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Le Tro Breizh agricole
Dialogue constructif à Locoal Mendon

Amené, dans un Tro Breizh, à recueillir l'avis des bretons sur leur agriculture, Michel Morin, Vice président du conseil régional, a effectué sa première étape morbihannaise à Locoal-Mendon, le 2 février dernier. Une feuille de route dense autour d'un débat constructif où la qualité des échanges l'aura emporté sur le nombre d'intervenants présents.

 

Le Tro Breizh agricole

Dialogue constructif à Locoal Mendon

 

 

Amené, dans un Tro Breizh, à recueillir l'avis des bretons sur leur agriculture, Michel Morin, Vice président du conseil régional, a effectué sa première étape morbihannaise à Locoal-Mendon, le 2 février dernier. Une feuille de route dense autour d'un débat constructif où la qualité des échanges l'aura emporté sur le nombre d'intervenants présents.

 

Noyaux durs des débats, le foncier et l'Agriculture Ecologiquement Intensive, ont cristallisé les échanges au cours de cette première étape morbihannaise. Département qui en comptera 2 sur les 11 inscrites à la consultation publique voulue par le Conseil régional*. Rien d'étrange à ce que la problématique de la consommation galopante des terres y occupe le devant de la scène (voir encadré). Un recul des terres agricoles devant la ville, "car elles sont toujours à prendre et quand elles sont prises, elles ne reviennent plus", déplore Patrick Guillerme, éleveur laitier à Theix, préconisant l'instauration "d'un droit pour les terres agricoles opposable à d'autres destinations". Recul des terres agricoles devant le paradoxe réglementaire "qui interdit à un agriculteur de construire un hangar agricole en zone NDS, un gaec de jeunes agriculteurs est parti de Belle Île à cause de cela", constate avec dépit Yves Briend, conseiller général du canton de Belle Ile en Mer. Recul de l'agriculture devant le littoral et de sa loi éponyme, paralysante pour Philippe Leray, agriculteur et conseiller général du canton d'Auray. "On a perdu 20 % de foncier mais sur la même période c'est 4 fois moins d'agriculteurs et des prix payés divisés par 10. Quelle agriculture veut on sur cette zone littorale où aucun jeune ne peut installer de siège d'exploitation ou de serre à cause de la loi littorale" relève-t-il.

 

 

Et le premier magistrat de la commune de Ste Hélène, Emmanuel Gicquel, de souligner l'effort mis à défendre l'agriculture littorale, souvent vainement. "Sur ma commune, un siège d'exploitation ostréicole à près de 2 millions d'euros est en vente, je n'ai aucun moyen pour empêcher cette vente en résidence secondaire" pointe t-il demandant la mise à disposition des communes de l'Etablissement public foncier régional. Mais Pour Marc Cozilis, maire de Queven, "on a besoin d'une agriculture péri-urbaine, et des outils existent pour intervenir au niveau du foncier dans les documents d'urbanisme et les SCOT (schémas de cohérence territoriaux)" note-il insistant "sur la nécessité de maintenir une trame verte et bleu qui coïncide avec la volonté citoyenne d'avoir des produits de qualité mais on manque d'agriculture biologique". Pour Hervé Pellois, conseiller général et maire de St Avé, "les agriculteurs collectivement sont les meilleurs défenseurs des terres agricoles, individuellement non", note t-il. Agriculteurs qui se sont dotés de Charte d'Agriculture et d'urbanisme "à la fois outil de diagnostic agricole et d'aides à la décision mais ne permet que d'émettre des avis", souligne Marie Christine Le Quer, agricultrice à Plouhinec, élue à la Chambre d'agriculture. Des avis qui ne sont pas des décisions. "A chacun de prendre ses responsabilités- souligne Laurent Kerlir, agriculteur et président de la FDSEA- la terre c'est notre support pour nourrir, pour le potentiel épandable, le foncier et sa perte représentent tout cela".

 

Claire le Clève

 

 

 

 

 

* A coté des 11 forums régionaux (le 18 février à Ploermel puis restitution le 22 avril à Pontivy), cette consultation se fait également par voie numérique sur internet ou chacun est invité à s'exprimer sur 5 questions allant des attentes sur l'agriculture en Bretagne en passant sur les moyens de maintenir une agriculture dynamique et encore, la question du revenu, celle de l'installation et de la formation. Site http://agriculture.bretagne.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

AEI ou Pas ?

 

Clivage sur la question de Michel Morin sur l'AEI.

Il y la les contre....

Opération marketing : "Ce ne sera qu'une opération marketing tant qu'il n'y aura pas d'obligation de moyens" pour Patrick Guillerme, de Solidarité paysanne.

Baise couillon : "Attention : avant on raisonnait avec des kg, aujourd'hui, en matière d'insecticides ou de pesticides, on raisonne en nanogrammes pourtant la toxicité est tout aussi forte, le grenelle 2, c'est un baise couillon" pour Gilles Agneau, président des apiculteurs du 56.

Et les pour...

On n'a pas le choix : "On souhaite promouvoir l'AEI, On va devoir produire avec moins de foncier et moins d'intrants. On n'a le choix que de faire mieux, l'AEI le permet", Laurent Kerlir, président de la FDSEA.

Un choix de développement : "C'est un choix de développement. Avec l'AEI, ont touche 50 % des agriculteurs et beaucoup d'hectares pour permettre de progresser. Avec la Bio c'est 3%." pour Patrice Le Penhuizic, agriculteur Bio, maire de Lauzach.

Un espace agricole dévoré

 

En 20 ans, les surfaces artificialisées ont doublé en Bretagne, portant à 4000 ha annuels, la surface agricole utile ayant dispararu entre 1985 et 2005. Entre 2000 et 2007, cette progression s'est encore accrue encore de 8 % essentiellement dans les zones périurbaines de Rennes, St Brieuc, Quimper, Vannes et Brest (9000 ha) et sur le littoral (3400 ha) sur les 25 000 ha grignotés, dont 16 000 pris aux terres agricoles. Pour le seul Morbihan (687 135 ha), dont la SAU couvre pour plus de la moitié, le département (374 993 ha), plus de 7000 ha sont sortis du champ agricole au profit de la ville. C'est proportionnellement plus que pour ses voisins du Finistère et des Côtes d'Armor. Attractif, le pays d'Auray qui compte encore 500 exploitations agricoles (sur 35 % de la superficie du territoire, ailleurs en Bretagne , la SAU en occupe 65 %) , a enregistré une forte croissance démographique. Plus de 15 % entre 1999 et 2007 alors qu'elle n'était que de 9 % sur le Morbihan. 47 % des résidences y sont secondaires. La population se regroupe sur la bande littorale qui compte 200 habitants au km2 quand ailleurs, sur le Morbihan, le densité est de 55 habitants au km2. On l'aura compris, ici plus qu'ailleurs, la consommation de l'espace rural y est vorace. Près de 2900 ha y ont été consommés en moins de 30 ans. Le rythme des constructions ne ralentit pas sur des parcelles qui, devenues urbanisables, sont 300 fois plus chères qu'un terrain agricole. De quoi susciter bien des appétits...

 

 

 

 

* A coté des 11 forums régionaux (le 18 février à Ploermel puis restitution le 22 avril à Pontivy), cette consultation se fait également par voie numérique sur internet ou chacun est invité à s'exprimer sur 5 questions allant des attentes sur l'agriculture en Bretagne en passant sur les moyens de maintenir une agriculture dynamique et encore, la question du revenu, celle de l'installation et de la formation. Site http://agriculture.bretagne.fr

 

 

 

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