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Agriculture en zone littorale
Définir sa place en concertation

Sur le littoral, l'activité agricole régresse, convoitée par le développement démographique et touristique. Si on n'y prend garde, elle pourrait disparaître. Or elle présente un fort potentiel. C'est le constat dressé lors de la journée littorale organisée par la Chambre d'agriculture du Morbihan avec les élus des collectivités. Objectif : réagir en concertation pour une place à responsabilité partagée

 

 

La place que l'on donne à l'agriculture en zone littorale sera celle qu'on voudra lui donner, collectivement. Car face à la pression, foncière notamment, réglementaire également, elle ne fait pas le poids. "1600 ha sont perdus tous les ans dans notre département et avec eux, de la production mais aussi des droits à produire", rappelle Alain Guihard président de la commission littorale et périurbaine de la Chambre d'agriculture du Morbihan, à l'initiative de cette journée organisée à Lauzach. Sur cette zone qui accueille désormais 1650 exploitations professionnelles, le quart a disparu entre 1988 et 2000.

 

20 % du territoire où vit 50 % de la population

 

Dans le Morbihan, alors que l'espace agricole représentait 45 % des espaces littoraux, il ne pèse plus que le tiers. Et de fait, 20 %du littoral s'est urbanisé alors qu'il couvre 19 % de la surface de ce département. Il concentre 50 % de la population. Et ça ne devrait pas s'arranger à l'avenir.  Que dire des plus de deux millions de touristes qui viennent chaque l'été, s'y agglutiner. Voilà pour le constat dressé mardi dernier par la Chambre d'agriculture devant les décideurs et élus des collectivités. Car l'agriculture littorale, occupe encore 25 % de la SAU du département, elle ne veut plus passer pour une simple réserve foncière. Elle produit encore le quart du lait Morbihannais mais sur des exploitations plus petites que la moyenne départementale. Elle intéresse ne nombreux porteurs de projets innovants. "Nous avons 450 candidats potentiels". Le tiers des troupeaux allaitants et de nombreux maraîchers s'y concentrent et pourtant, aucune zone en ZES. Ces données sont autant d'atouts y compris environnementaux, sur une zone de chalandise élevée et "face aux nouvelles attentes des consommateurs et aux nouvelles formes de commercialisation qui se développent, regardez les AMAP", pointe Alain Guihard.


Vision partagée et devenir concerté

 

La place réservée à l'agriculture diminuant, "les agriculteurs ne sont plus les seuls à développer une vision de l'agriculture, les élus et la population également", a expliqué Bertille Thareau, sociologue à l'ESA d'Angers. Au rôle de production, s'ajoute celui d'aménagement du cadre d'un cadre de vie urbain agréable, devant aider à résoudre les problèmes environnementaux, en produisant des produits locaux de haute qualité, en créant du lien et en communiquant…. Les attentes sont variées. "Pour construire un point de vue agricole partagé, il faut promouvoir le travail collectif "souligne la sociologue. Et chacun de s'accorder sur l'intérêt de chartes, telle celle entérinée sur "l'agriculture et l'urbanisme, élaborée en concertation et partagée ensuite par les élus sur leur territoire" pour Jean Marie Zeller, président du Conseil de Développement. Citant comme exemple de concertation réussie, l'association Cap 2000 "qui fait le lien entre paysans de la terre et de la mer en travaillant sur des concertations intelligentes pour arriver à des résultats",  Janic Moriceau vice présidente du Conseil régional de Bretagne souligne qu'il y à "des synergies à trouver sur nos territoires pour arriver à des résultats". Car aller dans le concret, c'est ce que tous souhaitent désormais. (voir encadré). Pour Yves Le Gourriérec, président de la chambre d'agriculture du Morbihan,  "remembrer nos exploitation par de l'échange parcellaire serait une approche intelligente pour libérer des terres pour le porteurs de projets".

Claire le Clève

 

 

 

Avec CAP Atlantique

Un Plan Local Agricole

Communauté de communes rassemblant 15 agglomérations de Loire Atlantique et 3 du Morbihan, Cap Atlantique a vu les productions primaires de son territoire se mobiliser face à la pression foncière qui les menaçait. "Nous sommes 220 exploitations agricoles, 300 paludiers, 60 ostréiculteurs, en 20 ans nous avons perdu 4000 ha de SAU, c'est le cinquième de la surface" explique Christophe Sablé, agriculteur d'Herbignac (44), représentant de la Chambre d'agriculture de Loire Atlantique à Cap Atlantique. "Nous voulions avoir un poids agricole et nous avons bâti un plan d'actions, le Plan Local Agricole,  autour de trois axes ; la gestion du foncier, l'environnement et la communication sur notre métier auprès des 80 000 habitants qui sont 240 000 l'été".  En matière de communication, les actions fourmillent : des articles dans les bulletins municipaux, des "samedis fermiers avec portes ouvertes dans des exploitations", la valorisation de produites locaux avec la réalisation de 20 000 repas pour les cantines scolaires par 15 exploitations en contrat avec les collectivités. "Ca prend du temps d'expliquer que la cohabitation de toutes les activités primaires est une richesse et qu'il y a la place pour toutes les valorisation mais ça marche".

 

 

 

 

 

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