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Coopel-Bovi : un prêt à 0 % pour l’achat des bovins

Le groupement est prêt à injecter deux millions d’euros de leurs capitaux propres pour financer des prêts à 0 % pour l’achat d’animaux. Un moyen de redynamiser la filière et d'attirer de jeunes éleveurs.

La coopérative bovine lance un prêt à taux 0 % auprès des éleveurs pour redynamiser la filière. "Nous disposons de capitaux propres. Cet argent est mieux utilisé à créer de la richesse dans l’activité bovine que sur un compte épargne", explique Philippe Dagorne, le président de Coopel-Bovi.

 

Un constat

La production bovine en Bretagne perd chaque année des effectifs. Quand le troupeau allaitant atteignait les 150 000 animaux entre 2000 et 2008, il stagne aujourd’hui à 115 000 bovins. "Nous ne remplissons même pas le nombre de primes PMTVA (129 000 sur la Bretagne)", confie le président de la coopérative qui espère "relancer l’activité avec ce projet de financement". Une solution qui pourrait faire des émules auprès de toute la filière. "Nos abattoirs vont chercher 5 % des animaux hors de la Bretagne. Un nombre significatif au vu des 300 000 têtes abattues par an dans la région", commente le président. "Nous avons mis du temps à réagir, peut-être trop ?", s’interroge Philippe Dagorne. Il souligne également la pyramide des âges vieillissante des producteurs bovins qui va probablement accélérer la baisse des effectifs s’il n’y a pas de repreneurs. "La moyenne d’âge est de plus de 50 ans, il est temps de réagir", insiste l’élu.

 

Une aubaine
pour líÈleveur ?

Jean-Yves Masson, éleveur à Saint-Jean-du Doigt (29) est un des premiers à bénéficier de ce prêt à taux 0 %. "C’est un système intéressant", avance l’agriculteur. "Le financement est un frein au développement de l’engraissement. Nous arrivons à avancer les fonds pour une dizaine d’animaux, mais il est souvent difficile de réunir plus de trésorerie pour développer son activité", confie-t-il. La coopérative propose donc de financer les bovins avec un minimum de 25 bêtes par prêt. Les éleveurs remboursent la coopérative à la vente de l’animal mais il reste sous leur responsabilité. Un système d’intégration ? "Non", assure le président de Coopel-Bovi. Et d’ajouter : "nous ne vendons pas d’aliments, pas de tubulaires, pas de niches. Nous n’avons d’autres intérêts que l’activité de la filière". Des propos corroborés par Jean-Yves Masson qui affirme "être maître chez lui. Je ne considère pas cet engagement comme de l’intégration. Je choisis mes animaux, mes aliments, la date de leurs sorties. C’est un contrat souple, de confiance entre la coopérative et nous".

 

Peu díobligations

L’éleveur de 46 ans a acheté 30 bovins charolais entre 9 et 10 mois à 300 euros l’unité grâce à ce prêt. "Je n’avais pas la trésorerie pour acheter l’ensemble du troupeau, or c’est un moyen d’optimiser nos bâtiments disponibles. C’est difficile pour beaucoup d’exploitations de mettre 20 000 voire 30 000 euros sur la table", rapporte Jean-Yves Masson. Ce dernier s’engage à adhérer à la coopérative à 100 %. "C’est la seule obligation", déclare le président du groupement. C’est aussi un moyen pour Coopel-Bovi d’attirer la jeune génération : "un JA a déjà l’ensemble de ses prêts sur le dos, les trésoreries sont tendues, c’est peut-être l’occasion de lancer un atelier bovin sans avoir d’avance à faire", souligne Philippe Dagorne.

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