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Dialogue de sourds chez Lactalis

D'un coté, une entreprise laitière leader mondial de son secteur qui se dit "victime de sa transparence", de l'autre des livreurs de lait structurés en organisation de producteurs qui ont le sentiment d'être les jouets de leur entreprise de collecte. Lors de l'assemblée générale de l'APLBL le 2 avril à Rennes, les échanges ont été courtois mais vains.

Ils avaient invité le représentant d'une organisation de producteurs de semences de maïs, travaillant en contrat avec Limagrain. Un invité pour l'exemple, pour prouver que la contractualisation entre producteur et collecteur peut "bien" fonctionner, dans le respect des intérêts des uns et des autres et au bénéfice de tous. Mais cette vision à peine idyllique dépeinte par l'animateur du SPMS, Jean-Paul Guery, n'a pas ému plus que cela les représentants de Lactalis, autres invités de l'assemblée générale des délégués des éleveurs de l'APLBL, mercredi à Rennes. Patrice Guilloux et Christophe Barayre ont, eux, rappelé que s'ils reconnaissaient les organisations de producteurs et "avaient pris le parti" de travailler avec un certain nombre d'entre elles, ("quand nous rencontrons l'Unell, nous rencontrons les OP"), les éleveurs livrant à Lactalis étaient d'abord liés par un contrat individuel.

 

"Application stricte des indicateurs de marché"

Et quitte à affirmer, autant le faire jusqu'au bout, Patrice Guilloux, le directeur adjoint appro lait Lactalis a donc déroulé dans le menu la logique maison en la bouclant par un "c'est nous qui déterminerons les volumes de mise en marché" qui aurait aussi bien pu clore les échanges. Mais sans doute, la remarque de Benoît Champalaune, vice président de l'APLBL, avait-elle été de trop : "nous sommes inquiets qu'à moins de 12 mois de l'après-quotas, on n'ait pas de réponse de Lactalis sur la gestion des volumes", le même Benoît Champalaune évoquant par ailleurs "l'aspiration des producteurs à parler d'autre chose que de prix"... même si cet aspect reste au cœur des attentes des producteurs.

 

De toute évidence, coté Lactalis, il n'était pas question d'aller plus loin que la nouvelle campagne : "On sent bien que la question de la gestion des volumes sera très prégnante" concédait encore Patrice Guilloux avant de conclure en rappelant l'engagement de Lactalis pour 2014 "sur l'application stricte des indicateurs de marché". Un propos pris au mot par Sébastien Amand, président de l'Unell (Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis), reprochant à l'entreprise laitière et sa gestion de la fin de campagne 2013-2014 et son refus d'appliquer les +25 euros des 1 000 litres mis en œuvre par le médiateur en les transformant en avance de trésorerie. Frédéric Lachambre, président de l'APLBL, a pour sa part conclu en réaffirmant l'importance du travail des OP dans la relation du producteur à son entreprise de collecte. Pour lui, il est indispensable que l'APLBL soit associée aux orientations de Lactalis.

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