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Différer l’achat de foncier pour faciliter l'installation

Compliqué, quand on s'installe, de trouver le financement pour acheter et rénover l'outil de production et acquérir le foncier. Pour aider les futurs agriculteurs, le Crédit mutuel de Bretagne, le Crédit Agricole et BPO ont imaginé une formule d'achat différé de foncier, en partenariat avec la Safer et la Région Bretagne.

De gauche à droite : Romain Louzaouen, producteur de porcs à Plouzané, Hervé Le Saint, vice-président de la Safer Bretagne, David Louzaouen, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, Jean-Pierre Denis, président du CMB-Arkéa, et Olivier Allain, vice-président de la Région Bretagne, en charge de l’agriculture.

"Je souhaitais m'installer, j'ai saisi l'opportunité". Quand il entend parler d'une exploitation à reprendre, à 2,5 km de la ferme familiale, Romain Louzaouen, 26 ans, n'hésite pas bien longtemps. "Avec 135 truies naisseur-engraisseur et une SAU de 60 ha, elle me permettait de rejoindre mon frère, installé depuis une dizaine d'années". Porté à 200 truies et 95 ha de SAU avec l'installation de Romain, en septembre dernier, l'élevage familial pourra désormais engraisser l'ensemble des porcs produits, améliorer son autonomie alimentaire, en produisant 75 % des besoins en céréales des porcs, et sécuriser son plan d'épandage.

 

Rénover d'abord les bâtiments

"Nous voulions profiter de l'installation de Romain pour revoir nos bâtiments, rajoute David Louzaouen. Passer les maternité en cases liberté, construire une nouvelle quarantaine... De quoi assurer de bonnes performances techniques et économiques dans les années à venir et mieux répondre aux nouvelles normes de biosécurité". Un investissement chiffré à 250 000 €, qui se rajoute aux 230 000 € d'achat de foncier, les cédants souhaitant vendre les 50 ha qu'ils détiennent en propriété. "L'étude réalisée par Cogedis, notre centre de gestion, a démontré qu'on dépasserait alors un coût de revient de 1,25 €/kg de porc".

 

Attendre un peu pour le foncier

Plutôt que de s'endetter lourdement et prendre des risques en cas de chute des cours, les deux jeunes éleveurs se tournent alors vers l'achat différé de foncier, que le Crédit mutuel de Bretagne vient d'imaginer avec la Safer et la Région Bretagne. "Nous pourrons ainsi attendre 2023, date à laquelle plusieurs de nos prêts arrivent à échéance, pour investir dans le foncier". Une solution que David Louzaouen aurait bien aimé pouvoir utiliser au moment de son installation. "Mon parc bâtiments serait aujourd'hui très différent". Et qui a apporté toute satisfaction aux cédants, Marc et Luc Lesvenan. "Nos enfants n'étaient pas intéressés par l'élevage. Nous sommes fiers d'avoir installé un jeune".

Démarrées il y a quatre ans, les discussions "se sont déroulées comme sur des roulettes". Et si Marc, 62 ans, est parti en retraite l’an dernier, Luc, un peu plus jeune, va travailler à mi-temps pendant deux ans sur la ferme des frères Louzaouen.

 

Assurer le renouvellement des générations

"Nous voulions une solution simple, innovante et efficace, qui permette aux jeunes de se concentrer d'abord sur les investissements les plus urgents". Président du CMB-Arkea, Jean-Pierre Denis voit dans cet achat différé de foncier une réponse au défi du renouvellement des générations en agriculture.

"Nous voulions réaffirmer notre foi dans l'agriculture bretonne, indique de son côté Loïg Chesnais-Girard, président, pour expliquer l'adhésion de la Région Bretagne au dispositif, dont elle assure la garantie bancaire. Accompagner les mutations du secteur mais aussi aider les jeunes à s'installer".

 

Un différé de 5 à 10 ans

Concrètement, cédants et repreneurs se mettent d'abord d'accord sur le prix du foncier. "C'est ensuite la Safer Bretagne qui achète les biens, pour une durée variable, de 5 à 10 ans", explique Hervé Le Saint, vice-président. Les jeunes agriculteurs paient alors une redevance annuelle jusqu'au moment de l'acquisition. Une solution qui répond à une réelle attente, si l'on en juge par la dizaine de dossiers déjà sur les rails au Crédit mutuel de Bretagne. "C'est une autre façon d'installer des jeunes. Et de pérenniser leur outil de travail".

 

 

Le Crédit agricole aussi

Les quatre caisses bretonnes de Crédit agricole proposent un dispositif un peu similaire d'achat différé de foncier. Et, comme le CMB Arkea, la banque verte a, pour le moment, une petite dizaine de dossiers en cours d'instruction en Bretagne.

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