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Coup de chaud sur le légume de transformation

De conserve ou surgelé, le légume de transformation breton continue son repli. L’Union régionale des organisations de producteurs (UOPLI) en a fait une nouvelle fois le constat lors de son assemblée générale, à Kervignac (56). Pour assurer sa pérennité, la profession mise entre autres sur l’irrigation.

"À la vue du manque d’eau cet hiver, il va être opportun d’avoir une bonne gestion de l’irrigation car les plans d’eau ne se sont pas autant remplis. Cela met déjà la campagne légume sous pression", prévient Olivier Penn, président de l’association régionale des organisations de producteurs. Un ouf de soulagement a donc accueilli le renouveau du soutien financier dans les projets de création de retenues collinaires (lire également page ci-contre) que les responsables estiment "indispensables pour sécuriser une diversification d’activité qui souffre de repli". Ainsi les surfaces emblavées ont baissé de 6 % en pois (culture dominante) et 11 % en flageolet. Ce, malgré une progression de 3 % du haricot dont la campagne a été pénalisée par un été caniculaire avec des rendements inférieurs de 9 % par rapport au prévisionnel. Aussi, l’appui aux producteurs par des actions techniques déléguées à l’Unilet trouve toute sa pertinence afin d’assurer "les exigences de sécurité alimentaire à un niveau élevé et la difficulté de maintenir l’état sanitaire des cultures face à la réduction des solutions phytosanitaires", pointe Mickaël Barre, d'Unilet.

Trouver des solutions

Une réduction de solutions de protection des cultures (190 substances actives dont près de 40 % ne sont pas pourvus de solution alternative), notamment sur la mouche des semis, fait dire que "la production de haricot est mise en danger, qu’on nous laisse un délai de grâce. On pourrait se retrouver avec des plantes orphelines de solutions en France à côté de voisins qui eux les utilisent", dénonce Olivier Penn sur des distorsions de concurrence. "Nous ne sommes pas opposés à ces évolutions et ces attentes sociétales, bien au contraire. Le problème ce sont les alternatives. Il nous faut du temps pour les trouver", réclame Jean-Claude Orhan, vice-président. Réponse aux attentes sociétales d’un consommateur de plus en plus locavore aussi avec la mise en place du logo "Fruits et légumes de France", sur ceux de transformation. "Un plus, ces logos vont nous aider", estime Bernadette Loisel venue présenter la démarche innovante de la chambre d'agriculture de Bretagne visant à mettre en relation producteurs, transformateurs et grands acheteurs de la restauration collective. Un marché de 180 millions de repas par an en Bretagne où le légume, en boite ou surgelé, produit ici, a beaucoup à gagner.

70 000 ha pour la transformation

Lancée en Bretagne, une étude de la filière a été menée sur le reste du territoire français. Ses résultats ont été présentés par Delphine Pierron de l’AOP Cenaldi. Et si partout les exploitations cultivant du légumes pour la transformation sont plutôt grandes (130 ha de moyenne française), c’est en Bretagne qu’elles sont les plus petites (100 ha). 53 % sont associées à un élevage. Une activité de diversification jugée "nécessaire, particulièrement aux assolements bretons en générant des marges économiques non négligeables et durables", insisteront les responsables des organisations de producteurs présentes, la Cecab, Triskalia et Clal-Saint Ivy. Les exploitations accueillent en moyenne 2 ETP et embauchent pour 60 % d’entre elles. L'âge moyen de l’exploitant est de 46 ans (28 % ont moins de 40 ans). En Bretagne, 32 % des exploitations de légumes sont irriguées (40 % des surfaces), contre 100 % "par obligation contractuelle dans le Sud-Ouest" et 51 % en moyenne en France. Ainsi 77 % des surfaces emblavées en légumes racine, 70 % en épinard, 40 % en haricot et 30 % en pois sont irriguées en Bretagne contre 80 % en épinard et haricot, 70 % en légume racine, 60 % en flageolet et 50 % en pois en France.

"Nous ne sommes pas visibles, on ne représente rien avec nos 70 000 ha", regrette Delphine Pierron. "Pourtant 16 ha de légumes en moyenne génèrent à l’aval 1,5 emploi. Et si le chiffre d’affaires des OP est de 240 millions d’euros, l’aval industriel développe 1,5 milliard d’euros de CA.

Repères

Trois OP bretonnes sont regroupées au sein de l’UOPLI (union des organisations de producteurs de légumes à destination industrielle) représentant 56 % des surfaces pour la Cecab, 38 % pour Triskalia, 6 % pour Clal-Saint Yvi. Le petit pois représente 36 % des surfaces, le haricot 34 % et l'épinard 12 %.

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