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Cuma, l’enjeu main-d’œuvre

Bien sûr, il y a le matériel qu’ils mettent en commun au sein de leurs coopératives d’utilisation pour diminuer le coût de mécanisation de leurs exploitations. Mais vendredi dernier, à Guer, le nerf de la guerre était la main-d’œuvre. Et les Cuma n’ont pas dit leur dernier mot sur les solutions qu’elles apportent en la matière.

Autour de Jean-Michel Roger, président de la FD Cuma, les administrateurs, Jean-Pierre Jégourel, Louis Alain, Thierry le Corre et Anthony Rouillé.
Autour de Jean-Michel Roger, président de la FD Cuma, les administrateurs, Jean-Pierre Jégourel, Louis Alain, Thierry le Corre et Anthony Rouillé.
© Claire Le Clève


Les Cuma du Sillon et Violettes sont "sur leur 31" et leurs machines exposées en rang. De quoi faire briller les yeux des 95  jeunes des filières agro-équipement du lycée Saint Yves de Gourin et de l’Issat de Redon qui se sont déplacés en ce vendredi 15 juin pour découvrir un matériel, souvent dernier cri et les conditions de travail avec salariés et responsables de ces coopératives. "Si on veut embaucher, il va falloir les intéresser", estime Jean-Michel Roger président de la FD Cuma.  Opération de séduction donc à Guer où la FD Cuma a profité de son assemblée générale pour dérouler le tapis rouge aux établissements scolaires. Car force est de constater, "nous sommes sur un secteur où il y a de la tension en matière d’emploi et on peine à recruter", reconnaît Jean-Michel Roger, président d’une structure qui fédère 150 Cuma dans le Morbihan employant 68 salariés permanents et 11 saisonniers. Et une année 2017  "avec un turn-over important. Nous avons connu 16 départs, 7 embauches en CDI et 20 saisonniers recrutés mais avec difficultés", situe-il précisément. Car le travail ne manque pas avec des semaines alourdies par une météo capricieuse , des fenêtres d’intervention étroites, "et des modifications de la réglementation sur l’épandage notamment qui compriment encore plus ces périodes", renchérit Anthony Rouillé, administrateur. "On cherche à embaucher mais il n’y a pas de candidats", déplore-t-on depuis la salle. Saturation des outils et des hommesLe phénomène s’accroît. "Depuis la libéralisation des quotas laitiers, ça s’accentue. On a multiplié par deux ou trois la production dans les exploitations. On a saturé les outils et les hommes et femmes avec", dépeignent ces cumistes convaincus. "Pour tout faire bien, on est obligé de se faire aider, nos Cuma peuvent apporter une solution d’appoint et de délégation de main d’œuvre. Ça va devenir un enjeu de pérennité", cadre t-il. Et pour Sophie Jamois, directrice de Serémor Solutis emplois, il y a nécessité à "être inventifs ensemble et trouver des solutions adaptées en  mutualisant et optimisant". Un enjeu de pérennité pour les exploitations et la traditionnelle coopérative d’utilisation de matériel. "Avec le manque de temps, certains agriculteurs n’attellent même plus épandre par exemple, l’activité diminue", constate-t-on. "Cette activité là, on la délègue à la Cuma intégrale", illustre Thierry Le Corre, administrateur, membre d’une Cuma matériel et qui en 2000 s’installait avec un associé sur 400 000 l de lait sur 80 ha. "Nous produisons aujourd’hui 950 000 litres sur 100 ha", illustre-t-il. "L’activité peut conforter la Cuma intégrale, lui permettre d’embaucher et de mettre à disposition ses salariés. La Cuma est aussi reconnue comme groupement d’employeurs". Une solution possible que promeut Dominique Guého, directeur de la FD Cuma. "L’ouverture des Cuma intégrales est presque une obligation", encourage Jean-Michel Roger. "Si ça peut apporter de l’activité à la Cuma… Les mentalités évoluent. Il y a des Cuma qui s’équipent avec des gammes complètes de désherbage mécanique pour travailler avec des gens qui ne sont pas des adhérents historiques. Il y a une demande, c’est de la responsabilité des groupes d’y aller".  Claire Le Clève

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