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Conversion à la bio
Deux années à ne pas rater

La conversion nécessite de changer ses pratiques deux ans avant de pouvoir commercialiser sur le circuit bio. Deux années difficiles, tant sur le plan technique que financier !

Christian Le Bihan, légumier en conversion bio à Cléder, et Solenn Pérennec, conseillère à la chambre d'agriculture, spécialisée en légumes bio, ont témoigné durant l'assemblée générale du comité de développement de la zone légumière, le 19 janvier dernier.
Christian Le Bihan, légumier en conversion bio à Cléder, et Solenn Pérennec, conseillère à la chambre d'agriculture, spécialisée en légumes bio, ont témoigné durant l'assemblée générale du comité de développement de la zone légumière, le 19 janvier dernier.
© Chantal Pape

"Nous avions signé un CAD environnement. Et ça fait 5 ans que nous pratiquons le désherbage mécanique pour le chou, le brocoli et l'artichaut". Engagé depuis mars 2010 dans une conversion vers la bio, Christian Le Bihan a franchi les étapes les unes après les autres, histoire d'avoir une idée de ce qui l'attendait. "Mais passer au bio, ça change énormément". Et le légumier clédérois de commencer par la fertilisation. "L'engrais bio, à 14% d'azote, coûte 600 €/t. Beaucoup trop cher ! Il nous faut donc faire autrement : couverts végétaux, fumier de bovin ou de dinde composté...". Pour se passer des traitements phytos, le choix variétal est encore plus crucial qu'en conventionnel. "Et si le rendement reste pratiquement le même en artichaut, il diminue en échalote".

Compliqué

"La phase de conversion est compliquée, confirme Georges Guézennoc, légumier à Kerlouan et bio depuis 2008. Il faut apprendre une autre façon de travailler. Et revenir aux fondamentaux de l'agronomie". Des bouleversements qu'il résume d'une belle formule. "Il faut deux ans pour reconvertir les terres à la bio. Pour la tête, aussi".

"Financièrement, la conversion est compliquée", rappelle Solenn Pérennec, conseillère à la chambre d'agriculture. Les deux premières années, alors que les pratiques ont changé, que certains rendements ont chuté, les ventes se font toujours en conventionnel. Les agriculteurs peuvent cependant bénéficier d'aides, notamment pour l'achat de matériel, ou de MAE, mesures agro-environnementales. "Une étude technico-économique permet de mieux cerner les choses".

Et le revenu ? "Le Grenelle de l'environnement a donné un coup d'accélérateur à la consommation", reconnaît Georges Guézennoc. A la conversion aussi, en lait, en légumes... "On connaitra peut-être encore des problèmes de commercialisation". Administrateur à la Sica, il exhorte les producteurs bio à s'engager. "Là comme ailleurs, il faudra s'organiser, mettre en place des outils pour défendre le prix". Et, en poursuivant son développement, la production n'échappera pas, non plus, à la recherche d'une certaine compétitivité. "Il faudra plus de performance technique".

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