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PRIX DU LAIT
Des raisons d'être optimiste pour le 3e trimestre

Les marchés sont actuellement bien orientés et la saisonnalité va devenir positive. Les éleveurs laitiers ont donc des raisons d'espérer une hausse sensible du prix du lait. Pascal Clément, président de la FRSEA Ouest lait commente les derniers éléments de conjoncture et les débats interprofessionnels.

Pascal Clément
Pascal Clément
© Terra

Au cours des derniers mois, les marchés des produits industriels se sont maintenus à un niveau élevé. Depuis début avril, le marché du beurre a même été nettement haussier, avoisinant les 3 100 ?/tonne, alors que les cotations étaient inférieures à 2 200 ?/t en avril 2009. Face à cette situation, la Commission européenne a décidé de mettre en marché une partie des stocks publics de produits industriels, ce qui a été jugé irresponsable par la FNPL dans un communiqué du 21 mai.

 

 

Saisonnalité et indice économique positifs pour T3

Selon l'accord du 3 juin, le calcul du prix du lait se calcule en trois étapes. La référence de calcul reste le prix moyen annuel de l'année précédente, soit 278,80?/1 000 l hors flexibilité. A ce prix moyen, 2 indices s'appliquent. Le premier, l'indice économique, permet de tenir compte de l'évolution des marchés; il est élaboré chaque trimestre par le Cniel.
Le second est l'indice de saisonnalité, qui permet de tenir compte de la saison. L'indice de saisonnalité a été déterminé mois par mois pour 2 ans par le CilOuest. Pour le 3e trimestre, il sera positif. Il augmentera le prix de +15?/1 000 l en juillet et +30?/1 000 l en août et en septembre 2010.
Analysant toutes ces données, Pascal Clément s'exprime de manière plus optimiste qu'au trimestre dernier. "La bonne orientation des marchés laitiers devrait se traduire par un indice économique positif, de l'ordre de +10%. De plus, la hausse de l'indice de saisonnalité est acquise pour le 3e trimestre, poursuit-il. Les éleveurs laitiers peuvent s'attendre à une évolution réelle du prix du lait pour les mois à venir".
Selon la FNPL, on ne peut pas parler de prix sans parler de volume ! Les producteurs sont en attente de savoir quel volume ils pourront livrer pour la campagne 2010-2011. Les producteurs veulent aussi savoir si la France va enfin se donner une dynamique laitière.
"Certains transformateurs verraient bien un accrochage du prix sur l'Allemagne tout en maintenant  une gestion des volumes à la française, explique Pascal Clément. Avec un accrochage sur le prix allemand, il faut s'attendre à des variations de prix extrêmes, allant de 400?/1 000l quand les marchés flambent et tombant à 200?/1 000l quand ils sont bas. Ce système ne peut pas nous convenir. Nous pouvons redouter que les périodes de prix bas soient plus durables que les périodes d'euphorie, et d'autre part, je ne crois pas que les industriels soient mieux équipés pour gérer des fluctuations de prix que les producteurs. Souvenons-nous du début d'année 2008 !", réagit Pascal Clément.
Ce à quoi Marcel Denieul, président de la section lait de la FRSEA Bretagne, ajoute que "les producteurs allemands bénéficient d’avantages concurrentiels par rapport aux collègues français (plan d’aide de l’Etat, système fiscal plus avantageux, main d’œuvre moins chère,…). Par ailleurs, les producteurs français ont fait des efforts en termes de maîtrise des volumes de production. Il serait donc parfaitement injuste qu'à ces faibles volumes s'ajoutent de faibles prix !".
L'alignement systématique sur le prix allemand nécessiterait, d'autre part, que la France aborde la gestion des volumes de la même manière qu'en Allemagne : tout le volume disponible réglementairement. "Ce serait destructeur en termes de valeur ajoutée", dénonce la FNPL. "Par ailleurs, la comparaison au mois le mois des prix entre la France et l'Allemagne n'est pas raisonnable, puisque la saisonnalité Outre-Rhin n'existe pas !", conclut Pascal Clément.

 

Le dialogue interprofessionnel se poursuit

Depuis le 18 mars, date de la convocation des familles professionnelles par le ministre, la FNPL, la FNCL et la Fnil ont travaillé à l'élaboration de 3 nouveaux indices, sans trouver  un consensus. "Les discussions restent fermes et tendues, mais il n'y a pas d'autres solutions de s'entendre pour savoir quel volume produire, et de quelle façon le rémunérer, au mieux, pour les producteurs. La survie d'un grand nombre en dépend", commente Pascal Clément. La FNPL a la ferme volonté de trouver des solutions pour un rapport gagnant-gagnant", ajoute-t-il.

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