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Des exemples de travaux récents

Test sur les matériaux biodégradables sur culture de tomate.

Matériaux biodégradables :
une singularité de la station, une expertise nationale

Une thématique fait la singularité de la station à l’échelle nationale : il s’agit des biomatériaux ou matériaux biodégradables. Depuis leur arrivée en filière légumière il y a une vingtaine d’années, la station s’impose comme la référence nationale pour l’étude des matériaux biodégradables utilisés en paillage et en palissage. L’objectif est de vérifier s’il est pos- sible de remplacer les matériaux plastiques issus de matières fos- siles à recyclage coûteux par des matériaux biodégradables ne faisant appel qu’à des quantités minimes de matières fossiles et ne demandant aucun recyclage. Ainsi, chaque année, ces expérimentations permettent à la station de recenser l’offre du marché : disponibilité, coût, composition. En assurant cette veille, un des objectifs de la station est que les fournisseurs ne référencent demain que les matériaux évalués et validés à Auray. Dans ces études, plusieurs critères sont notés : la résistance et la tenue des matériaux (paillage, clips, ficelle) dans des conditions réelles, leur biodégradabilité ou compostabilité, leurs conditions d’utilisation et enfin la viabilité économique de leur utilisation. Le protocole retenu pour évaluer ces critères compare sur culture de tomate deux modalités : d’une part une conduite 100 % plastiques (film en polyéthylène, clips et ficelle polypropylène) et d’autre part une conduite 100 % biodégradables. Le but pour les producteurs de tomates en sol et en hors-sol étant de pouvoir en fin de cycle broyer toute la culture pour l’enfouir ou la composter. Les résultats montrent que la conduite 100 % biodégradable est possible techniquement pour une culture de tomate en sol mais qu’elle reste onéreuse pour le producteur. Cependant, le temps nécessaire à la récupération, au tri et au recyclage de matériaux plastiques couvre les dépenses plus élevées liées à l’achat de matériaux biodégradables.

Des paillages de plus en plus fins se développent (6, 9 ou 10 μm) et ont déjà été testés sur la station.

Des alternatives aux paillages poly- éthylène et aux paillages biodégradables sont également en test. Ainsi, le comportement d’un paillage com- posé de chanvre et de lin est en place à Auray sur cultures de potimarron, tomate, rhubarbe et patate douce, il s’agit du geochanvre. Les essais menés sur la station montrent chaque année que de nombreux films biodégradables présentent des qualités techniques, mécaniques et agronomiques remarquables. Le prix reste le principal frein au développement de ces films. Mais des paillages de plus en plus fins se développent (6, 9 ou 10 μm) et ont déjà été testés sur la station. En réduisant de moitié l’épaisseur, sans perte de résistance, les prix pour- raient alors diminuer. Par ailleurs, une réduction de l’épaisseur permettrait, de fait, une meilleure vitesse de biodégradation dans le sol et résoudrait par la même occasion la problématique de présence de particules dans les sols ayant reçu des films biodégradables parfois trop résistants ! Enfin, ce marché mérite de gagner en transparence au niveau de la composition, des références, des normes et labels afin que les craintes et les confusions avec les films oxodégradables s’effacent. Par ailleurs, une simplification et une harmonisation des normes ont permis récemment d’obtenir un standard de normalisation européen. Pour le moment, il est difficile d’établir une fiche technique faisant correspondre une culture à un film biodégradable car c’est au produc- teur de définir ses critères de choix prioritaires. Cependant, une fiche de bonnes pratiques liées à l’utilisation de ces films, rédigée sur la base de ces essais dans le cadre du CPA (Comité des plastiques en agriculture), est disponible sur simple demande auprès de la station. Ces essais sont financés dans le cadre du PRDA - Casdar (Programme régional de développement agricole pour le Compte d’affection spécial au Développement agricole et rural).

Vers plus de durabilité en maraîchage biologique

Par ce projet débuté en 2018, la sta- tion a comme objectif ambitieux de permettre un développement durable du maraîchage biologique :

➝ en réduisant les intrants (ferti- lisants, plastiques) et l’usage de l’eau,

➝ en allongeant les rotations des cultures sous abris,

➝ en améliorant l’efficacité éner- gétique,

➝ et en réduisant la pénibilité du travail.

Ce qui permettrait à terme d’améliorer l’autonomie des exploitations maraîchères. Ce projet est financé par France Agrimer et le conseil régional de Bretagne et est mené en partenariat avec l’Itab et la MSA. Il comporte deux actions : l’évaluation de l’utilisation d’un tunnel mobile et l’évaluation de matériels innovants autonomes et/ou d’assistance au travail.

matériaux biodégradables

Ainsi, la comparaison technico-économique porte sur un système tunnel fixe de surface N par rapport à un système tunnel mobile de surface 3 N dont un tiers est couvert. Le système tunnel mobile permet la désintensification des rotations sous abris et l’allongement des durées de culture. Comparativement à l’utilisa- tion d’un tunnel fixe classique, l’étude évalue sur une rotation de 3 ans les économies d’intrants réalisées (fer- tilisants, eau, matériaux plastiques en polyéthylène) par la mise en place d’une meilleure rotation qui intègre des engrais verts de longue durée et bénéficie d’un remplissage naturel de la réserve utile en eau du sol. Les gains économiques attendus par le système mobile sont calculés. Dans l’objectif de réduction de la pénibilité des opérations, trois conduites culturales en maraîchage biologique de plein champ sont également comparées dans ce projet : une conduite témoin (utilisant du matériel traditionnel), une conduite avec robot (Oz, Naïo Technologies) et une conduite assistée (Toutilo, ToutiTerre). Les conditions de travail et la rentabilité économique de ces trois conduites sont étudiées. Pour mener à bien cette expérimentation, une stagiaire, Nattida Juewong, a été recrutée pendant six mois (lire son témoignage dans le dossier).

 

Protections des cultures contre les organismes nuisibles : projet Syst’M-0R

La station a démarré en 2018 un essai-système nommé Syst’M-0R pour Évaluation d’un SYSTème à très bas intrants phytosanitaires en maraîchage conventionnel de plein champ de la moitié nord de la France visant le 0 résidus. Ce projet, financé dans le cadre d’Écophyto pour une durée de 6 ans, a pour but de tester sur une douzaine de cultures, une combinaison de leviers divers en n’envisageant les pro- duits phytosanitaires qu’en dernier recours. L’ambition de ce projet, est de trois ordres :

➝ Réduire l’utilisation de produits phytosanitaires dans un système maraîcher complet entre moins 50 et moins 100 % selon les cultures et les années.

➝ Produire des légumes avec "0 résidus" en produits phytosanitaires.➝ Ne pas utiliser de produits classés CMR (Cancérigène, Mutagène,Reprotoxique).
Le prérequis pour ce projet est de travailler comme dans une exploi- tation maraîchère sur l’ensemble du système de culture : ici les 14 principales espèces, dont certaines en multiples séries et pour d’autres sur plusieurs créneaux. Ainsi, dans cet essai, deux systèmes de cultures sont mis en place :

➝ un système de référence (système témoin) correspondant aux sys- tèmes moyens nord de la France et représentatif des pratiques des maraîchers,

➝ et un système innovant à très bas intrants. Ce système doit per- mettre une simplification dans la mise en œuvre des leviers mobilisés tout en maintenant une compétitivité de l’exploitation.

L’enjeu est de standardiser cette gestion tout en gardant une bonne efficacité de contrôle des bioagresseurs. La connaissance des itiné- raires à la culture étant déjà maîtrisée, la plus-value de ce projet est la combinaison des leviers et conduites à l’échelle du système. L’objectif final est de proposer aux maraîchers une rotation sur 5 ans, intégrant 14 des principales cultures maraîchères, qui puisse constituer un exemple de système de culture maraîcher utilisant un minimum de produits phytosanitaires. Ce modèle décrira un nouveau système de culture "simplifié" ainsi que les règles de décision permet- tant la gestion des principaux bioagresseurs des cultures maraîchères de la moitié Nord et Ouest de la France.

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