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Comment gérer l'après quotas laitiers ?

Après 30 ans de gestion administrée, la production laitière s'apprête à vivre la fin des quotas. Une perspective qui inquiète la Confédération paysanne, qui souhaite maintenir une certaine régulation des volumes.

De gauche à droite : Jean-Paul Prigent, président de Bretagne Ouest à Sodiaal, Joël Kerglonou, membre des comités finistérien et national de la Confédération paysanne, et André Pfimlin, chercheur en retraite.
De gauche à droite : Jean-Paul Prigent, président de Bretagne Ouest à Sodiaal, Joël Kerglonou, membre des comités finistérien et national de la Confédération paysanne, et André Pfimlin, chercheur en retraite.
© Chantal Pape

"On va vers une nouvelle crise laitière, en 2015". André Pfimlin a longtemps travaillé pour l'Institut de l'élevage, où il a étudié la production laitière mondiale. Aujourd'hui en retraite, il fait profiter les éleveurs de ses connaissances et a participé, le 11 septembre dernier, à l'assemblée générale de l'UDSEA-Confédération paysanne, où il s'est livré à une analyse du marché mondial du lait.

"La production est partout en forte hausse : + 6% en France, + 5% dans l'Union européenne, + 11% en Nouvelle Zélande". Et ce n'est pas près de s'arrêter ! "La sortie des quotas laitiers, en avril 2015, va relancer la production en Europe. Et les Etats-Unis, qui bénéficient maintenant d'une garantie de marge sur coût alimentaire, vont continuer à produire". Le surplus est évalué à 10-12 millions de tonnes, ce qui représente 20% d'un marché mondial estimé à 55-60 millions de tonnes. "La demande ne croît que de 1 à 2% par an. Le prix va forcément dégringoler". Et les producteurs français ne seront pas les mieux placés pour faire face à cette nouvelle crise ! "Partout, le lait s'est vendu aux alentours de 400 €/t. Avec leurs coûts de production à 150-200 €/t, les producteurs irlandais et néo-zélandais sont maintenant costauds. Leurs coopératives aussi ! "

 

Non à l'industrialisation de l'agriculture

 

Devant la menace d'une nouvelle crise du lait, la Confédération paysanne demande la mise en place d'une forme ou d'une autre de régulation de la production. "Si on laisse la bride libre à certains, nous courons tout droit à l'industrialisation de l'agriculture", estime Vincent Pennober, son porte-parole finistérien. En ligne de mire, le projet des 1 000 vaches, "qui représente tout ce que nous combattons, affirme Yvon Cras. La production de lait y devient un sous-produit de la méthanisation et 270 €/1 000 l suffisent pour que le projet reste à flot. Mais quel avenir pour nos exploitations ?"

 

Réguler la production

 

"Il y a un énorme besoin de lait dans le monde", répond Jean-Paul Prigent, administrateur de Sodiaal et président de la région Bretagne Ouest. Pour gérer les volumes post 2015, la coopérative a décidé de "répondre à l'aspiration" de ses producteurs. Mais, si les irlandais affirment vouloir produire 50% de plus, l'appétit des éleveurs français est bien moindre. "Leur ferveur n'est pas celle que beaucoup de spécialistes annoncent, constate Jean-Paul Prigent. Les premières demandes de nos adhérents nous situent plutôt à + 4% sur 5 ans". Encore trop pour la Confédération paysanne. "On n'a pas tiré les leçons de 2009, estime Joël Kerglonou, membre des comités finistérien et national. Il faut parvenir à un encadrement intelligent de la production, assurer une cohérence entre la production et les besoins d'un marché rémunérateur".

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