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"Des résultats au delà de la mobilisation"

Ni amertume, ni aigreur dans "le coup de gueule" que pousse aujourd'hui le président de la FDSEA du Morbihan, Frank Guéhennec, dans les colonnes de Terra. Juste besoin que les consciences sortent de leur torpeur et s'ébrouent, pour passer à l'action. Après l'accord trouvé avec Lactalis, à son retour du meeting de la FNSEA à LamottP-Beuvron, motivé, le leader syndical en appelle à la re-mobilisation des troupes. Une mobilisation qu'il juge aujourd'hui "très en deçà des enjeux et des résultats obtenus". Point de vue.

Frank Guéhennec en GMS à Vannes lors des actions de déréférencement des produits Lactalis
Frank Guéhennec en GMS à Vannes lors des actions de déréférencement des produits Lactalis
© Claire Le Clève

 

De la lassitude, il pourrait y en avoir. "Cela fait plus d'un an et demi qu'on maintient une pression sans relâche, avec des actions fortes et un investissement très important d'un certain nombre de responsables syndicaux...et quand on a besoin du réseau et des agriculteurs pour pousser et transformer l'essai, il n'y a pas grand monde", constate, sans amertume ni désolation, l'éleveur laitier, installé en Gaec à Camors. Et des raisons pour justifier ces rangs si clairsemés, il en trouve encore, tant quand il s'est agit, dernièrement, de partir en renfort auprès des collègues de Mayenne, à Laval, que de vider quelques rayons des camemberts Président, l'une des marques Lactalis. Tout un symbole lors du bras de fer qui opposait les producteurs laitiers au leader mondial. "Je sais qu'il y a eu la période particulière des vacances, je sais que cette crise est difficile dans toutes nos filières mais parfois, je finis par douter de son ampleur à voir le manque de réaction et de mobilisation". Atonie générale ? Résignation ?

L'heure des acquis et du bilan

Dommage, estime le représentant syndical, à l'heure des comptes et des perspectives qui siéent à une rentrée, toute syndicale soit-elle. "Depuis le 3 septembre 2015, il y a eu des avancées qu'on est allé chercher une à une". Et de citer "le FAC, Fonds d’allègement des charges, le dégrèvement de la taxe foncière - qui représente 700 000 euros sur le département du Morbihan -, l'allègement des cotisations de 10 points - c'est 20 % des charges MSA en moins -". Et si les revenus de la ferme morbihannaise sont mis à mal, "cela ne sera pas toujours le cas et cet allègement est un acquis, pour longtemps. Quand la situation se redressera, ce sera du net pour nos exploitations", insiste-t-il, citant également au rang des bonus engrangés, "l’étiquetage pour l'identification du produit français car derrière, s'ouvre la possibilité de valorisation sur le marché intérieur". Acquis toujours quand il s'agit d'évoquer la gestion très départementale en cellule de crise. "Nous l'avons obtenue pour le Morbihan", ou encore l'aménagement de l'année blanche avec le travail conjoint des parlementaires. "Nous les rencontrons tous les trimestres". Résultat ? "Une solution adaptée. Les agriculteurs ne sont plus seuls face à leur banque. C'est la DDTM qui fait la requête, mais pour peser, encore faut-il que les éleveurs en fassent la demande". Or 52 dossiers auraient pour l'instant été déposés, distillant le doute, "de la déception et de la colère aussi". C'est dit.

"Pour un syndicat de solutions"

"On se démène pour simplifier la vie des agriculteurs, qu'un maximum d'entre-eux aient accès au dispositif obtenu qui peut ramener de la trésorerie et pas grand chose ne s'enclenche derrière". Et de s'interroger. "On se demande si ça va si mal que cela dans les exploitations !", lance-t-il, provocateur, puis sur le mode du doute, "si on est dans le vrai !". Et de renchérir sur les actions menées face au leader mondial Lactalis. "Nous avons fait plier ce mastodonte. Les autres (entreprises laitières) ne pourront pas déraper, c'est un signal fort", appuie-t-il tout en regrettant : "la mobilisation morbihannaise n'a pas été à la hauteur de l'enjeu". Car derrière se profile la question de la légitimité des actions."Si on ne représente que nous-mêmes, ça ne vaut pas la peine". C'est donc à un sursaut qu'appelle Frank Guéhennec. "On ne pourra pas tout attendre des autres", prévient-il dans cet appel à "prendre notre avenir en main". Côté bilan, pour Lactalis "sur 500 000 litres de lait, c'est plus de 8 000 euros de retour. Qu'est ce que c'est par rapport à une cotisation syndicale de 186 euros ! On a besoin d'être soutenus par votre présence à nos côtés sur les actions, par des adhésions pour construire des solutions adaptées avec nos collaborateurs. C'est pour cela qu'on s'est engagé. Ma détermination reste intacte. Soutenez- nous pour un syndicat de solutions".

Claire Le Clève

 

 

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