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FDSEA
Des réunions d'arrondissement sous tension

Elles étaient programmées depuis longtemps mais l'actualité a rattrapé les réunions d'arrondissement de la FDSEA. Ambiance tendue, sur fond d'inquiétude.

"Et maintenant, on fait quoi ?" Il est 21 heures, jeudi soir, au lycée horticole de l'Aulne, à Châteaulin. La FDSEA y a invité l'ensemble des adhérents de l'arrondissement à venir échanger sur les thèmes d'actualité. Et, justement, en lait, l'actualité est brûlante, un accord ayant été trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi entre producteurs et transformateurs, à 280 €/1 000 litres pour l'année 2009. "Ca, c'est le discours, s'insurge un producteur de lait. La réalité, c'est que personne, ou presque, ne sera payé ce prix-là. Avec la flexibilité additionnelle, certaines laiteries ne paieront que 262 €".

Un accord de dupes

"C'est un accord de dupes", confirme Thierry Merret, le président de la FDSEA, qui n'a pas hésité, aussitôt les termes de l'accord connus, à faire connaître son opinion via un communiqué de presse. "La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs dénoncent l'accord sur le prix du lait, conclu sous pression gouvernementale, à la veille des élections européennes". Ce qui énerve les syndicalistes ? "Il donne à croire que tous les producteurs seront payés 280 €. Or, il ne concerne que 25% d'entre eux".
Et les calculs sont vite faits. "Dans le Finistère, la perte est estimée, en moyenne, entre 1 400 et 1 900 € par mois". Autant dire que les producteurs ne résisteront pas longtemps ! "Depuis 2006, les charges ont augmenté de 45 €/1 000 litres, indique Ronan Le Meur, vice-président de la FDSEA. Aujourd'hui, les centres comptables estiment que 17% des exploitations laitières ont un revenu négatif. Si le prix moyen 2009 est de 250-260 €, ce sera une exploitation sur 3 !"
Et la seule diminution du prix du lait fera perdre 280 millions d'euros à la ferme Bretagne en 2009. "C'est trois fois plus que ce qu'on va perdre avec la réforme de la Pac, explique Thierry Merret. C'est bien la preuve que c'est le prix qui fait le revenu !"

Pour une meilleure répartition des marges

Mais la colère des producteurs ne s'arrête pas là. "La médiatisation de cet accord dans le détail est un scandale, estiment la FDSEA et les JA. Les premiers à en profiter seront les centrales d'achat qui exigeront une diminution du prix de vente des produits laitiers".
Voilà bientôt deux semaines que les producteurs de lait bloquent les accès des grandes surfaces, alternant enseignes et zones géographiques, pour faire entendre leur revendication d'une répartition plus juste des marges au sein de la filière. "Aujourd'hui, le transformateur équilibre ses comptes, la grande surface garde toute la marge et le producteur sert de variable d'ajustement", résume Ronan Le Meur. "L'écart ne cesse de croître entre le prix payé producteur et le prix payé par le consommateur, rajoute Claire Loiseau, la directrice de la FDSEA. En 18 ans, le prix du boeuf au détail a grimpé de 50%, celui payé producteur a régressé de 15%. En porc, le prix à l'étal a progressé de 16%, tandis que le producteur a vu le prix qu'il touche fondre de 30%".
Si un observatoire des prix et des marges a bien été mis en place, il n'a toujours pas permis de connaître l'exacte répartition de celle-ci au sein de la filière. "Et nos élus se défaussent, tempête Emile Riou, premier vice-président de la FDSEA. Ils veulent nous faire croire que tout ce qui arrive est de la faute de l'Europe". "L'Europe reste un bouc-émissaire facile, rajoute Marc Cozien, élu à la chambre d'agriculture. Personne ne veut affronter la grande distribution".

Que faire ?

"Mais comment se faire entendre". Si le constat est partagé par tous, les producteurs ne savent plus comment faire prendre conscience aux pouvoirs publics des difficultés dans lesquelles ils se débattent. "S'il y a des arrêts de production, c'est toute l'économie bretonne qui va en pâtir", rappelle Thierry Merret. Et la situation d'Unicopa ne fait que plomber un peu plus un climat déjà fort morose. "Est-ce que notre lait sera payé en juin", s'inquiète une productrice.
"Il va falloir apprendre à gérer avec des hauts et des bas, résume un producteur. Mais, pour le moment, on ne sait pas faire". Les producteurs demandent un aménagement de la LME, la loi de modernisation de l'économie, qu'ils trouvent un peu trop taillée sur mesure pour servir les intérêts de la grande distribution. "Il faut obtenir que l'agro-alimentaire ne rentre pas dans le champ d'application de la LME : elle est prévue pour des grands groupes, et ne peut pas s'appliquer à des PME, qui font l'essentiel du tissu de l'agro-alimentaire". Pour faire avancer leurs revendications, rendez-vous est pris pour le dimanche 7 juin, en soirée, "pour une action inter-régionale".

 

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