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Contractualisation individuelle : bienvenue dans l’intégration ?

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De toutes parts, la pression se fait de plus en plus forte sur le monde agricole pour aller vers plus de "contractualisation". Le gouvernement, et même la profession agricole, vont jusqu’à proposer un modèle de contractualisation, producteur, industriel, grande distribution, sous prétexte de sécuriser le producteur. Mais bon sang, réveillons-nous ! Ce qu’on nous propose, ce n’est ni plus ni moins que de l’intégration verticale, par les industriels, voire par les "producteurs – commerçants" que sont les GMS ! Que les éleveurs de porc demandent aux producteurs de lait le résultat de la contractualisation individuelle obligatoire : c’est parfois pire que les quotas ! Qu’ils demandent aux éleveurs de volaille le résultat de presque 50 ans de contrats d’intégration : les éleveurs ne cessent de perdre en compétitivité faute de revalorisation des contrats, et faute, donc, de pouvoir rénover leurs bâtiments !

Cette contractualisation individuelle n’a absolument pas vocation à "sécuriser" l’agriculteur, mais à l’intégrer, individuellement ! Qui y a intérêt ? Qui peut avoir intérêt à ce que l’organisation des producteurs ne voie surtout pas le jour, ou à tout le moins dans sa forme la plus aboutie (avec une négociation et une contractualisation collectives) ? Les industriels, cela va sans dire, pour garder la main sur leur approvisionnement (en lait, les contrats individuels cumulés aux accords de collecte sont du pain béni pour maintenir le producteur pieds et poings liés). Mais aussi l’administration parisienne, qui ne veut surtout pas perdre le contrôle jacobin qu’elle exerce sur la production agricole.

Nous sommes au cœur d’une guerre de pouvoirs qui nous dépasse, mais qui a surtout intérêt à ce que l’agriculteur n’ait pas trop de poids dans la filière. Dans ce contexte, la création de l’AOP Grand Ouest dans le secteur laitier doit être un signal fort, et ce dans toutes les filières. Ce projet a vu le jour contre vents et marées, mais toujours défendu bec et ongles par la FDSEA du Finistère. Aujourd’hui, et dans l’intérêt de nous tous, paysans, il doit recueillir tout notre soutien : ne laissons pas les détracteurs de l’organisation des producteurs le torpiller ! Il serait incompréhensible que les coopératives, et donc leurs adhérents, restent en marge de l’organisation structurante qu’est l’AOP Grand Ouest : la première étape est que celles-ci se fassent agréer en tant qu’OP.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins, avec le choix de subir individuellement, ou d’agir collectivement. En tout état de cause, nous porterons tous, paysans, élus professionnels, élus économiques, la responsabilité des choix que nous faisons aujourd’hui, et de l’héritage que nous laisserons aux générations futures.

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