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Donner aux légumiers les moyens de faire face à la fluctuation des cours

L'assemblée générale de la Sica, qui se tiendra demain à Saint Pol de Léon, est l'occasion pour ses responsables de revenir sur une campagne légumière jugée "moyenne". Et de demander aux pouvoirs publics une vraie réforme fiscale, qui permette aux producteurs de faire face à l'inévitable variabilité des cours et des saisons.

Jean-Michel Péron, secrétaire général adjoint de la Sica de Saint Pol de Léon, Jean-François Jacob, président, Olivier Sinquin, directeur, et Marc Kéranguéven, secrétaire général.
Jean-Michel Péron, secrétaire général adjoint de la Sica de Saint Pol de Léon, Jean-François Jacob, président, Olivier Sinquin, directeur, et Marc Kéranguéven, secrétaire général.
© Terra

Une année moyenne

"À 202 millions d'euros, le chiffre d'affaires est stable". À l'occasion de son assemblée générale, la Sica a fait le point sur la dernière campagne. Exercice compliqué tant les légumes sont désormais nombreux dans la gamme. "Certains ont tiré leur épingle du jeu, comme le brocoli, la pomme de terre primeur Primaline, les légumes bio, énumèrent Marc Kéranguéven et Jean-Michel Péron, secrétaires généraux. D'autres, comme le chou pomme, le chou vert, l'endive ont vécu une saison difficile voire catastrophique". Si l'année est qualifiée de "moyenne", certains voyants sont néanmoins au rouge. "En chou-fleur, les surfaces ont régressé de 5 % en un an", relate Jean-Michel Péron. Un phénomène que l'on retrouve aussi en Côtes d'Armor et en Ille-et-Vilaine. "Et, au niveau régional, on a perdu 30 % des surfaces en dix ans", ce qui ne manque pas d'inquiéter les responsables. "On est passés de 160 à 110 millions de têtes par an... Il ne faudrait pas descendre en-dessous des 100 millions !" Poids lourd de la zone légumière, le chou-fleur représente à lui seul 20 % du chiffre d'affaires de la Sica, autant que la tomate ou l'horticulture.

 

Les légumes à la mode

"On ne pourra jamais gagner la bataille des prix", estime Jean-François Jacob, le président de la Sica. Pour se démarquer, les légumiers finistériens misent sur la diversification, "qui représente déjà 30 % de notre chiffre d'affaires global", la segmentation, la présentation... "En légumes aussi, il y a des modes de consommation et il nous faut coller aux attentes de la société". Ainsi, la section mini-légumes vient d'accueillir cinq nouveaux producteurs. Des investissements ont été réalisés à la station de Kerranou sur la chaîne de lavage des légumes anciens. Et la construction d'une troisième cellule réfrigérée va permettre d'allonger la saison de commercialisation des courges. "La production est en fort développement, souligne Marc Kéranguéven. De 160 tonnes en 2013/2014, nous sommes passés à 1 700 tonnes la saison dernière et nous avons déjà vendu plus de 2 700 tonnes sur cette campagne".

 

Encaisser la variabilité des cours

"Au fil des ans, la variabilité des cours ne cesse d'augmenter, constate Jean-François Jacob. Si la météo joue sur l'offre et la demande, parité monétaire ou situation politique jouent aussi un rôle, comme on l'a vu avec l'embargo russe. Et le président de la Sica de profiter de la période pré-électorale pour demander que la fiscalité française soit adaptée, pour aider les agriculteurs à encaisser cette volatilité. "Les pays du Nord de l'Europe ont su faire !". S'il reconnaît qu'un premier pas a été fait, avec la réduction des cotisations MSA, "l'écart de compétitivité est encore de 30 %".

 

Des projets bloqués

Si les travaux de terrassement ont repris à la station de Vilargren, la Sica attend encore le jugement au fond du tribunal administratif avant de pouvoir entamer sereinement la construction du bâtiment. "En cinq ans, les normes ont changé, constate Jean-François Jacob. Et l'aménagement intérieur est à revoir, pour tenir compte des besoins des sections, pour aujourd'hui et pour demain". Pourtant, le projet est "stratégique" pour la Sica. "Des projets sont également bloqués chez les producteurs à cause des lourdeurs administratives françaises, qui détruisent de l'emploi et des perspectives de développement. C'est exaspérant de voir de tels freins de nature à hypothéquer l'avenir !"

Le bio a le vent en poupe

Lancé il y a vingt ans déjà, le bio poursuit son développement et compte désormais 22 producteurs à la Sica. "Ils produisent une trentaine de légumes sur 350 ha de plein champ et 4 ha sous abri, détaille Marc Kéranguéven. Ils livrent dans huit stations et seront rejoints l'an prochain par sept nouveaux producteurs, qui achèvent la conversion de leur exploitation". La dynamique est la même au niveau régional, où une douzaine de producteurs devraient rejoindre les 43 qui livrent déjà des légumes bio sous la marque Prince de Bretagne. "Et la production devrait avoisiner les 20 000 tonnes".

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