Aller au contenu principal

Rallye grandes cultures en bio
Des itinéraires à la loupe

Quels sont les itinéraires techniques menés en grandes cultures chez les agriculteurs biologiques ? Si les essais manquent encore, l'expérience engrangée par les exploitants est importante. Pour échanger sur les pratiques, un rallye grandes cultures, organisé par le GAB, s'est déroulé jeudi dernier sur Neuillac.

 

 

"Pour la féverole, le rendement moyen est de 35 à 40 quintaux par ha sur des bonnes parcelles, les meilleurs rendements que j'ai eus, c'est quand je l'ai implantée très tôt, en février", remarque Gwénael Le Berre, cultivateur à Neuillac en visitant les parcelles de son presque voisin  David Joseph de Pontivy. "Celle-ci, je l'ai semée début mars sur 5,5 ha, après un blé et un labour à l'automne", dit il en disparaissant dans la végétation. Atteignant déjà une hauteur de 170 cm, la plante se plait dans ces parcelles  humides et limono-argileuses.  "Une terre d'alluvion où aucun champ ne ressemble à un autre". David Joseph s'est installé en 1986 à la suite de ses parents. "Ils n'étaient pas dans un système intensif, je ne l'étais pas non plus". Il cultive désormais 38 ha en orge, blé, épeautre, maïs, blé noir, féverole, pommes de terre….Le Canal de Nantes à Brest serpente à quelques centaines de mètres de ses champs. "En 2000, je suis passé en bio parce que le système ne me plaisait pas, j'avais besoin de retrouver une certaine indépendance",  affirme t-il pour expliquer sa motivation. Quant aux itinéraires techniques ? "C'est parfois un peu empirique, il faut faire des essais, alors des journées comme ça, si ça peut aider les autres!". Depuis quelques années, le temps de se faire connaître, David Joseph écoule l'ensemble de sa production en vente directe auprès, d'autres agriculteurs bios. 

 

 "Cette année, la féverole est vraiment belle, je la récolterai vers la mi août, elle va encore gagner en hauteur. Elle partira en vente directe pour des éleveurs laitiers en vache ou chèvre". "Et en ensilage ? Tu as essayé, c'est tentant", interroge un éleveur, "On est capable de produire des protéines, la preuve, il faut que les éleveurs se reprennent en main".  "Ca fait envie", poursuit une exploitante. Et la conversation continue. "Mettre du fumier sur de la féverole, ce serait vraiment une aberration, c'est une légumineuse et puis derrière, ça laisse de la paille, c'est bien pour retaper le sol", complète Davis Joseph. Devant son maïs implanté le 6 mai, l'exploitant est moins satisfait. "J'ai été trop tard pour décompacter, je n'ai pu le faire qu'aux extrémités du champ, c'est l'erreur, surtout après avoir ramassé des pommes de terre en condition limite", explique t-il. Plus loin, un autre parcelle, le maïs est plus vigoureuse : "il y a une semaine d'écart entre les deux semis, il est plus poussant. J'ai décompacté.   En bio, la moindre erreur se voit tout de suite, sans rattrapage possible", admet-il. D'où l'intérêt de pouvoir se référer à des essais et des itinéraires techniques. "Nous avons maintenant des références que nous rassemblons au niveau régional et diffusons, ces journées techniques contribuent aussi à renseigner et permettre aux agriculteurs d'échanger sur leurs pratiques", souligne Céline Rolland, animatrice, Groupement des Agriculteurs biologiques.

Claire le Clève 

 

 

 

L'agronomie, c'est plus subtil que les maths

"Il y a beaucoup d'a priori sur le blé de printemps. Or, par rapport à un blé d'hiver, c'est mieux car il arrive en plein dans la minéralisation naturelle de la parcelle parce que franchement, il n'y a rien de pire que de voir jaunir son blé d'hiver en février",  indique Gwénael Le Berre, installé depuis Octobre 1995. En 1997, il a commencé la conversion en bio de ses 55 ha de cultures "pour l'autonomie". Sa spécialité ? "La culture de plants de pomme de terre, c'est ¾ de mon temps de travail et de mes revenus". Avec 5 autres producteurs, ils ont acheté un bâtiment en commun pour le stockage et l'expédition des plants. "En trois ans, j'ai vu la structure de mes sols se refaire et la satisfaction, c'est de voir la fertilité de ses sols retrouvée, c'est essentiel". Pour l'exploitant, l'important est de raisonner sur l'ensemble de ses parcelles, "je préfère avoir moins de rendement sur une culture et me rattraper ensuite sur mes patates". L'essentiel : "Le retour au sol des matières carbonées". Les mauvaises herbes ? "Il faut se contenter de les contenir".  Le truc en plus ? "Les micro-organismes qui travaillent pour moi, c'est mon seul élevage. On nous enseigne l'agronomie comme des maths, c'est plus subtil que ça à cause des micro-organismes qui s'affairent pour nous".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le cheptel porcin chinois reconstitué, la filière française en crise
Le ministère de l’Agriculture chinois vient de révéler que le nombre de porcs vivants sera bientôt au même niveau qu’avant la…
"Une démarche remplie d’espoir et de sens"
Quatre ans après la création de "C’est qui le patron ?!", son fondateur, Nicolas Chabanne, revient sur l’évolution de la marque…
Pompiers volontaires : Laïta favorise l’engagement de ses salariés
Une convention avec le Sdis 29 l’a officialisé : Laïta va octroyer jusqu’à 10 jours par an à ses salariés sapeurs-pompiers…
La grange du Guilar, un nouveau magasin à la ferme à Bodilis (29)
Le premier confinement a multiplié son activité de vente à la ferme par quatre ! Pour offrir à sa clientèle une plus large gamme…
Le boycott des produits français : quel impact pour la Bretagne ?
Les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis le samedi 24 octobre dans plusieurs pays du Moyen-Orient…
Les agriculteurs sous la loupe de l'Insee
Les chiffres agricoles de l'Insee confirment les impressions du terrain mais alertent sur la baisse du nombre d'agricultrices. En…
Publicité