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Voyage d'études en Angleterre
Des idées à transposer chez nous

Fin septembre, un groupe d'éleveurs laitiers finistériens est allé à la découverte d'exploitations anglaises atypiques, s'inspirant de techniques de production néo-zélandaises. Hervé Léal compte bien retirer de ce voyage quelques idées à mettre en pratique chez lui.

Une organisation du travail ultra-rationnalisée : la salle de traite de conception néo-zélandaise au milieu des pâtures, un troupeau métissé fertile, 90% des 500 vêlages en 6 semaines…
Une organisation du travail ultra-rationnalisée : la salle de traite de conception néo-zélandaise au milieu des pâtures, un troupeau métissé fertile, 90% des 500 vêlages en 6 semaines…
© Chambre d'agriculture

"Les fermes que nous avons visitées sont à des années-lumière de ce qui se fait chez nous", reconnaît Hervé Léal. Installé à Saint Divy, le jeune producteur de lait avait déjà eu l'occasion de croiser Tom Phillips, et n'a pas hésité une seconde, quand il a su qu'un voyage d'études s'organisait. "J'ai déjà un système pâturant, avec 40 ares accessibles par vache et 160 jours de fermeture du silo. Mais je cherche à augmenter encore la part de l'herbe".

Maximiser le pâturage

Et ce qu'il a vu outre Manche le laisse rêveur. "Là-bas, le raisonnement économique est poussé à l'extrême, avec des vêlages de printemps et une lactation calée sur la pousse de l'herbe". Si les bâtiments sont réduits à leur plus simple expression, la priorité est donnée aux chemins, clôtures et abreuvement, afin de maximiser le pâturage. "Le parcellaire est groupé. Et chaque éleveur mesure la hauteur d'herbe toutes les semaines, pour savoir où il en est".
L'entrée dans la parcelle se fait tôt, à 9,5 cm d'herbe, la sortie quand l'herbe est rase, à 3,5 cm. Et les parcelles, un mélange trèfle-ray-grass, sont encore magnifiques 10 ans après leur implantation. "Pour mieux valoriser l'herbe, certains éleveurs, qui ne traient qu'une fois par jour, n'hésitent pas à avancer le fil 3 fois par jour. Et quand ils ont du stock sur pied, ils préfèrent faucher l'herbe avant l'entrée des vaches dans la parcelle plutôt que de couper les refus après pâturage". Deux idées dont Hervé compte bien s'inspirer. "Je vais aussi essayer le croisement sur certaines vaches, de façon à améliorer la fertilité". Plutôt que la jersiaise, au petit gabarit, il va tester la rouge suédoise. "Je devrai aussi gagner sur les taux".

Une nursery de 100 ha

Si ce voyage d'études lui a permis de voir de magnifiques installations de traite, dont une 2 x 44 places, il a également découvert des pratiques dont il n'avait jamais entendu parler. "Dans un des élevages, nous avons vu une parcelle de 100 ha, où 150 vaches de réforme étaient chargées de nourrir 300 veaux pendant 6 mois". Une façon de diminuer la charge de travail liée aux vêlages groupés. "Transposé ici, on pourrait imaginer 3 vaches, au potentiel moindre, et une dizaine de veaux, dans une petite parcelle".
Si ce système inspiré des néo-zélandais offre des revenus plus que confortables aux éleveurs, avec un EBE allant de 210 000 à 540 000 € et un EBE/produit de 25 à 64%, il présente aussi quelques limites , notamment du côté de la main d'oeuvre. "Ils ont un peu de mal à trouver des salariés : les polonais sont rentrés chez eux". Sans oublier un volet sanitaire déplorable. "Ils n'ont plus l'équivalent de nos GDS ni de nos chambres d'agriculture. Le conseil est privé".

 

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