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Doux, 3 ans après, a retrouvé le sourire

Trois ans, jour pour jour, après sa mise en liquidation judiciaire, Doux, 3e exportateur mondial de volailles, a renoué avec les bénéfices. A la veille de sa reprise par la coopérative Terrena, son regain pourrait symboliser celui de toute une filière volaille française, offensive. Une renaissance que le ministre de l'agriculture est venu saluer.

1er juin 2012, le tribunal de commerce de Quimper place Doux en redressement, plombé par une dette de 400 millions d'euros. Arrivé en pleine liquidation, Stéphane Le Foll dira s’être forgé sa propre conviction. "Sur la pérennité d'une filière export : il y avait un marché au Moyen Orient. Le choix a été de sauver Doux. Stratégiquement, la filière export avait des conséquences sur la filière volaille en entier. La soutenir, c'était soutenir toute cette filière". Un ministre amené à s'exprimer après avoir écouté actionnaires, directoire, producteurs et représentants des salariés sur l'histoire d'un redressement, heureux. Une affaire désormais close et que la très officielle visite ministérielle relègue au passé. "En 2015, la perspective de chiffre d'affaires est de 530 millions d'euros avec une croissance de 8 à 10 %. Cette croissance est bénéfique à tous", insistera Arnaud Marion, l'homme providentiel du groupe Doux, à la tête du directoire.

L'histoire
d'un redressement

Délesté de son pôle frais, débarrassé de ses activités au Brésil, désendetté avec le concours du financier Didier Calmels et avec un capital réformé grâce à l'entrée d'Almunajem, client historique du groupe Doux, le volailler s'est remplumé. 28 millions d'euros auront été investis dans l'entreprise pour retrouver un niveau de production de 18 000 tonnes/jour. Le tout, avec un dialogue social renoué, un intéressement des salariés... et des éleveurs. Un redressement que chacun autour de la table aura jugé exemplaire. Dans ce concert de louanges, un bémol, celui apporté par les représentants des salariés qui craignent la restructuration, avec l'arrivée de la coopérative Terrena et de sa marque Gastronome, 2e groupe volailler français. Représentants des salariés dont Nadine Hourmant, de Force ouvrière, n'a pas oublié les "1 100 salariés qui ont perdu leur emploi après la liquidation du pôle frais". Seuls 141 ont retrouvé un emploi à ce jour.

Témoignage

Christine Gannat, Avicultrice

"Juin 2012, c'est le choc. On avait des retards de paiement. 25 % de créance. Que faire ? Doit-on remettre en place des poussins ? Et si on ne le faisait pas quelques semaines plus tard, c'était l'abattoir qui allait fermer et les marchés étaient perdus. Si on ne soutenait pas le groupe Doux, on perdait notre travail" se remémore, devant le ministre et toute l'assemblée, Christine Gannat, avicultrice. Trouver des solutions... "Avec Monsieur Marion, il y a toujours eu ce dialogue, je tiens à l'en remercier". Et de dérouler les attentes de la profession sur le fonds de stabilisation euro-dollar, sur le plan de compétitivité en matière de rénovation et de construction de bâtiments d'élevage, saluant l'accompagnement financier de Doux. "Mais il y a toute cette lourdeur administrative, pour les dossiers de permis de construire ou encore l'obligation de fumières, 100 000 e improductifs" a-t-elle regretté.



 

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