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Du lait au bio ?

Producteur de lait pendant près de 30 ans à Saint Thonan, Jean-Yves Plougastel a jeté l'éponge en juillet 2008. Retour sur un virage professionnel bien négocié.

Passionné par les chevaux, Jean-Yves Plougastel a désormais plus de temps à leur consacrer.
Passionné par les chevaux, Jean-Yves Plougastel a désormais plus de temps à leur consacrer.
© Chantal Pape

"Je me suis installé très jeune, en 1981, peu de temps après avoir fini mes études", se souvient Jean-Yves Plougastel. En Gaec avec ses parents pendant une dizaine d'années, il travaille ensuite en EARL, avec son épouse. Passionné par sa production, le lait, il n'hésite pas à s'engager au service de la profession, d'abord au CDJA, où il devient vite responsable lait, siège au bureau départemental et suit le groupe lait du CNJA, puis à la coopérative Even, où il siège au conseil d'administration pendant une bonne quinzaine d'années.

Trop de travail

Puis le couple divorce. Dans un premier temps, Jean-Yves continue la production laitière, épaulé par un salarié à mi-temps. Mais il constate rapidement qu'il travaille trop. "Même s'il n'a pas été conflictuel, un divorce amène à se poser beaucoup de questions". Et le producteur de faire sienne la devise selon laquelle "il faut travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler".
Plusieurs choix s'offrent alors à lui. Bien que deux de ses fils aient fait des études agricoles, aucun n'est intéressé par l'exploitation, ayant finalement bifurqué vers d'autres secteurs d'activité. "Un moment, j'ai envisagé de partir, de quitter l'exploitation. Mais ça m'embêtait". Il décide donc de rester sur la ferme, tout en mettant fin à la production laitière. "C'est beaucoup de travail, pour un rendement horaire décevant", constate l'éleveur qui, cependant, continue à croire à la pérennité de structures plus grandes, 4 ou 5 associés, capables de gérer plus facilement cet aspect organisation du travail.
Il profite de la prime bassin versant en contentieux pour arrêter le lait dans des conditions financières un peu meilleures. C'est aussi l'époque où la production se porte bien et il n'a aucune difficulté à vendre ses laitières et ses génisses prêtes à vêler à un bon prix. "C'est ce qui m'a permis de solder mes prêts et de repartir à zéro".

Aller vers le bio ?

Disposant d'une cinquantaine d'hectares, l'exploitation se consacre désormais aux productions végétales. "Mais ce n'est pas avec du blé ou du maïs grain que je vais gagner ma vie". Même si le blé noir a mieux tiré son épingle du jeu cette année, Jean-Yves regarde du côté du bio, afin d'améliorer ses résultats économiques. "Mais j'ai plusieurs difficultés à résoudre ! Je n'ai plus de matière organique sur l'exploitation et il me faudra en trouver à pas trop cher. J'ai trois plans d'épandage pour des producteurs de porcs sur mes terres et je pratique des échanges avec des voisins, producteurs de pommes de terre et d'échalotes, ce qu'il me faudra arrêter". La nécessité de s'équiper le fait aussi réfléchir. "Pour le moment, je n'ai que très peu de matériel en propre. Passer au bio m'obligera à acheter une herse étrille, une houe rotative et une bineuse, afin de tenir mes cultures propres quelle que soit la météo".

S'engager

Si Jean-Yves a mis un terme à la production laitière, c'est aussi pour avoir du temps pour faire autre chose. Passionné, comme sa fille, par le cheval, il en a toujours eu quelques-uns sur l'exploitation et y a aménagé une carrière et un manège. De beaux équipements dont peuvent aussi profiter les propriétaires en mal de pâturage qui lui confient leurs chevaux.
Du temps, il lui en fallait aussi pour poursuivre un engagement auprès des agriculteurs des pays du Sud. "J'ai commencé lorsque j'étais administrateur à Even : la coopérative a une commission solidarité et soutient plusieurs projets". C'est aussi par le biais d'Even qu'il a eu l'occasion de travailler pour la première fois avec l'Afdi, une association avec laquelle il vient de partir pendant 18 jours en mission à Madagascar.

 

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