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Algues vertes
"De la prévention, du ramassage et des moyens"

La section environnement de la FDSEA a invité le spécialiste du Ceva (centre d'étude et de valorisation des algues), Sylvain Ballu. Opposé à l'application d'un seuil "nitrate", il prône des mesures agronomiques couplées à des moyens pour limiter les fuites d'azote.

La section environnement de la FDSEA présidée par Yves Marie Beaudet. A gauche, Sylvain Ballu.
La section environnement de la FDSEA présidée par Yves Marie Beaudet. A gauche, Sylvain Ballu.
© terranet

2008 a attisé le problème des algues vertes. Année record, "on a assisté à la plus forte marée verte depuis 2002", indique le spécialiste du Ceva, Sylvain Ballu, aux adhérents de la section environnement. Est venue s'ajouter la mort de deux chiens en baie de Saint Brieuc. "Les algues en décomposition libèrent un gaz, du sulfure d'hydrogène que l'on retrouve aussi dans les égouts et les fosses à lisier. L'ulve en se décomposant forme un film étanche qui peut accumuler ce gaz. En cas de manipulation, c'est vrai des concentrations ponctuelles élevées peuvent s'échapper", reconnaît Sylvain Ballu, sans surprise.
Un stock d'algues déjà présent
Bien sûr, il est trop tôt pour annoncer les pronostics 2009, trop de facteurs rentrent en compte : vent, houle, température de l'eau, précipitations.... Mais, "statistiquement, on a une marée verte qui pourrait démarrer tôt". Car on sait aujourd'hui que le stock hivernal de l'année précédente influe sur la présence de marée verte l'année suivante. Capable de se démultiplier, l'algue fragmentée en confettis repart de plus belle aux beaux jours.
Entre 2002 et 2006, le Ceva a établi un suivi renforcé du phénomène, via le programme Prolittoral, aujourd'hui terminé. 50 sites récurrents en Bretagne (plages, vasières...) ont été recensés allant de quelques m² à plusieurs centaines d'hectares. En 2007, 47 000 m3 ont été ramassés par 50 communes bretonnes pour un coût global de 450 k€.
Sans prédateur connu, ni débouchés industriels, le seul levier opérationnel pour jouer rapidement sur les marées vertes est l'azote, moins présent dans le milieu que le phosphore stocké dans les sédiments côtiers. Hélas, la Bretagne cumule toutes les conditions naturelles favorables au transfert de l'azote vers les côtes. Un temps doux, idéal à la minéralisation de l'azote, des sols humides, des précipitations excédentaires. Des clichés de 1971 à Saint Michel en Grève montraient déjà à l'époque des quantités importantes d'algues vertes à un niveau nuisant. Selon les estimations du spécialiste, les concentrations d'azote dans le Yar étaient déjà de l'ordre de 15-20 mg/l.
Se donner les moyens de ses ambitions
Sylvain Ballu estime que le raisonnement en concentration d'azote ne convient pas aux marées vertes. "Mieux vaut travailler sur les flux d'azote. En effet, je crois à des actions sur les rotations avec des cultures qui pompent l'azote au moment où il minéralise. Couplées à des actions de ramassage qui seraient réalisées à des dates clés pour réduire les stocks hivernaux, "en octobre et novembre". Pour l'heure, il n'existe pas de solution technique capable de ramasser une fine pellicule d'algues en période hivernale. Le prototype existe mais il manque les moyens financiers. Peu de travaux ont été engagés dans cette voie", reconnaît-il.
Les moyens, toujours les moyens. Remplacer le maïs par des betteraves, implanter des cultures de printemps ou de vraies cultures intermédiaires "piège à nitrates", pourquoi pas. "Sauf que l'on se heurte au contexte économique", souligne un adhérent qui a fait évoluer son système d'exploitation pour mettre en place certaines des solutions citées. Pour Sylvain Ballu, il est logique de compenser toute perte de rentabilité.

Les échos de la section
Plus de 30 adhérents ont assisté à la section environnement de la FDSEA du 24 février. Les discussions ont apporté sur la nécessaire implication des adhérents dans leur commune lors des inventaires des zones humides. Les interventions en fin d'après midi, consacrées à la Directive Nitrates, ont permis de réaffirmer la demande professionnelle des Côtes d'Armor de réduire la charge administrative, d'améliorer le ciblage des contrôles, et de trouver une solution équilibrée entre l'allègement de la réglementation ZES et le maintien d'un cadre limitant la course au foncier.

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