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Comment travaillerez-vous demain ?

Une montée en puissance de la fragmentation, de l’automatisation, de la plateformisation, de l’individualisation et de l’insubordination, telles sont les cinq lignes de force caractérisant les mutations de travail qui sont en cours dans nos sociétés. Cerfrance Brocéliande a souhaité les décrypter à l’occasion de son assemblée générale, vendredi dernier à Vannes.

"Le travail, dans toute notre vie, nous y consacrons 12 % de notre temps", ce n’est pas rien et c’est notre gagne-pain. "La question de l’évolution du travail est ardue, pas forcément joyeuse mais essentielle pour se mettre en position de s’adapter et de tirer partie de ses évolutions", prévient Martin Richer, enseignant chercheur de la Sorbonne, administrateur du "think-tank" Terra Nova, invité à partager son expertise. Se projeter dans l’avenir à partir des tendances à l’œuvre, exercice de prospective, c’est tout l’objet de cet exposé, suivi d’une table ronde, auquel Cerfrance Brocéliande, a souhaité convier ses adhérents.

Le travail en miette

"Comment travaillerons nous demain ?", la question était sur la table. C’est donc au travail dans ses trois dimensions, à la fois labeur, domaine de réalisation de soi, permettant aussi de trouver une place dans la société, mais plus encore aux mutations qui l’animent, qui ont concentré les débats. Quand auparavant, il n’y a pas si longtemps, le travail bénéficiait d’un cadre spatial, temporel et organisationnel unique, "il est aujourd’hui en miette, fragmenté, avec de multiples phénomènes de sous-traitances. La technologie a amplifié ce phénomène de fragmentation. Votre Iphone, par sa chaîne de réalisation, fait quatre fois le tour de la terre avant d’être dans votre poche mais cela a aussi permis à certaines petites entreprises de s’insérer par l’innovation et la spécialisation", appuie-t-il. Fragmenté, le travail s’est aussi automatisé. Seules tâches épargnées, "celles à forte la valeur ajoutée et encore, de très haut savoir-faire, de création, et celles à très faibles valeurs ajoutées, de proximité et de service à la personne". L’automatisation, c’est aussi la création des cobots, "robots collaboratifs, comme les exo-squelettes, qui aident la personne". Une fois fragmenté et automatisé, le travail peut être distribué via des plateformes qui mettent en relation l’offre et la demande, y compris pour les tâches à forte valeur ajoutée, "on y trouve maintenant des avocats mais aussi des petites entreprises qui accèdent à des marchés mondiaux", illustre Martin Richer.

Poussée de l'individu

"Plus on va loin dans l’automatisation, plus le travail humain mobilise l’intellect, le cognitif, l’émotivité qui ne sont pas robotisables. Le travail devient indissociable de notre personnalité", estime le consultant, spécialiste en responsabilité sociale des entreprises. À l’avenir, "l’esprit critique sera une compétence très demandée". Une personnalisation du travail où "chacun veut exprimer ce qu’il est. Notre travail devient qui nous sommes".

Enfin, autre tendance lourde, la pénibilité au travail a changé de nature avec la montée en puissance des risques psychosociaux et des TMS. "La nouvelle génération réagit par le désengagement. L’insubordination prend de nouvelles formes. En France, 30 % des CDI sont rompus la première année du fait des collaborateurs", milléniums et génération Y, refroidis par le management vertical issu du taylorisme, et plus enclins aux liens transversaux et au partage de valeurs, "que les TPE peuvent cultiver face aux grands groupes formatés", met-il en évidence. "Le capital majeur des TPE, c’est leur réseau, savoir capitaliser sur leur actif humain". Avec des incidences pour les chefs d’entreprises qui doivent "être agiles, les choses changent vite. Il faut savoir accueillir les technologies, manager par adhésion, l’autorité plutôt que l’autoritarisme, pratiquer le soutien professionnel… Ce n’est pas gagné mais l’évolution est là", assure-t-il.

 

Cerfrance Brocéliande

Entreprise d’expertise comptable sur les départements d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, l’établissement compte 13 060 clients dont 7 700 agriculteurs, 4 600 artisans, commerçants et entreprises de services et 760 professions libérales sur les deux départements. 700 salariés accompagnent cette clientèle.

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