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Des perspectives pour les éleveurs de volailles du Gaevol

La filière volaille française semble aujourd’hui redresser la tête. Et au sein de la Société bretonne de volaille (SBV), filiale du groupe LDC qui a repris l'an dernier les outils d'abattage et de transformation de Sofiprotéol, les volumes sont en progression. Mais des investissements vont encore être réalisés pour reconquérir un marché français approvisionné à 40 % par du poulet importé.

100 millions d’euros au total vont être investis dans les trois ans dans les outils d'abattage et de transformation de la SBV. Cette nouvelle entité a été formée il y a à peine un an suite à l'acquisition des outils de Sofiprotéol (aujourd'hui Avril) par LDC, leader français et européen de la volaille qui détenait déjà six sites industriels en Bretagne. "L’ambition est de faire de SBV le spécialiste en PAI (produits alimentaires intermédiaires) et RHD en France et en Europe. Et de regagner 20 000 tonnes sur les volumes importés en frais", a détaillé Dominique Thereau, directeur de la SBV devant les éleveurs de volailles du Gaevol réunis en assemblée générale le 18 mars à Pontivy (56).

Les investissements prévus ont pour objectif d'augmenter la capacité des outils industriels, les spécialiser dans leurs métiers et ainsi améliorer leur compétitivité. La capacité va notamment être augmentée chez Boscher volailles qui sera orienté à 100 % sur les mâles en 2016 et où les abattages ont progressé de 10 % en 2015. Celvia Sérent (ex Doux) va être également spécialisé sur le poulet lourd : 10 millions d’euros vont y être investis et la production doublée. Des investissements sont aussi annoncés sur Kéranna (6 Mio€ sur deux ans), LDC Lanfains (4 Mio€), Celvia dindes (4 Mio€) et Procanar Lauzach (23 Mio€ au total).

L'origine France, un atout

Cette dynamique à l'aval offre de bonnes perspectives aux 300 éleveurs bretons du Gaevol, historiquement adossé à Sanders et Avril, et qui livrent aujourd'hui leur production à la SBV. "Notre organisation en filière est un atout très fort, remarque Stéphane Athimon, animateur du Gaevol. La production est en permanence en adéquation avec les demandes des clients". De nouveaux marchés se développent. D'autres sont confortés, comme en témoigne le partenariat signé le mois dernier au ministère de l'agriculture entre McDonald's, Boscher volailles et le Gaevol. Un contrat qui amène de la visibilité avec un engagement de volumes sur trois ans.

Dominique Thareau souligne un autre atout pour la filière : "Les demandes de l’origine France progressent à notre niveau". Paul Lopez, président de l’association européenne des abattoirs de volailles, a quant à lui salué la mise en place à titre expérimental en France de l’étiquetage d’origine sur les produits transformés : "Retrouver de la compétitivité passe entres autres par l’indication d’origine. Cela fait des années qu’on le demandait".

Et si la reconquête de la compétitivité est cruciale pour l'aval de la filière, l'amont n'est pas en reste avec de nouveaux investissements en élevage. "Avec les aides régulières faites à la rénovation, on a un parc moderne", estime Stéphane Athimon. En 2015, 35 élevages ont ainsi été subventionnés par le Gaevol pour des travaux de rénovation pour une aide totale de 182 000 euros (aussi abondée par Sanders).

Des attentes sociÈtales fortes

La filière peut compter sur des perspectives de développement de la consommation de poulet très positives en France comme partout dans le monde. En parallèle, les attentes sociétales sont de plus en plus fortes. "Le bien-être et la baisse de consommation des antibiotiques deviennent des sujets très prégnants à travers le monde, note Stéphane Athimon. Nous avons une petite longueur d’avance car un client (McDo, NDLR) nous a permis de progresser là-dessus mais ne nous endormons pas. Nous sommes les premiers en France sur le critère des pododermatites, mais les moins bons en Europe. Il faut trouver les moyens d’être au moins au niveau de nos compétiteurs". Pour limiter les pododermatites, un des critères du bien-être, des leviers sont clairement identifiés, comme le sol bétonné, dont la mise en place est aidée par le Gaevol et Sanders.

"Bien sûr, les éleveurs du Gaevol sont conscients qu’il leur faut à la fois contribuer à l’amélioration de la compétitivité de la filière, et répondre aux attentes de la société civile. Ils le montrent depuis des années, en investissant massivement, soulève Stéphane Dahirel, le président du groupement. Mais nous entendons être rémunérés à la hauteur des capitaux investis et du travail fait dans nos élevages". Et face aux enjeux de la filière, le président du Gaevol attend des pouvoirs publics d'une part qu'ils appuient la démarche de transparence de l'origine des produits, d'autre part qu'ils défendent les intérêts de l'agriculture lors des négociations commerciales entre l'Europe et les États-Unis en refusant, notamment, l'import de carcasses de volailles traitées chimiquement.

Influenza : des répercussions sur toute la filière

76 cas d'influenza aviaire hautement pathogène ont été confirmés dans le Sud-Ouest depuis novembre dernier. Face à l'importance de l'épizootie, un arrêté a été pris le 8 février 2016. Il s'appliquera sur tout la France dès le 1er juillet. Le précédent arrêté datait de 2007, un seul cas en élevage avait alors été identifié.

Aujourd’hui les exigences sont revues à la hausse avec le nouvel arrêté dont l’objectif est à "un renforcement global de la biosécurité qui implique des aspects réglementaires, documentaires", précise la vétérinaire Ghislaine Eddaraï.

Tous les élevages de volailles vont devoir formaliser un plan de circulation sur l’exploitation, un plan de gestion des flux (matériels, animaux, sous-produits...), tenir quotidiennement le registre du personnel, définir un plan de nettoyage et désinfection... Certaines mesures sont déjà mises en place par les éleveurs du groupement, d'autres sont plus contraignantes comme d'assurer nettoyage et désinfection de tous les véhicules entrant sur le site de l'exploitation ! Ces mesures, relativise la vétérinaire, doivent être vues "comme des opportunités pour changer quelques petites habitudes et améliorer des points sanitaires qui peuvent avoir d’importantes répercussions sur les résultats".

Si les conséquences économiques de l'influenza sont extrêmement importantes dans le Sud-Ouest, elles le sont aussi "pour l’ensemble de la filière", souligne Stéphane Athimon. " Si un cas venait à être décelé dans le grand-Ouest, la filière export serait en grand danger, ce que personne ne veut".

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