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Crise agricole :"L'Europe a fait des choix impardonnables"

Le président de la chambre d'agriculture reproche à l'Europe d'avoir organiser la crise des prix agricoles qui sévit depuis des mois très durement dans la majorité des filières.

Olivier Allain, président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor.
Olivier Allain, président de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor.
© terra

Selon vous qui sont les responsables de cette crise profonde de l'élevage ?
Olivier Allain. On ne le dit pas forcément dans la presse mais ce que l'on vit aujourd'hui est d'abord un problème européen. Ce qui arrive est tout sauf un hasard. Il y a environ 15 ans, le choix des chefs d'Etat était de supprimer les outils de gestion des marchés, des outils efficaces. Malheureusement, l'Europe a fait des choix impardonnables et insconscients. En réalité, on a tout bonnement organisé la désorganisation ! Et aujourd'hui, nous en constatons les dégâts.
Le 7 septembre prochain se tient à Bruxelles un conseil exceptionnel des ministres de l'Agriculture. Des mesures seront-elles annoncées ?
O.A. A priori, il n'y a pas grand chose à attendre de cette réunion. Je suis assez pessimiste. Vu l'état d'esprit de la Commission européenne, je suis dubitatif sur l'évolution des choix. Maintenant que l'on a supprimé les restitutions, les quotas, l'intervention publique..., quelque soit le plan de soutien, cela ne remplacera jamais une politique de prix. Un manque à gagner de 15 ct/kg équivaut à 517 millions d'euros rien qu'en production porcine pour couvrir les charges et réinvestir. Il faut marteler que les prix des produits agricoles actuellement - les mêmes qu'il a 30 ans - n'ont pas de sens !
Que faire alors pour endiguer l'hémorragie ?
O.A. Les prix toujours bas à la consommation sont mortifères. Le ministre de l'Agriculture a pris une mesure de limitation des promotions qui va dans le bon sens. Il faut désintoxiquer le consommateur des promos permanentes. Par ailleurs, je pense qu'il faut explorer la possibilité d'appliquer un prix minimum à la consommation sur quelques produits phare, comme le steack hâché par exemple. Un prix minimum pourrait créer de la valeur, répercutée in fine aux éleveurs. Le fonds de garantie proposé par la FNP va dans le même sens de création de valeur. Il faut, aujourd'hui, être pragmatique et agir vite !

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