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A la Ferme lombricole du pays de Josselin
Découvrir la voie "vers de terre"

Ils sont à la tête d'un cheptel de dévoreurs de l'ombre, tout aussi acharnés à la tâche que discrets, transformant leurs poids de fumier quotidien en or brun. A la clé, un lombricompost aux valeurs agronomiques exceptionnelles. Lombriculteurs, Pascal et Gwenola Picard le sont devenus par la force des choses. Une voie "vers de terre" empruntée pour compenser les revenus en berne de leur élevage de dindes. Ils ouvrent les portes de leur exploitation, le 16 mars prochain, à Josselin.


 


 







"On vient de lui annoncer une
baisse de contrat de 20 euros la tonne et 7 semaines de vide à la
place de 5. L'an passé, nous ne sommes pas partis en vacances à
cause des mises en place...Célibataire, ça allait bien mais avec
une famille, c'est de plus en plus difficile
", ne cache pas
Gwénola Picard pour justifier la recherche de nouveaux débouchés
entreprise en 2010, pour l'exploitation de Pascal. Lui est éleveur
de dindes, sur 2000 m2, à Josselin, depuis 1990. Elle,
épidémiologiste, est ingénieure hospitalier en activité. Ils ont
trouvé l'amour dans leur pré. Outre le fait de partager une belle
histoire, deux petites filles, ils ont décidé de relever leurs
manches pour se diversifier et "dénicher de nouveaux
débouchés financiers au vu des faibles revenus obtenus en
intégration avec le marché de la volaille française
".
Dépit. Dont actes. A la tête d'un cheptel de 800 000 lombrics, ils
viennent de produire 18 tonnes de lombricompost (voir encadré).








 




Avides de matières organiques


C'est un reportage sur les "petits
élevages et le lombricompost" qui met le vers dans leur fruit
en 2010. "On ne connaissait absolument pas. Mais nous
disposions de la matière première avec une évidence de besoin de
résorption
", raconte le couple dont l'exploitation produit
près de 350 T de fumiers de volaille à l'année. Alors ils se
renseignent, parcourent la France, font des rencontres, "de
farfelus, de filous mais aussi de gens intéressants
". Ils
peaufinent un projet, défrichent, également les procédures auprès
de l'administration. "J'aurais souhaité m'installer en
double activité avec Pascal
", regrette encore Gwénola.
L'option prise sera autre, faute d'adhésion. L’obtention des
subventions à la diversification, 12 000 euros émanant des
conseils, régional et général du Morbihan, décidera leur banque à
leur apporter un crédit de 30 000 euros. Une somme indispensable à
l'achat de leur serre, tracteur, remorque, balance et peson,
crochets,... "Nous sommes tenaces", soulignent-ils.
Janvier 2011, sous la serre au sol bâché pour éviter tout festin
de taupes, les premiers 8 mètres linéaires de compost, issu de
fumiers de volaille mais aussi de bovin et chevaux, sont ensemencés
avec 80 000 lombrics. Un an plus tard, ce sont 80 mètres de long,
peuplés de 800 000 Eiseria foetida, qui travaillent pour eux et pour
le bien des maraîchers et autres horticulteurs particuliers ou de
collectivités, connaisseurs des vertus du lombricompost (lire
encadré).


 

Dévoreurs de nos poubelles


Parallèlement à cette production d'or
brun, le couple est devenu distributeur de lombricomposteurs
individuels et familiaux, fabriqués en France à partir de
plastiques recyclés. "Ces épluchures de fruits et de
légumes mais aussi le papier ou le carton représentent 30 % du
poids de nos poubelles. Le lombricomposteur, c'est une très bonne
solution pour les traiter
", pointe Gwénola Picard. Un
procédé qui, dans la buanderie, la cuisine ou le balcon, permet de
transformer en 5 mois au départ, puis 2 ensuite, les déchets
ménagers en compost à plantes vertes. "C'est beaucoup plus
rapide que dans un composteur. La récolte se fait par le dessus, ça
marche également en appartement
", vantent les
distributeurs. Et en plus, avec 9 couleurs disponibles, l'objet est
plutôt joli. Et ils font un carton ces lombricomposteurs. En un an,
150 ont été achetés par des particuliers, mais aussi des mairies
et communautés de communes "Baud Communauté, Josselin, St
Jean Brévelay s'y mettent. C'est en partie subventionné par
l'Ademe. L'autre partie reste à la charge des particuliers qui en
font l’achat par l’intermédiaire de leur collectivité
".


Reste aujourd'hui à mieux faire
connaître leur activité et leurs produits. La porte ouverte qu'ils
organisent le 16 mars prochain sur leur exploitation devrait y
contribuer.





Claire Le Clève





En Pratique


Ferme lombricole du pays de Josselin


Pour plus de
renseignement sur ces portes ouvertes qui se dérouleront à la ferme
lombricole, le 16 mars prochain à
la ville es bottés 56120 Lanouée. www.lombriculture.net
ou bien 06 10 96 54 14.
Fléchage
assuré depuis Josselin.





 





 


 


 



 


 

Le lombric amende le fumier





A la ferme lombricole du pays de
Josselin, dévoreurs infatigables de matières organiques, les vers
de terre de type Eiseria foetida gobent leur poids quotidien de
fumier de cheval, de dindes ou de vache...Mais aussi de cartons, de
papiers , de marc de café, d'épluchures de légumes....."Mais
surtout pas d'ail ou de rhubarbe, ça les tue", met en garde
illico Gwénola Picard. Ils adorent la cellulose (40 % de leur
alimentation) mais attention n'ont pas de dents. Les fumiers, une
fois compostés, sont ensuite ensemencés de vers rouges qui
dévorent et se multiplient bien au chaud, dans leur andain bâché.
La température y varie entre 15 et 25 °. Leur migration vers un
nouveau tas à digérer est horizontale, contrairement à ce qui se
passe dans un lombricomposteur ou les vers se déplacent
verticalement vers leur nourriture. Au bout de 5 mois, le produit
résultant, sans odeur, stable est tamisé. C' est un amendement
organique (inférieur à 3 % en NPK contrairement à un engrais dont
la teneur en NPK est supérieure à 3 %) : 0,7 N, 0, 7 P et 0,5
K.


Il tire ses qualités de fertilisant
organique d'exception des phytormones, bactéries (50) et champignons
dont il s'est gorgé lors de sa digestion par le vers.








Des qualités pour les plantes





Le lombricompost est un amendement dont
les capacités fertilisantes sont dopées par les micro-organismes
dont il déborde. Cette matière rend la nourriture du sol plus
facilement assimilable par les plantes. C'est un humus au PH neutre
qui favorise l'enracinement, la germination et la croissance des
plantes tout en régénérant les sols usés et appauvris. De
l'intérêt de favoriser la vie des vers de tertre dans les sols !




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