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Coup de frein sur les chaudières à bois ?

La Scic "Energies renouvelables Pays de Rance" trace sa route engagée dans la valorisation du bois bocage et la création d'emplois locaux. Mais aujourd'hui, les acteurs s'inquiètent du désengagement du Département du secteur de l'énergie.

Jérémy Dauphin, co-gérant de la société coopérative d'intérêt collective  "Energies renouvelables Pays de Rance".
Jérémy Dauphin, co-gérant de la société coopérative d'intérêt collective "Energies renouvelables Pays de Rance".
© terra

La société coopérative d'intérêt collective (Scic) "Energies renouvelables Pays de Rance" a été créée en 2008 sur le territoire de la Haute Rance pour valoriser le bocage, lutter contre l'érosion et faire avancer la qualité de l'eau. En huit ans, il y a eu la création de 10 emplois au sein de la coopérative, plus de 5 chez les sociétaires, 150 km de haies bocagères plantées, 500 tonnes de plaquettes, 1 000 tonnes de paillage et plus de 2 500 stères de bois bûches transformés et commercialisés par la coopérative. La Scic approvisionne en bois local 5 chaudières collectives et accompagnent 10 exploitants dans la gestion du bois énergie.
Son co-gérant Jérémy Dauphin fait le bilan entre la demande et l'offre en bois qui pourrait couvrir de nouveaux projets locaux. "Ce qui manque, dit-il, "ce sont des projets de chaufferie collective. Nous pouvons fournir 5 à 10 chaudières d'une capacité de 150 tonnes par an de consommation", pointe-t-il. L'exemple phare est celui de la commune de Léhon qui chauffe au bois le groupe scolaire, la salle des fêtes et 3 logements.
Les fondements de la Scic : la replantation
Ardent défenseur du territoire et de l'environnement, Jérémy Dauphin rappelle les fondements de la création de la Scic. "Pour moi la base depuis les début, le coeur de la charte, c'est la replantation. Il faut planter et planter... si l'on veut protéger l'environnement. Avec un maillage de bocage intelligent et reconstitué, on maintient la fertilité des sols et on préserve l'eau". Depuis 4 à 5 ans, 150 000 arbres ont été plantés sur le pays de Dinan et de Saint-Malo, en lien avec le dispositif Breizh Bocage.
La Scic, c'est aussi la substitution des énergies fossiles et un service de gestion envers les agriculteurs. Replantation, entretien et vente du bois représentent 75 % du chiffre d'affaire de la Scic.  En fait, c'est un système simple, plein de bon sens que défend Jérémy Dauphin. "Je consomme et je produis ma propre énergie. Dix après, aucune des filières n'a jamais été décrié", souligne-t-il.
Des signaux négatifs venus du département
Pourtant le gérant s'inquiète du désengagement du conseil départemental du Plan Bois Energie Bretagne (1). Ce plan accompagne la structuration de l'offre et la réalisation de chaufferies bois dans des bâtiments où la technologie de chauffage automatique à bois déchiqueté est adaptée, notamment auprès des agriculteurs. En janvier 2016, le conseil départemental annonçait dans son projet de mandature 2016-2021, qu'en vertu de la loi Nôtre, il abandonnait la politique énergétique. Le bois énergie et la méthanisation seraient concernées. Quid de l'avenir des aides et de ses filières en Côtes d'Armor ?
Pour Jérémy Dauphin, ce serait un coup de frein à la mise en place des chaufferies. Dans un contexte morose de restriction budgétaire, les acteurs de la filière bois-énergie du département sont dans l'incertitude. "Alors que l'on se situe dans le créneau de la Cop 21, de la transistion énergétique, de l'économie sociale et solidaire, c'est un mauvais signal envoyé à tous les niveaux, notamment envers l'emploi local", estime le co-gérant de la Scic, par ailleurs maire de Languédias, qui croit fermement aux potentiels de développement du milieu rural. Aujourd'hui, d'autres pistes de financement sont recherchées par les acteurs de la filière bois.

(1) Le plan bois énergie Bretagne est issu d’un partenariat entre l’Ademe, le conseil régional et les quatre Départements bretons mis en place dès 1995. Le programme a été reconduit pour la quatrième fois en 2015, pour la période 2015 -2020.

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