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Corneille, étourneau, ragondin...
Comment se débarrasser des nuisibles ?

Dégâts aux cultures, transmission de maladies aux animaux domestiques... : la présence de nuisibles est facteur de risques pour l'activité agricole. Mais comment s'en débarrasser ?

Maël Peden présente un effaroucheur pyro-optique avec boîtier électronique pour protéger semis, cultures et élevages contre étourneaux, pigeons, corvidés...
Maël Peden présente un effaroucheur pyro-optique avec boîtier électronique pour protéger semis, cultures et élevages contre étourneaux, pigeons, corvidés...
© Chantal Pape

Ragondin

"Rien de tel que des ragondins pour mettre à mal une parcelle de maïs". A la demande de la FDCuma, Maël Péden, de la FDGDON* a rappelé, le 14 novembre dernier, les principaux dégâts occasionnés par les nuisibles. "Avec leurs terriers de 1 à 1,5 m3, il y a aussi risque d'effondrement sous berge. Et, plus grave, les ragondins sont porteurs sains de néosporose, leptospirose, douve..., qui vont ensuite contaminer les bovins au pâturage". Et un couple va donner, deux ans plus tard, 90 descendants puisque cette espèce exogène n'a pas de prédateur.

Pour lutter contre ragondins, rats musqués ou vison d'Amérique, la FDGDON met ses cages à disposition, sur simple demande. "Pas besoin d'être piégeur agréé", indique Maël Péden, qui recommande pourtant aux agriculteurs de passer cet examen. "Dispensée par la fédération des chasseurs, la formation dure deux jours. Et elle vous permettra d'être acteur dans la régulation des espèces nuisibles".

Les cages resteront en place un mois à un mois et demi et devront être relevées une fois par jour, avant midi "C'est chronophage, prévient Maël Péden. Il faut former une petite équipe de gens motivés". Mais les résultats sont là. "Ca fait rapidement chuter la population de nuisibles". Les éleveurs peuvent aussi acquérir deux ou trois cages, à 60 EUR/pièce, "et faire le ménage au bord des ruisseaux, au printemps, avant de sortir les génisses à l'herbe".

 

Corneille

"Le choucas des tours est une espèce protégée, rappelle d'emblée Maël Péden. Hormis les lieutenants de louveterie et cas exceptionnels, il n'est pas possible de le détruire". Par contre, le corbeau freux et la corneille noire peuvent être piégés. "Là encore, nous pouvons mettre des cages à disposition". Pour la corneille, la cage se compose de trois compartiments. "Dans celui du milieu, il faut mettre un appelant, une corneille en forme, pour qu'elle puisse crier, et issue d'un autre territoire pour que les corneilles aient envie de la chasser". Ce qui explique que cette méthode ne va pas piéger les corneilles en bande, "ce sont des juvéniles, âgés d'un an, qui n'ont pas encore l'instinct de défendre leur territoire", mais uniquement les corneilles en phase de reproduction, âgées d'un an de plus. "Il faut donc installer les cages dès début mars". Et, là encore, la méthode donne de bons résultats. "Il y a quelques années, sur Plouzévédé, avec une vingtaine de cages et une dizaine de bénévoles, nous avons capturé près de 400 corneilles en moins de deux mois". Réparties sur le territoire de la commune, une pour 20 à 30 ha, les cages doivent être situées sur les couloirs de passage des oiseaux. "Si ça marche moins bien, il ne faut pas hésiter à les déplacer".

 

Pigeon domestique

"Le pigeon domestique est de plus en plus présent dans le département", note Maël Péden. Un vrai souci en élevage, quand on sait que 98% d'entre eux sont porteurs de salmonelle. "Il faut intervenir tôt, ne pas attendre qu'ils se soient multipliés". Et l'animateur de la FDGDON de conseiller l'achat d'une carabine calibre 4.5, à 300 EUR, "assez puissante pour tuer les pigeons sans abîmer le fibro et sans risques, puisqu'il n'y a pas d'étincelles et que les plombs vont s'écraser sans ricocher". Considéré comme animal d'élevage, le pigeon peut être détruit sans autorisation ni permis de chasse, d'un bout à l'autre de l'année.

 

 

Etourneau

"Seuls 2% des étourneaux sont porteurs de salmonelle", rappelle Maël Péden. Si le risque sanitaire est faible, les dégâts sont réels, quand des centaines d'oiseaux viennent se nourrir au silo tous les jours et que les déjections souillent la table d'alimentation. Mais la lutte est compliquée ! "On a coutume de dire qu'il faut une innovation par jour, tant ils s'habituent". La solution ? "Ne pas leur laisser le temps de s'installer. Après, il sera plus difficile de les éloigner".

Combinant deux effets, sonore lors de l'explosion et visuel, avec la propulsion de deux leurres le long d'un mât de 7 m, l'effaroucheur pyro-optique, d'un coût de 1 580 EUR HT, semble la solution la plus efficace. "Grâce à un boîtier électronique, on y rajoute un effet de surprise, avec des cadences d'effarouchement aléatoires". Car les oiseaux sont dotés d'une mémoire de 7 à 8 minutes et vont pouvoir anticiper les détonations si le rythme est inférieur, rendant cette solution inefficace. "On peut aussi la compléter par un pistolet effaroucheur. Et mettre le paquet quand les oiseaux arrivent".

 

* Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles

25 rue de la Petite vallée

29190 Pleyben

02 98 26 72 12

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