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Abreuvement au champ
D'autres solutions que le ruisseau

Pour préserver la qualité bactériologique des eaux conchylicoles des estuaires de l'Aven, Bélon et Mérrien, et les emplois qui en dépendent, chacun a décidé de retrousser ses manches. Réfection des stations d'épurations, amélioration des réseaux d'eaux usées et de l'assainissement individuel sont au programme des collectivités et particuliers. Coté agricole, l'abreuvement des animaux directement au ruisseau est mis en cause. D'autres solutions existent au pâturage. Démonstration en a été faite, mardi dernier à Riec sur Belon et Bannalec avec la découverte sur site de pompes de prairie et de bacs à niveau constant alimentés sur source ou cours d'eau. 200 exploitations sont concernées sur ce bassin versant finistérien.

Pompes à museau alimentées depuis le ruisseau
Pompes à museau alimentées depuis le ruisseau
© claire Le Clève

 

 

"Les 4 dernières années, j'ai consommé en moyenne 873 M3 d'eau du réseau pour alimenter une partie des 9 ha où sont génisses et bœufs, cela fait 729 Euros", détaille Louis Pierre Le Cras du Gaec de Kerségalou, à Riec Sur Belon. Une eau apportée par tonne sur le site haut.  Pour le reste, à l'aval, les animaux allaient boire au ruisseau. Un temps désormais révolu grâce à l'installation de trois pompes à museau sur un terre plein d'abreuvement. Il vient d'être aménagé à 20 m et en surplomb du ruisseau qui se jette dans la rivière de Belon. Avec au bout du compte, pour l'éleveur,  une économie sur sa facture d'eau qui ne vient plus du réseau et des déplacements limités, "ça simplifie le travail", appuie t-il.

 

Pompes à prairie

"L'une des pompes à museau est alimentée de manière gravitaire à partir d'une source", explique Pierre Louis Le Cras depuis le site où une dizaine d'agriculteurs l'accompagnent. Cinq mètres plus loin, même dispositif sur socle de béton mais avec deux pompes à museau, cette fois ci alimentées par le biais d'un tuyau, à partir de l'eau du ruisseau, protégé par une crépine toujours immergée. "Ces pompes sont un peu plus dures à actionner, le dénivelé est plus important, les génisses vont devoir s'y habituer", note l'éleveur qui devra également stabiliser le terrain. Sur ces parcelles éloignées d'un kilomètre du siège de l'exploitation laitière des trois associés, avec une référence de 460 000 L produites par un troupeau de Normandes, seuls 23 génisses et bœufs pâturent. Les trois buvettes installées sur un site ombragé devraient suffirent (10 l/animal).

 

Achats aidés

 

Un système d'achat groupé des pompes par la Cocopac permet d'obtenir des tarifs plus intéressants sur ces pompes dont le prix unitaire est de 210 euros, (pompe et crépine) subventionnée à 66 %. Il faudra prévoir en plus le coût de l'installation estimé, suivant le système entre 80 à 300 euros TTC (socle bétonné avec fournitures, pose de clôture pour isoler le ruisseau, fixation de la crépine et stabilisation éventuel de l'accès). "Il n'y a pas de solution unique, chacun doit adapter le système à sa configuration de terrain, on pourrait même, suivant le passage des animaux dans les parcelles, envisager de faire suivre les pompes" note Sylvie Fiche, animatrice à la Chambre d'agriculture du Finistère; Une installation qui reste à valider et à suivre dans le temps pour Louis Pierre le Bras mais qui répond "à la motivation d'avoir un moindre impact sur la qualité bactério. Les réunions de sensibilisation à ce problème nous ont motivés et puis il y a l'aspect économique, je n'aurai plus à utiliser l'eau du réseau", commente l'éleveur.

Claire Le Clève

 

 

Encadré

Chez Martine et Eric Prima à Bannalec

Des bacs à niveau constant

 

"On part du principe qu'il y a quelqu'un qui utilise l'eau après chez nous et doit la trouver de bonne qualité, c'est une démarche volontaire", explique Martine et Eric Prima de Bannalec. Fini l'abreuvement des paddocks  sur la rivière. Les 50 vaches laitières, produisant les 350 000 litres de l'exploitation, s'abreuvent désormais à partir dune source qui alimente deux bacs de 800 L et 500 Là niveau constant.

Avec deux sites séparés, les Prima consacre les 30 ha groupé autour du siège de l'exploitation exclusivement au pâturage. Plus loin, les 45 autres ha sont réservés aux vaches taries, aux céréales  et Maïs. "J'ai des paddocks de 2 ha et j'y travaille au fil avant avec deux points d'eau. Pour les paddock du haut, j'amenais l'eau du réseau à la tonne, pour ceux du bas avec quatre points d'abreuvement, c'était la rivière et pour les autres c'était la source". De l'eau de trois origines. Avec les bacs à niveau constant, ce sera bientôt de l'eau de source sur toutes les parcelles. "Cette source à partir de laquelle j'ai installé mes tuyaux qui remplissent mes bacs avec flotteurs à niveau constant, personne ne l'a vue s'arrêter en 1976". Alors Eric est sûr d'avoir un approvisionnement garanti et constant. Coté qualité, un suivi sera entrepris avec le GDS. Quant aux bacs, "je fais comme pour les autres, dès qu'ils verdissent, je les brosse". Alimenté de manière gravitaire grâce à des tuyaux, les bacs sont nettoyés à la brosse "dès qu'ils commencent à verdir", note l'éleveur qui a prévu une capacité de 15 litres par bovin. Le coût est de 160 euros TTC le bac de 800 litres, de 50 euros le robinet à flotteur  et de 1,2 euros le mètre linéaire de tuyau. "Ce dispositif est également subventionné avec un plafond d'aide limité au coût de trois pompes à museau", précise Pascal Nicol de la Cocopaq.

 

 

 

Encadré

Abreuvement au ruisseau

Des rejets estimés à 50 équivalents habitants

 

"Un point d'abreuvement sur un ruisseau peut représenter des rejets que l'on estime à 50 équivalents habitants" relève Pascal Nicol, coordinateur du programme à la Cocopac (communauté de commune du pays de Quimerlé). Un chiffre multiplié par 300, nombre de points d'abreuvement recensés lors du diagnostic sur la qualité bactériologique des bassins versant  de l'Aven, Bélon, et Merrien avec pour même émissaire, la zone estuarienne et ses 12 entreprises conchylicoles dont dépendent 150 emplois (équivalents temps pleins). "Avec la nouvelle réglementation qui s'applique aux zones ostréicole, il suffit d'un dépassement de teneurs des coquillages en bactéries fécales pour que toute la zone soit déclassée", relève Sylvie Fiche, animatrice à la chambre d'Agriculture du Finistère. Car diagnostic à l'appui, les sources de pollutions ont été identifiées pour chaque usage de l'eau et des actions prévues pour en diminuer l'impact. Et chacun de balayer devant sa porte avec contrat territorial à la clé pour garantir la qualité sanitaire estuarienne. Trois stations d'épurations devront être  réaménagées, le réseau des eaux usées amélioré, l'assainissement individuel idem. Coté agricole, "l'épandage n'a pas été mis en cause, mais les points d'abreuvement des animaux au ruisseau". Chambre d'agriculture, Communautés de communes de Quimperlé (Cocopaq) et de Concarneau (4C) ont donc contractualisé pour améliorer la situation et trouver des solutions techniques et des financements incitatifs qui ont été présentés lors de cet après midi doté de deux visites. En raison de l'actualité laitière, une autre journée de démonstration sera de nouveau programmée ultérieurement

 

 

 

 

 

 

 

 

Encadré

 

Quels Besoins en eau ?

 

Au cours de sa vie, et de ses cycles, les besoins en eau d'un bovin varie de 50 l à 150 pour une vache en période de lactation. La teneur en matières sèches de la ration, la production de lait, la température et le vent vont influer sur sa consommation en eau. Pour produire un litre de lait, une vache aura besoin de trois litres d'eau……

Repères : un cheval boit de 20 à 70 litres par jour et une jument en lactation de 15 à 30 litres de plus par jour.

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