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Depuis le 1er janvier, un fonds peut garantir mes prêts

Dans le cadre du grand plan d'investissement 2018-2022, le fonds européen d'investissement est mobilisé pour accompagner "la transformation du modèle agricole" en facilitant l'accès des agriculteurs au financement bancaire. Depuis le 1er janvier 2020, les agriculteurs qui s'installent, ou installés depuis moins de sept ans, peuvent obtenir des prêts. Le fonds européen pour les investissements stratégiques FEIS (plan Junker) apportant au travers d'un instrument de garantie, des garanties au banquier. De quoi faciliter l'investissement, l'installation, et la transformation de l'agriculture vers la recherche de valeur ajoutée et l'innovation.

Des prêts bonifiés à 0,25 %, garantis par un fonds européen, le fonds eurpéen d'investissement veut accompagner la transformation du modèle agricole.
© P. Le Douarin

Le 3 septembre 2018, le grand plan d’investissement a été lancé en Bretagne. Il intégrait trois axes importants : la transformation de l’amont au niveau de l’agriculture et de la forêt, la transformation de l’aval, et l’innovation. Des outils financiers, avec un fonds de garantie et des prêts devaient accompagner le soutien de la recherche et de l’innovation. Depuis le 1er janvier 2020, ce fonds de garantie se met en place, il correspond à ces outils financiers d’accompagnement du "grand plan" d’investissement.

 

Difficile de se constituer un capital suffisant

André le Bihan, responsable marché agriculture au Crédit agricole des Côtes d'Armor rappelle le contexte : "Les investissements agricoles sont de plus en plus importants. La profession agricole ne souhaitait plus qu'ils soient garantis sur le patrimoine privé. Les jeunes qui s’installent - souvent vers 30 ans - après huit ans en moyenne de travail dans le para-agricole ou en exploitation, n’ont pas eu le temps de se constituer un capital qui permettrait de couvrir les prêts, souvent de plus de 500 000 €. Ils reprennent la part des parents, modernisent, ajoutent des ateliers... méthanisation, etc. Cela pouvait brider le développement et l’installation".

Dans le cadre du grand plan d'investissement, le fonds européen FEI a donc conçu l'Inaf, l'Initiative nationale pour l'agriculture française. L'Inaf mobilise des fonds nationaux, de la Région, des ressources du fonds européen pour les investissemenst stratégiques dans un instrument de garantie plafonnée, couvrant les premières pertes d'un portefeuille de prêt. Quatre banques en France ont été retenues et pourront distribuer jusqu'à 1,1 milliard d'euros de prêts. "Les 39 caisses régionales de Crédit agricole volontaires vont être amenées à distribuer des prêts avec ce type de garanties", indique Stéphane Bouganim, directeur agriculture à Crédit agricole en Bretagne. "La banque européenne d’investissement pilote. La garantie est gratuite pour l’agriculteur, elle couvre 80 % du prêt. La banque doit faire un effort financier à hauteur de 0,25 % de bonification du taux d’intérêt et elle limitera ses exigences en terme de garantie, au fonds sur les 80 %, et bien sûr sur les 20 % restants. Ce fonds démarre au 1er janvier 2020 jusqu’au 31 décembre 2023".

L'ambition est de prioriser la transition de modèles, et faciliter l’investissement dans les exploitations.

Pour accompagner une transformation du modèle agricole

Dans un communiqué, le groupe Crédit agricole a précisé les axes prioritaires qui seraient ciblés pour l'attribution des prêts. Il s'agit du "renouvellement des générations, l'installation, l'agro écologie, le développement de la valeur ajoutée, l'emploi". André le Bihan ajoute : "Les projets intégrant le développement de filières de qualité, la contractualisation, l'ancrage au territoire, le développement de circuits de proximité" pourront être pris en compte. Il s'agit globalement d'accompagner une transformation des modèles agricole, vers l'innovation, la diversification des activités et des revenus, et une utilisation efficace des ressources, énergie, chaleur, eau, matériel, batiment... La durée de la garantie est de 12 mois minimum, à 120 mois maxi.

Stéhaphe Bouganim estime que "la liste des bénéficiaires potentiels est assez large, des personnes physiques mais aussi des sociétés". Le type d’objet est aussi assez large. "Beaucoup d’investissements paraissent éligibles, l'ambition est de prioriser la transition de modèles, et de faciliter l’investissement dans les exploitations". Il ajoute aussitôt un bémol : "Le fonds national ne couvre pas une année de prêts des quatre caisses régionales bretonnes, loin s'en faut ! Il n’aura pas vocation à garantir l’ensemble des prêts. La logique sera : "premier arrivé, premier servi !"

On sait aujourd'hui qu'il n'y aura pas de quotité par emprunteur. Le seul plafond fixé est celui de l'attribution par banque. Le Crédit agricole est le principal bénéficiaire de l'enveloppe nationale.

 

Application bretonne

"La position bretonne sera de réserver ces garanties à des projets s'inscrivant dans le cadre de l’accord signé avec le ministère de l’agriculture". Stéphane Bouganim ajoute : "Nous serons attentifs à bien servir la transition des modèles et l’installation. Le texte fixe une condition d'être agriculteur installé depuis moins de 7 ans. Les prêts vont donc cibler plutôt des jeunes, dont le projet est d'accéder à un nouveau marché ou de développer un nouveau produit. Ces prêts vont compléter la possibilité d’investir du fait de la facilitation des garanties".

Aujourd'hui, les quatre caisses de Crédit agricole réfléchissent et étudient concrètement les questions de la mise en place de ce plan et vont le proposer porochainement.  Stéphane Bouganim précise : "Le marché de l’investissement est en forte croissance. Les conditions de taux ont fortement baissées à l’avantage des emprunteurs ! Mais ce n’est pas parce ce qu'on lui apporte des garanties que le banquier prête ! On prête en fonction de la qualité du projet, de l’emprunteur, du porteur de projet, la garantie est "l’accessoire". Ce n’est pas ce qui fait que l'on finance ou pas". Message bien reçu !

 

Stéphane Bouganim, Crédit agricole en Bretagne : "Il ne faut pas couper le moteur de l'investissement !"

 

fonds européen d'investissement

Quelles sont vos priorités en ce début d'année ?

Nos équipes mettent vraiment l'accent sur tout ce qui concerne la sécurisation des élevages et des revenus, avec trois angles particuliers. II existe aujourd’hui un véritable avantage fiscal à mettre en place de l’épargne de précaution. Avec nos équipes de terrain, les centres de gestion, aussi pour lisser les revenus sur les années futures, le mécanisme fiscal de la loi de finance 2019 présente un intérêt fort pour les agriculteurs, notamment ceux qui sont à moins de 10 ans de la retraite. Nous insistons sur la sécurisation notamment dans les élevages de porcs. Avec la FPA, les obligations réglementaires de mises aux normes, nous accompagnons la sécurisation des élevages, au travers de la mise en place de grillages, de quais de chargement, des sas de biosécurité, mais aussi la sécurisation contre les intrusions. Nous intervenons avec les assureurs et les préventeurs pour la mise en place de protections adaptées. Enfin l'aspect mises aux normes bien-être animal est pris en compte au travers du financement d'abreuvement permanent, l'adaptation de l’éclairage avec un éclairage de 8 heures minimum sur 24. Nous intégrons avec la partie biosécurité une incitation forte pour intégrer ces aspects de bien-être animal.

Quelles tendances avez vous perçues sur la fin d'année 2019 ?

La tendance d’investissement à la hausse s’est poursuivie tout au long de l'année 2019. La progression est très sensible à près de +10 %. Les investissements réalisés sont intéressants au regard des enjeux qui se posent à l’agriculture bretonne. Le premier enjeu c’est l’installation sous toutes ses formes, elle reste hyper-dynamique, et l'on est fiers de pouvoir annoncer que le Crédit agricole accompagne plus de 7 jeunes qui s'installent sur 10. Second point, l’investissement est tiré par le matériel. L'amélioration de la conjoncture permet le retour à l’investissement foncier qui sécurise l’autonomie, et l’investissement bâtiment pour la mise aux normes bien-être animal. Enfin, la robotisation dans les élevages laitiers reste sur une très forte dynamique.

Les feux sont aussi au vert sur 2020 ?

Effectivement, les feux sont plutôt au vert. Le principal risque identifié est le risque sanitaire. Nous en faisons une priorité : protéger l’agriculture, protéger les filières, et accompagner les éleveurs dans ce sens. Il existe un risque d'emballement. Mais nous restons très attentifs à la qualité des entreprises et des projets que nous accompagnons, ainsi qu'aux hommes et aux femmes qui les portent. Nous sommes la banque du conseil, le partenaire durable auprès des agriculteurs pour les accompagner dans tout type de projet. La troisième crainte concerne les projets de méthanisation. La Bretagne compte de nombreux projets et 7 unités sur 10 sont accompagnées par le Crédit agricole. L’économie verte est un poumon. Le risque est qu'il s'arrête. On l’a connu en photovoltaïque de même qu'en cogénération chez les serristes avec des prix de rachat à la baisse. Si cela devait arriver, cela viendrait couper un moteur de l’investissement alors que les fondamentaux de l'investissement sont là : la conjoncture, le besoin d’investissement et de diversification, et la réponse aux attentes sociétales.

 

 

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