totalement disparu, a nettement régressé, permettant aux vaches de profiter de la parcelle. Engagé dans une MAE système sur l'exploitation, Sébastien Péron en profite pour signer une MAE fauche tardive sur cette parcelle, où les animaux pâturent ensuite jusqu'à la rentrée à l'étable, sous certaines conditions. "Dans cette zone humide, il faut éviter le sur-piétinement, détaille l'éleveur. Pratiquer du pâturage tournant, enlever les animaux en cas de pluie, complémenter les veaux...".

 

La biodiversité au rendez-vous

Et le résultat est au rendez-vous, avec une biodiversité qui se développe au fil du temps... et un premier prix obtenu l'an passé au concours finistérien des prairies fleuries, rebaptisé pratiques agro-écologiques, prairies et parcours, dans la catégorie mixte, fauche et pâturage. "Les botanistes du jury y ont retrouvé plus de 30 espèces", souligne Louis-Marie Guillon, chargé de l'animation agricole et forestière au PNRA, le parc naturel régional d'Armorique.

 

Du travail bien fait

"C'est fatiguant de se faire sans cesse taper dessus". Alors avec ce premier prix, Sébastien Péron veut y voir la reconnaissance du travail qu'il fait au quotidien en faveur de la biodiversité. "On n'a pas besoin d'être agriculteur bio pour bien travailler". Ce prix lui a aussi donné le droit de participer à la finale nationale, le 1er mars dernier, au Salon de l'agriculture, à Paris. "J'avais pourtant indiqué que j'étais mauvais perdant", indique l'éleveur, un sourire au coin des lèvres. Mais rien n'y a fait : pour sa cinquième participation, le Finistère n'est encore pas monté sur le podium, cette année. Qu'à cela ne tienne : les inscriptions sont déjà ouvertes pour la sixième édition du concours, qui se déroulera cette année sur un périmètre élargi à tout le Finistère Nord.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Vignette
Ressources humaines : un volet à cultiver avec soin !
La main d'oeuvre disponible sur le marché de l'emploi se fait rare. Un constat que partagent agriculteurs et services de…
Vignette
Chauffer un poulailler par géothermie pour économiser des euros et des kg de CO2
Si l’ambiance des poulaillers les plus récents est bien maîtrisée même en période de forte chaleur, l’alimentation des volailles…
Vignette
Carbon Agri, la méthodologie de certification des gains carbone en agriculture est disponible
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a validé cet été la méthodologie Carbon Agri qui permet de faire certifier…
Vignette
Pas de glyphosate détectable dans leurs urines
Tous sont utilisateurs de glyphosate. En réponse aux pisseurs volontaires, vingt agriculteurs de la FDSEA du Morbihan ont fait…
Vignette
Eureden se dévoile au Space

L'union de Triskalia et du groupe d'aucy prendra effet le 1er janvier 2020 suite à l'accord de l'Autorité de la…

Vignette
Ensilage du maïs, c’est parti et bien parti
Avec du maïs dosé à 28 % de MS le 23 août dernier, le Gaec laitier Le Bihan, à Noyal-Muzillac, au sud-est du département du…
Publicité