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Dans les Monts d'Arrée, des aides pour boiser des parcelles en friches

Plutôt que de laisser partir les terres en friches, pourquoi ne pas les boiser ? Dans les Monts d'Arrée, une charte forestière de territoire accorde des aides au boisement de terres abandonnées par l'agriculture ou à la transformation de peuplements peu productifs.

"Quand nous avons acheté notre maison, à Berrien, nous avons aussi cherché quelques parcelles pour nos enfants, qui avaient des chevaux", se souviennent Yves et Jacqueline Piot. Les années ont passé et la retraite venue, le couple cherche une solution pour valoriser ces terrains, plutôt que de les voir partir en friches. C'est alors qu'ils entendent parler de la charte forestière de territoire, portée par le PNRA, le parc naturel régional d'Armorique.

3 ha minimum

"Financée par l'Union européenne et la région Bretagne, la charte aide au boisement des terres abandonnées par l'agriculture et à la transformation des peuplements peu productifs, détaille Louis-Marie Guillon, chargée de son animation au sein du PNRA. Bois d'oeuvre ou emballage, le marché est là. Il serait dommage de ne pas s'en saisir".

Une aubaine pour les Piot qui, dès 2016, se penchent sur le dossier. Mais les conditions sont strictes. "Il fallait 3 ha minimum, une surface que nous n'avons atteint qu'après un échange avec un voisin, un achat auprès d'un autre". Un moment découragés par la complexité administrative, ils sollicitent les conseils d'un expert forestier et leur dossier finit par aboutir, début 2019, à la plantation d'un peu plus de 4 000 plants d'épicéa de Sitka, de Douglas et de hêtres sur 3,5 ha.

"Les aides sont intéressantes, avec une prise en charge de 80% du montant hors taxes des frais d'expertise, de l'achat des plants, de leur mise en terre", indique Yves Piot. Des aides versées en deux fois, 70% après la fourniture de l'ensemble des factures, 10% trois ans plus tard, après contrôle d'une bonne reprise des plants. Dans les mois qui viennent, il lui faudra donc enlever les mauvaises herbes au pied des plants, afin d'éviter une trop forte concurrence. "Et tous les 6 mois les badigeonner de répulsif pour éviter les dégâts de cerfs et chevreuils"

Diversifier les essences

Si le premier volet n'a pas suscité l'engouement, avec seulement 7 dossiers et 35 ha implantés, les objectifs de la charte sont ambitieux, de l'ordre de 300 à 400 ha sur les Monts d'Arrée. "Les enjeux sont importants, rappelle Louis-Marie Guillon. Dans les années 50 jusqu'aux années 80, des aides ont été octroyées à un boisement qui, aujourd'hui, arrive à maturité. Il faut en profiter pour réorganiser les plantations, abandonner certains sites, comme les crêtes ou les zones humides, et privilégier une plus grande diversité des essences plantées".

Pour tenter de séduire de nouveaux propriétaires, les règles ont été assouplies, la Région étant désormais seule à financer ces aides. "Des travaux favorables à la biodiversité, restauration de zone humide, débroussaillage de tourbière, préservation des chemins creux... sont désormais pris en charge. Tout comme le travail effectué par des salariés".

Mais il n'est pas si simple de motiver des propriétaires à capitaliser pour les générations futures, les arbres n'arrivant à maturité que dans 35 ans pour le Sitka, 50 ans pour le Douglas et encore plus pour le hêtre. Pourtant, la mise de fonds est minime, des aides privées pouvant aussi venir se rajouter. "Je ne paierai quasiment rien de ma poche", affirme Yves Piot, mis en relation avec une entreprise à la recherche de stockage de carbone par son expert forestier.

 

 

Le 13 mai, réunion d'information à Plounéour Ménez

Vous possédez des terres dans les Monts d'Arrée et cherchez comment les valoriser ? Vous possédez des parcelles boisées et souhaitez des informations sur leur gestion et les possibilités de valorisation ? Vous avez un projet précis de boisement ou reboisement et souhaitez des informations sur les accompagnements techniques et financiers possibles ? Le PNRA, le CRPF, l'ONF et Abibois organisent une réunion d'information le lundi 13 mai, à 18h30, salle polyvalente de Plounéour Ménez.

Renseignements complémentaires auprès de Louis-Marie Guillon, PNRA, au 02 98 81 90 08 ou Antoine Chabot, CRPF, au 06 18 44 72 24.

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