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LÉGUMIERS
Des producteurs manifestent à Rungis

Tomates et poireaux belges, courgettes espagnoles, concombres et melons turcs, salades allemandes, raisins italiens, pommes polonaises... les quelque 150 producteurs qui se sont rendus au marché de Rungis, puis dans les centrales d'achat de Leader Price et de Champion le 25 septembre, en région parisienne ont été particulièrement édifiés par les différentes origines des produits commercialisés sur le marché français.

Chez Leader Price, par exemple, 80 % des produits stockés sont d'origine étrangère. Un bon point en revanche pour la plate-forme Champion située quelques kilomètres plus loin : les produits français y sont davantage présents. Mais l'enseigne a la réputation d'être très dure avec ses fournisseurs en matière de prix.  "Jamais la situation n'a été aussi catastrophique et les intermédiaires continuent d'acheter massivement à l'étranger. Trop d'importations tue le marché français", s'indigne Jacques Rouchaussé, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de légumes.
Pire : les producteurs venus pour la plupart du Midi, de la Bretagne, de la Manche, des Pays de Loire et de la Champagne ont été décontenancés par la qualité des denrées présentées. Des tomates belges vertes ou pourries, des calibres défectueux, des lots hétérogènes, des mentions trompeuses qui laissent croire à une origine française, des produits défraîchis qui seraient systématiquement écartés en France. "Ce n'est pas de la qualité, c'est de la m...", déplorait Jacques Rouchaussé.  Les producteurs ont même identifié des produits importés frauduleusement. Comme ces tomates cerise du Maroc repérées chez la plate-forme Champion, déjà conditionnées et  prêtes à être commercialisées. Alors que leur importation ne sera autorisée qu'à partir du 1er octobre. Les producteurs ont obtenu de la direction que les quelques palettes soient mises à la benne. "Vous êtes les fossoyeurs des maraîchers français", a lancé une productrice de légumes.

Avertissement
Les producteurs français dénoncent une réglementation phytosanitaire plus draconienne en France que chez nos voisins. Un coût de main-d'œuvre plus élevé en France de l'ordre de 13 €/heure, y compris par rapport à l'Allemagne qui fait appel à des travailleurs biélorusses à 7€/heure. Les Espagnols  ne sont pas en reste. Ils n'hésitent pas à faire appel à une main d'œuvre clandestine ou sud américaine, polonaise ou marocaine qu'ils paient au lance-pierre (4€/heure).
Les grossistes reconnaissent les difficultés de la filière, celle des producteurs mais aussi les leurs. "Nous avons tout à fait conscience qu'il existe un réel problème de compétitivité", avoue Bernard Piton, le président des grossistes de fruits et légumes.  Et de mettre en avant le prix du fioul qui grève les transports, la pression des clients à la recherche du prix le plus bas.  Sans parler des prochaines taxes sur les camions que prévoit de mettre en place le gouvernement dans le cadre du Grenelle de l'environnement qui va renchérir les charges.
Laurent Grandin, responsable du secteur restauration collective chez Pomona, pointe les marchés publics qui cherchent à s'approvisionner au meilleur prix.  Pour Jean-Claude Reverdy, président des grossistes fruits et légumes de Rungis, la loi du commerce s'impose à tout le monde : "nous avons des courants commerciaux à satisfaire quelle que soit la situation du marché, en excédent ou en pénurie". Les grossistes ne feraient que répondre aux exigences de leurs clients pour justifier les importations.
Mais dans cette conjoncture difficile, les producteurs souhaiteraient que les intermédiaires fassent preuve de solidarité. "Pourquoi ne pas jouer la carte française quand le marché s'effondre", plaide Jean-Paul Douillard, le vice-président de la FNPL. "Nous sommes venus avec le drapeau blanc pour tirer la sonnette d'alarme, la prochaine fois, cela ne sera pas pareil", confie un producteur. "Si dans les semaines qui viennent, il n'y a pas de changement de comportement des intermédiaires, je ne réponds pas de l'attitude des producteurs", a lancé, en guise d'avertissement, Jacques Rouchaussé.

A lire dans le prochain Terra (vendredi 10 octobre) l'interview d'Angélique Delahaye, présidente de la FNPLégumes

La FNPLégumes reçue rue de Varenne

Après la manifestation, une délégation de la Fédération nationale des producteurs de légumes a été reçue au ministère de l'Agriculture par Michel Cadot, le directeur de cabinet de Michel Barnier. L'occasion de lui décrire par le menu les dysfonctionnements observés dans la filière tant dans les pratiques commerciales que dans la qualité des produits importés, voire des comportements frauduleux. Sans oublier les distorsions de concurrence dont sont victimes les producteurs français par rapport aux producteurs étrangers (qualité, sécurité, environnement, lois sociales). Le représentant du ministre s'est montré intéressé par l'idée des producteurs de proposer dans la restauration collective des légumes répondant à des conditions de production compatibles avec le développement durable. C'est-à-dire conciliant à la fois les contraintes de l'économie, les exigences sociales et la protection de l'environnement.

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