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Comment répondre au besoin de main d'oeuvre ?

Avec l'évolution de l'agriculture, la question de la main d'oeuvre est de plus en plus prégnante et doit se poser le plus tôt possible, notamment dans les projets d'installation. Quelles solutions sont possibles pour répondre au besoin de main d'oeuvre ? C'était tout l'enjeu du débat organisé le 9 mars par les Jeunes agriculteurs d'Ille-et-Vilaine.

L'agriculture est en constante évolution. Augmentation de la taille des exploitations, vieillissement des chefs d'exploitations, moins de gens issus du monde agricole, contexte sociétal qui évolue, augmentation de la productivité... "Toutes ces modifications ont des effets sur le contenu même du travail", souligne Véronique Vannier, de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine. D'où l'importance de bien mesurer la charge de travail dans les projets d'installation.

Âgé de 37 ans, Sébastien Fesnoux s'est installé en 2008 à Bazouges-la-Pérouse en Gaec avec ses parents. Avec 112 hectares, l'exploitation produit 650 000 l de lait, et compte un atelier d'engraissement en porc. En 2011, il investit dans un robot de traite pour gagner en souplesse de travail. Marié et père de trois enfants, la question de la main d'œuvre est actuellement dans ses interrogations pour pallier le futur départ en retraite de ses parents. "J'y réfléchis depuis deux ou trois ans, je me pose aussi la question de diminuer un peu en volume, et autrement je suis déjà en Cuma et je fais de temps en temps appel au service de remplacement et à des ETA", témoigne l'éleveur, qui souligne l'importance de bien anticiper et de prendre en compte la charge mentale, "souvent trop négligée".

C'était d'ailleurs le sens des propos de Gwenaelle Guillet, conseillère en prévention des risques à la MSA, qui est intervenue sur les risques liés à la surcharge de travail. "Lors de son projet d'installation, c'est important de bien estimer son temps de travail et de tenir compte de ses besoins humains physiologiques et sociaux", explique ainsi la représentante de la MSA, qui a listé quelques conseils à l'attention des jeunes agriculteurs : ne pas sous estimer le travail administratif, ne pas se surestimer, s'organiser pour que le travail soit réalisable par d'autres, tenir compte de sa santé dans la prise de décision...

Plusieurs solutions

Pour répondre au besoin en main d'œuvre, plusieurs solutions sont possibles. À commencer par le salariat. Pour le département de l'Ille-et-Vilaine, Pascale Martin a ainsi présenté les services du groupement d'employeurs, Alterrnative 35 et du service de remplacement. "Je me suis installé en 2014 et j'ai fait le choix de prendre un salarié, 5 heures par jour, qui me soulage de la traite. Tout ça se budgétise", témoigne Alexandre, jeune agriculteur. S'associer peut aussi être une solution. À condition de prendre le temps de la concertation et de bien construire un projet commun cohérent avec les attentes de chacun.

Membre du bureau national des JA, Vincent Touzot livre son expérience : "Au départ à la retraite de mon papa, j'ai trouvé une associée avec qui j'ai fait un contrat de parrainage. La clé de la réussite, c'est le dialogue". D'autres témoignages d'associations réussies font même état de réflexion pour partager la garde des enfants.

Salariat, association, mais aussi la délégation auprès de Cuma ou d'ETA peuvent être des solutions au besoin de main d'œuvre. "Sur les ETA ou les Cuma, il faut pousser la réflexion plus loin que sur le seul temps de travail et aller jusqu'à l'économique", souligne Loïc Guines, président de la FDSEA 35. Des solutions davantage techniques qu'humaines existent également. À l'image de la réduction de la fréquence de traite, du regroupement des vêlages, de la simplification des conduites culturales, mais aussi par l'investissement, l'automatisation, la réduction des moyens de productions.

Peu importe la ou les solutions choisies, ce qui est primordial, c'est de bien y réfléchir dès le départ et de mettre en adéquation le projet que l'on porte pour son entreprise avec ses aspirations personnelles.

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