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Comment favoriser et pérenniser l’installation ?

Pour leur assemblée générale, en mars dernier à Châteaulin, les Jeunes agriculteurs du Finistère avaient invité Alexis Roptin, responsable installation à JA Pays de Loire. L’occasion de faire le point sur un accompagnement parfois différent d’une région à l’autre. Et d’explorer quelques pistes pour attirer, demain, plus de jeunes vers l’agriculture.    

De gauche à droite (au premier plan) : Stéphane Cornec, président des Jeunes agriculteurs du Finistère, et Alexis Roptin, responsable installation des JA Pays de Loire
© Chantal Pape

"Chez nous aussi, l’âge à l’installation ne cesse d’augmenter, pour avoisiner désormais les 30 ans". Producteur de canards prêts à gaver et d’ovins viande en Loire Atlantique, Alexis Roptin est responsable installation à JA Pays de Loire.

Des projets atypiques

D’une région à l’autre, les profils des candidats sont les mêmes, avec des installations hors cadre familial qui progressent, tout comme les projets atypiques, comme on dit en Bretagne, ou diversifiés, comment préfèrent les appeler les Pays de Loire. "Lors du parcours à l’installation, nous les regroupons, indique Alexis Roptin. Leurs attentes ne sont pas les mêmes que pour des projets plus conventionnels". Un choix que n’a pas fait la Bretagne. "Les uns et les autres ont ainsi l’occasion de se frotter à la diversité des projets d’installation en agriculture", explique Stéphane Cornec, président de JA 29.

Se former avant de s’installer

"Nous avons voulu un accompagnement le plus large possible des porteurs de projet", détaille Alexis Roptin. La profession a étoffé le stage 21 heures, en y rajoutant une offre plus régionale. Et les jeunes réalisent, au total, une dizaine de jours sur des thématiques variées, "environnement de l’exploitation, remplacement, temps de travail...". Spécificité des Pays de Loire, "nous disposons d’un vivier de 127 agriculteurs référents qui vont accueillir les jeunes au moment de l’élaboration du PPP, le plan de professionnalisation personnalisé". Et "avec leur regard professionnel", ils vont aider à définir les formations complémentaires dont aura besoin chaque jeune pour mener à bien son projet.

"En Bretagne, nous essayons de mettre l’accent sur la formation, affirme Stéphane Cornec. Et lors du PPP, l’objectif est que 80 % des jeunes réalisent trois jours supplémentaires autour de leur projet". "Le RDI, le répertoire départ-installation, mérite d’être encore amélioré, notamment en accompagnant mieux les cédants", rajoute Anthony Taoc, élu à la chambre d’agriculture, en charge du dossier installation.

Faciliter l’installation

Avec une installation pour trois départs, le renouvellement des générations est un enjeu majeur en agriculture. "On attend une Pac ambitieuse qui facilite l’installation", insiste Stéphane Cornec. "L’État a décidé de transférer les aides à l’installation aux Régions", rappelle Alexis Roptin. La France comptant désormais 18 régions administratives, le responsable ne cache pas son inquiétude. "Il faut envisager de construire un socle national, veiller à avoir une certaine équité et éviter les dérapages".

Simplification oblige, l’État a décidé de mettre fin au contrôle du revenu minimum dans le cadre de la DJA, la dotation jeunes agriculteurs. "Il n’y aura plus de déchéance de DJA pour cause de revenu trop faible, explique Alexis Roptin. En contrepartie, le plan d’entreprise sera renforcé, pour devenir un outil de pilotage de d’exploitation. Et un suivi post-installation a été mis en place".

Communiquer positivement

Mais pour inciter des jeunes à rejoindre la profession d’agriculture, les aides ne suffiront pas ! "Nous ne sommes pas habitués à communiquer, à ouvrir les portes de nos exploitations, constate Alexis Roptin. Il faut pourtant que, collectivement, nous passions des messages positifs". "Sans oublier de communiquer avec nos voisins les plus proches", rajoute Stéphane Cornec.

 

Ils ont dit

 

Samuel Vandaele, président de JA national : Quand les jeunes poussent c’est toute l’agriculture qui grandit

Gurvan Philippe, responsable porc : L’avènement du contrat individuel est plus fait pour diviser que pour sécuriser le producteur. Notre force vient du collectif !

Léonard Guézénoc, à propos du chauffage des serres en bio. "A cause d’une modification du cahier des charges français, les producteurs n’ont plus le droit de vendre de tomates, concombres, aubergines ou courgettes avant le 1e mai ! Et le marché sera inondé de légumes en provenance des autres pays. Une décision qu’on trouve idiote".

 

 

 

 

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