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Philippe Le Berr, Taulé
Du chou-fleur aux plantes fleuries

Installé en légumes et viande bovine sur une petite exploitation, à Taulé, Philippe Le Berr s'est d'abord reconverti à la tomate, avant de se lancer dans les plantes fleuries en 1998.

Aujourd'hui horticulteur à Taulé, Philippe Le Berr a eu un parcours atypique. "Mes parents étaient agriculteurs sur une petite structure. Je voulais me lancer dans la production porcine". Diplôme en poche, il commence par être salarié pendant quelques années dans deux ou trois élevages de la région avant de monter son dossier d'installation. "Tout était prêt, le permis de construire obtenu... ". Mais un groupe d'opposants en décide autrement, le traînant au tribunal administratif.

Une reconversion progressive

Il s'installe finalement en 1987, en bovins viande et légumes de plein champ : artichaut, chou-fleur, iceberg... "J'avais des problèmes pour agrandir l'exploitation. J'ai donc construit une première multi-chapelles en 1991". Il y produit de la tomate en sol et de la laitue, et double la surface en 1994, année où il arrête la laitue et passe la tomate en hors-sol. En 1997, nouveau virage : suite à une crise en chou-fleur, il décide d'arrêter progressivement le légume de plein champ. "Il fallait alors agrandir en tomates ou faire autre chose. La section plantes fleuries de Kérisnel cherchait des producteurs : je me suis lancé sur 500 m²".
Comme pour la tomate, il apprend sur le tas, n'ayant étudié que les productions animales à l'école. "Ca m'a tout de suite plu". C'est l'époque où la section diversifie ses productions, se lançant aussi dans les plantes d'extérieur, géranium, fuschia, surfinia..., après n'avoir longtemps produit que des plantes fleuries d'intérieur.

Privilégier le confort de travail

L'exploitation continue tranquillement sa conversion : 2 200 m² d'horticulture en 2000, 5 000 m² en 2001 et l'arrêt de la tomate en 2003. Et, dix ans après l'arrivée des premiers plants, Philippe Le Berr vient d'investir dans un nouvel outil de production, 9 300 m² de serre verre, dont 8 400 m² de production. "Même si le coût est supérieur, j'ai préféré une serre verre, pour sa longévité", explique le producteur, qui voulait aussi s'affranchir des contraintes de changement régulier des bâches plastique sur les multi-chapelles.
Cette construction inaugure un second site de production, à 1,5 km du premier. "Là-bas, je suis à 200 m de la mer, et coincé par la loi littoral". Le terrain était également accidenté, ce qui l'aurait obligé à terrasser à grands frais. "Ici, j'ai 10 ha de plat : si besoin, on pourra agrandir sans difficultés".
Les productions se partageront ente les deux sites : les chrysanthèmes de la Toussaint et la première partie du printemps sous la serre verre, les produits d'hiver et la seconde partie du printemps sous les abris plastique. "Si j'ai construit une serre, c'est aussi pour améliorer les conditions de travail. On aura plus de place, et besoin de moins de manutention de pots". Cette recherche d'un plus grand confort de travail a été entamée il y a quelques temps déjà, via la mécanisation : rempoteuse, tapis de convoyage...

Un groupe jeune et dynamique

L'exploitation, qui compte aujourd'hui 8 UTH, 6 permanents, Philippe Le Berr et son épouse, est passée aux 35 heures annualisées. "Cela m'a permis de fidéliser mes salariés et de faire face aux pointes de travail". Ainsi, au printemps, les journées de travail commencent à 8 heures et les semaines sont à rallonge, 40 ou 45 heures, alors qu'en été, les salariés ne travaillent que 4 jours, et bénéficient d'un mois de congés. "Ils ont aussi 15 jours au moment des fêtes de fin d'année et une semaine à leur convenance".
La commercialisation se fait via l'organisation de producteurs "Kérisnel plantes fleuries pour le jardin et la maison". "Nous sommes 14 producteurs, pour une moyenne d'âge de 35 ans", explique Philippe Le Berr, qui apprécie l'excellente ambiance qui règne dans le groupe.
"Hormis les chrysanthèmes, présents pratiquement partout, nous sommes spécialisés sur des créneaux différents". En fonction des commandes, les livraisons se font à Saint Pol de Léon. "Il peut m'arriver d'y aller trois fois dans la journée, et livrer 70 à 80 rolls par jour". Des plants qui prennent surtout la direction des jardineries du grand Ouest de la France. "Le renchérissement du coût du transport nous a amené à restreindre notre aire de livraison".

 

L'horticulture en Bretagne


4ième région horticole de France, en nombre de producteurs organisés, la Bretagne compte 75 exploitations, 500 hectares, 1 500 emplois directs et un chiffre d'affaires de 55 millions d'euros. L'horticulture organisée regroupe trois secteurs d'activité, les fleurs et feuillages coupés, les plantes en pot et à massif, et la pépinière ornementale, et compte 5 organisations de producteurs : Kérisnel les fleurs (29), Kérisnel plantes fleuries pour le jardin et la maison (29), les pépinières de Kérisnel (29), Terra Leon (29), et les pépinières de Plehedel (22).
Depuis le 1er janvier dernier, les horticulteurs ont rejoint les légumiers au sein du Cerafel, désormais reconnu association d'organisations de producteurs en fruits, légumes et horticulture.

 

Fleurs coupées

- 17 producteurs,
- 21 hectares,
- un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros,
- 80 variétés de fleurs et feuillages,
- 8,5 millions de tiges de roses (15% de la production française),
- 4,3 millions d'alstromeria,
- 4,3 millions de gerbera et germini.
- vendus à 50% aux fleuristes,
- à 23% en GMS,
- et à 27% chez les grossistes


Pépinière ornementale

- 44 exploitations,
- 450 ha,
- un chiffre d'affaires de 34 millions d'euros,
- principalement des plantes de terre de bruyère,
- commercialisées à 61% en jardinerie,
- à 19% en GMS,
- et à 7% aux entreprises du paysage et aux collectivités,

 

Plantes en pot et à massif

- 14 producteurs,
- 15 000 m² de serres verre et 10 ha d'aires extérieures,
- un chiffre d'affaires de 11 millions d'euros,
- principalement des plantes de serre froide,
- commercialisées à 64% en jardinerie,
- à 21% en GMS,
- et à 10% chez les grossistes

 

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