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Crise du lait
Des élus à l'écoute des producteurs laitiers

Les agriculteurs du secteur de Lanvollon ont réuni les élus locaux des communautés de communes. Chiffres à l'appui, ils les ont alerté des conséquences sociales et économiques de la crise laitière sur le territoire. Les élus n'ont pas caché leur inquiétude.

Yvon L'Anthoën, Laurent Le Faucheur et Dominique Prigent ont expliqué devant les élus des communautés de communes de Lanvollon-Plouha et Châtelaudren-Plouagat, les conséquences dramatiques de la crise laitière.
Yvon L'Anthoën, Laurent Le Faucheur et Dominique Prigent ont expliqué devant les élus des communautés de communes de Lanvollon-Plouha et Châtelaudren-Plouagat, les conséquences dramatiques de la crise laitière.
© terranet

Pendant 2 heures, les producteurs Yvon L'Anthoën, Laurent Le Faucheur et Dominique Prigent, accompagné de CER France Côtes d'Armor, se sont relayés pour expliquer de la façon la plus pédagogique qui soit, la situation de crise et rétablir les chiffres annoncés au lendemain de l'accord du 3 juin sur le prix du lait. Dans cette crise conjoncturelle, deux problèmes se télescopent : la chute du prix du lait et la situation financière alarmante d'Unicopa / Entremont Alliance.
Revenu : des niveaux jamais atteints depuis 1991
3,3 millions d'euros, c'est la perte économique calculé par les producteurs sur le périmètre des 2 communautés de communes, Lanvollon-Plouha et Châtelaudren-Plouagat. Une perte qui montre tout l'impact du secteur laitier en crise à l'échelle de ce territoire. L'accord interprofessionnel du 3 juin entérine une chute du prix du lait de près de 60 € par 1000 litres en 2009. Pour certaines laiteries la chute sera même plus importante compte tenu du type de produits fabriqués. La gravité de la situation à l'échelle des exploitations a été présentée aux élus par CER France Côtes d'Armor. "Aujourd'hui, il faut qu'un producteur engage 308 €/1000 litres pour couvrir ses coûts de production, soit une hausse de 20 € en 2009, pour un équilibre financier de l'exploitation qui nécessite un prix du lait payé de 314 €", a détaillé Laurent Marc, directeur des études. L'année 2009 cumule l'impact de la baisse des volumes produits, l'impact des investissements réalisés, l'impact des charges sociales en hausse. Les clôtures comptables de juin qui affichent un prix payé producteur de 315 € pour 1000 litres en moyenne, descendront, selon les estimations, à un prix payé de 293 € en fin d'année pour un producteur livrant à Coopagri Bretagne, à 273 € s'agissant d'un producteur livrant à Entremont Alliance (sur une base de 250 € sur l'année)". Depuis 1991, les producteurs n'avaient jamais connu une telle baisse drastique de leur niveau de revenu, avec des estimations s'échelonnant entre 14 500 € et 8 000 € par UTH familial pour les producteurs les plus mal lotis fin 2009. Selon une estimation de CER France Bretagne, (sans remontée du prix du lait), "40% des producteurs toucheront moins de 700 € par mois pour un travail d'astreinte quotidien et 20% seront en situation de déficit".
Entremont : des pertes gigantesques
"La différence de prix entre 2 voisins dont le lait est collecté dans le même camion se chiffre à 10 200 € pour une référence laitière de 300 000 litres", explique Yvon L'Anthoën, exprimant le désarroi de beaucoup de producteurs sur le secteur, otages malgré eux des problèmes financiers d'Entremont Alliance. Rémi Le Mézec de la Confédération paysanne a résumé la demande générale: "on réclame la compensation du différentiel de prix payé par Entremont et l'accord. La solidarité doit jouer, pas seulement entre les producteurs. On sollicite le financement de l'Etat", soulignant au passage l'unité syndicale dans le département sur ces points. Et de poursuivre : "A moyen terme, il est nécessaire qu'un relais politique intervienne pour le maintien des quotas au niveau européen".
Mobilisation des élus locaux
"C'est une catastrophe", a reconnu Thierry Burlot, président de la communauté de communes de Lanvollon-Plouha, visiblement impressionné par les chiffres cités, rappelant que l'agriculture était la première activité économique du territoire en chiffres d'affaire. "L'application du barème national pour les producteurs Entremont Alliance est une priorité absolue à court terme", a-t-il partagé. "La solution ne peut être que collective. Tout le monde doit mettre la main à la pâte". Face à un différentiel de perte chiffré à 30 millions d'euros pour les producteurs Entremont Alliance, Thierry Burlot a annoncé qu'il solliciterait les élus des communautés de communes via une motion mais également, le préfet de région à l'occasion de la session du conseil régional pour qu'il rassemble les partenaires afin de trouver des solutions. A long terme, il a reconnu que l'Europe devait jouer un rôle de régulation et d'harmonisation. "Je pense que cette crise nous montre la place et la mesure jouée par l'agriculture". Or si la prise de conscience à l'échelon locale se matérialise, l'absence de réponse du gouvernement exaspère. "On attend toujours des réponses", s'est exclamée Sandra Le Nouvel, collaboratrice du sénateur maire de Bourbriac, Yannick Botrel, qui depuis le 18 mai lance des appels. Et d'ajouter résolue : "on va continuer".

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