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Dans un marché du travail en tension, comment faire pour recruter ?

Saisonniers comme permanents, il devient de plus en plus difficile pour les agriculteurs de trouver des salariés. Pour faire le point sur ce sujet, la commission employeurs de la FDSEA du Finistère avait invité Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA en charge de l'emploi, le 13 mars dernier à Kersaint Plabennec.

"Ici, l'agriculture est un secteur dynamique et source d'emplois", rappelle Benoît Tanguy, le président de la commission employeurs de la FDSEA du Finistère. Sur les 1 257 communes bretonnes, 1 169 comptent au moins un emploi salarié en agriculture. 1 125 en comptent au moins 5 et 422 au moins 50, "ce qui fait l'équivalent d'une belle entreprise !". Et en 2017, la Bretagne totalisait 28 902 salariés agricoles en équivalent temps plein, un chiffre en progression de 4,9 % depuis 2014.


4 mois pour trouver un salarié
Des chiffres qui cachent une réelle tension sur le marché de l'emploi. "L'an dernier, la Bourse de l'emploi a collecté plus de 10 offres d'emploi par jour, via les 4 Anefa bretonnes, calcule Gilles Burel, animateur de la commission employeurs. D'abord en maraîchage, 620 offres, puis en élevage laitier, 576 offres, et en élevage porcin, 457 offres.
Pour y pourvoir, l'Anefa disposait d'un vivier de 2 411 demandeurs d'emploi inscrits dans ses fichiers. "Mais la correspondance est difficile ! Les employeurs demandent une expérience supérieure à un an pour 60 % des postes, un niveau Bac pour 40 %, quand 60 % des candidats n'ont pas de formation agricole et 63 % peu ou pas d'expérience". Et il faut aujourd'hui compter près de 4 mois pour trouver un salarié en productions animales. "Il est donc nécessaire d'anticiper".


Moins de main-d'œuvre étrangère
Cette pénurie se retrouve aussi au niveau national. "En France, il manque 70 000 salariés en agriculture, 10 000 permanents et 60 000 saisonniers", estime Jérôme Volle, viticulteur et producteur de lavandin en Ardèche. Et de citer la région de Digne, où la production de poires diminue, faute de main d'œuvre, ou encore le Gard, qui a vu se tarir l'arrivée de salariés espagnols ou marocains, "qui trouvent désormais du travail chez eux".
Une situation que connaîtront bientôt les producteurs d'échalotes du Finistère ? "Les salariés des pays de l'Est, Roumanie, Bulgarie..., s'arrêtent désormais en Pologne ou en Allemagne, constate le vice-président de la FNSEA, en charge de l'emploi. Nous avons interpellé le Premier ministre sur ces sujets : nos activités économiques ont besoin de main d'œuvre pour se développer".


Attirer de nouveaux candidats
Pour attirer de nouveaux candidats vers l'agriculture, les Anefa bretonnes font feu de tout bois : promotion des métiers de l'agriculture auprès des scolaires et des demandeurs d'emploi, création d'une bourse de l'emploi agricole puis d'un comité d'entreprise... "Avec notre nouveau slogan, Ose l'agriculture, nous venons aussi de lancer un site Internet qui regroupe toutes les offres d'emploi, www.lagriculture-recrute.org", indique Thomas Ligavan, animateur de la commission employeurs de la FRSEA.
"Nous avons, nous aussi, des efforts à faire", reconnaissent les employeurs. Ainsi, ce serriste de Cléder a décidé de commencer les journées de travail à 8h plutôt qu'à 7h. "La garderie ouvre à 7h30. Les mamans de jeunes enfants peuvent désormais venir travailler". Et la pause de midi a été réduite à 45 minutes. "Les parents peuvent finir leur journée plus tôt et diminuer d'autant leurs frais de garde". "Parfois, il suffit de pas grand chose, rajoute sa voisine. Repeindre la salle de pause, installer une machine à café... Les salariés ont aussi envie de bénéficier de bonnes conditions d'accueil".


À la recherche de sens
"La station expérimentale de Trévarez a testé une réduction de l'écart entre traites, en avançant la traite du soir", indique Odile Caroff. Des journée de travail qui finissent plus tôt, une coupure moins longue à midi, autant d'arguments qui peuvent faciliter le recrutement. "C'est une étude à vulgariser auprès des futurs employeurs".
"L'attractivité ne passe pas que par le salaire, rappelle Jérôme Volle. Les jeunes sont à la recherche de sens pour leur emploi. Nous avons là une carte à jouer, en redonnant une image positive de nos métiers".

Bientôt une seule convention collective ?
"En France, l'agriculture compte 141 conventions collectives territoriales". Jérôme Volle a profité de la réunion pour faire un point sur un projet porté par le gouvernement. "De 700 branches, il voudrait parvenir à 200 seulement, ce qui se traduira pour l'agriculture par une seule convention collective nationale". La prise en compte des spécificités ou des innovations du dialogue social territorial restent encore à définir. "L'objectif est de parvenir à un accord en juillet 2019, pour une mise en application au 1er janvier 2020".

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