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Croissance du biométhane, quelles perspectives pour 2020 ?

La méthanisation agricole en Bretagne est à un moment clé de son développement. Après une forte croissance largement soutenue par des aides publiques, elle doit désormais rapidement viser à plus d’autonomie et de productivité. Le salon biogaz Europe qui se déroulera à Nantes les 29 et 30 janvier prochains sera l’occasion de découvrir les évolutions en cours.

Les évolutions à la baisse des tarifs de rachat et des aides à l'investissement renforcent la nécessité pour les agriculteurs de se regrouper afin d’optimiser tant la collecte de la biomasse que les coûts de raccordement.

Si les unités en cogénération demeurent majoritaires avec encore de beaux projets, c’est bien la production de biométhane à injecter dans les réseaux qui a désormais le vent en poupe. Actuellement de 2 TWh au niveau national, elle devrait connaître une progression importante dans les années à venir. La programmation pluriannuelle de l’énergie fixe un objectif de 6 TWh en 2023 et de 14 à 22 TWh en 2028. Pour la Bretagne, l’objectif est d’atteindre en 2025 10 % de la consommation en gaz naturel de 2018 soit 1,7 TWh, sachant que la production actuelle est de 0,23 TWh.

 

Le biométhane en plein boom

14 unités de production de biométhane sont actuellement en fonctionnement en Bretagne, gérées par des industriels, des collectivités ou des agriculteurs. La première unité agricole date de 2015. Il y en a aujourd’hui cinq qui produisent environ 24 GWh soit 11 % de la production régionale de biométhane. Si le nombre de réalisations reste encore modeste, la dynamique est plus nette au niveau du nombre de projets en cours. Une trentaine sont déjà engagés dans les démarches administratives ou en construction dont 80 % de projets agricoles en individuel ou en collectif. Cela représentera une production de 250 GWh supplémentaires à très brèves échéances. En comptant en plus les projets en cours de maturation ayant déjà réservé une capacité d’injection dans le réseau GRDF, c’est un potentiel de 1,1 TWh de biométhane qui pourrait être produit rapidement au niveau régional.

5 unités agricoles de production de biométhane injecté dans les réseaux fonctionnent pour l'instant en Bretagne, et une trentaine sont déjà prévues en construction.

Vers une évolution des tarifs de rachat

Ce développement a jusqu’ici été permis par l’instauration d’un tarif de rachat intéressant, garanti sur 15 ans, et par un ensemble de mesures facilitant les possibilités de raccordement au réseau de gaz. Les gestionnaires de réseau prennent ainsi en charge 40 % de ces coûts et vont pouvoir, sur certains secteurs, adapter encore mieux le réseau à l’émergence des porteurs de projets. Cependant, cette nouvelle filière soutenue par de l’argent public doit évoluer vers plus de productivité et d’autonomie. Les aides à l’investissement ont déjà fortement baissé et devraient quasiment disparaître en Bretagne en 2021. Le tarif de rachat lui aussi est annoncé à la baisse courant 2020. Il devrait être ajusté en fonction des coûts d’investissement et des charges d’exploitation moyens constatés sur un panel d’installations en fonctionnement et d’un taux de rentabilité interne cible de 8 à 10 %. D’après les premières simulations, cette baisse devrait être limitée entre 3 et 6 % pour les unités à la ferme utilisant plus de 60 % de déjections animales, ce qui est majoritairement le cas en Bretagne. Pour les autres, utilisant principalement des végétaux ou des déchets agro-alimentaires, la baisse serait de 10 à 15 %. Ces évolutions devraient être officialisées courant juin. D’ici là, les nouveaux porteurs de projet doivent rester prudents dans l’élaboration de leur business plan et d’une manière générale éviter toute précipitation qui réduirait le temps nécessaire à la bonne maturation du projet.

 

Une approche territoriale à renforcer

Ces évolutions ne sont pas sans conséquence sur le portage des projets agricoles. Elles renforcent la nécessité pour les agriculteurs de se regrouper afin d’optimiser tant la collecte de la biomasse que les coûts de raccordement. Une seule exploitation aura plus de difficulté à atteindre les seuils de rentabilité. Il sera plus souvent nécessaire d’explorer d’autres options, comme de petits collectifs entre agriculteurs ou même des unités territoriales pilotées en lien avec des collectivités. L’expérimentation de la voie du biogaz ou du biométhane porté reste également à poursuivre. Quoiqu’il en soit, si la profession veut garder le bénéfice de la plus-value énergétique générée par la valorisation de la biomasse agricole, il est indispensable qu’elle développe des stratégies de production globale et cohérente sur les territoires.

Le salon biogaz à Nantes du 29 au 30 janvier sera l’occasion de rencontrer l’ensemble des acteurs de la filière. Venez retrouver les chambres d'agriculture sur leur stand Niveau 2 stand F08.

 

 

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