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Du lait de foin au Gaec Avel ar vro

Une moyenne d’étable en bio à 6 200 litres avec désormais 100 vaches, les trois frères Le Cras, du Gaec Avel ar vro à Langonnet, y parviennent sur 230 ha, avec de l’herbe, pâturée ou séchée en grange. Une ferme agréée "Lait de foin". Ce signe de qualité, reconnaissant une spécialité traditionnelle garantie, marque l’entrée de la nouvelle stabulation. Visite.

"L’objectif est de produire le maximum de lait, y compris en hiver, avec le fourrage de l’exploitation, 620 000 litres sans rien acheter", et les trois frères Le Cras, associés au sein du Gaec Avel ar vro, avec un apprenti, ne sont pas loin du but, avec 576 000 litres livrés à Eurial lors de la dernière campagne. L’installation dans la nouvelle stabulation sur aire paillée, a encore fait gagner 30 000 litres, cet hiver. Une stratégie d'autonomie et un lait d’hiver précieux aussi dans une démarche de filière.

Lait d'hiver

Pourtant, "on aurait pu arrêter le lait", se remémore Erwan, installé en 2006, bien après la conversion en bio menée par ses parents en 1999. "À mon installation, avec 450 000 litres à produire, on s’est posé la question de faire du lait l’hiver à un coût raisonnable. On a répondu par le séchage en grange". Cet outil de gestion de l’herbe accroît la valorisation du pâturage.Trois cellules sur 750 m², avec capteurs solaires sous toiture, permettent de produire "la tonne de foin séché à 15 euros, contre 40 euros la tonne d’enrubanné". Morgan en 2010, puis Goulven en 2016, rejoignent leur frère, seul. En 2016, "on a mené une grosse réflexion sur l’opportunité de continuer ou non le lait", se rappellent les trois frères. "On s’est aussi questionné sur le confort de nos animaux, et sur le nôtre. On voulait profiter de nos familles". Le débat est ouvert, "on s’est dit qu’en centre Bretagne, on habitait une belle région faite pour l’herbe. Le prix du lait était intéressant avec une vision à long terme. On pouvait se permettre d’investir".

Organisation de vie et de travail

Voilà pour la décision de construire la nouvelle stabulation opérationnelle début 2019, avec les aides de la région. Elle sera dotée en pignon, dans quelques années, d’un autre dispositif de séchage en grange, plus "moderne que celui que nous avons déjà, très fonctionnel qui permet aussi de sécher nos céréales que nous vendons", estiment les frères Le Cras. Ils se libèrent chacun deux week-end sur trois. Ils sont tous investis par ailleurs, l’un est président de Segrafo Ouest (Association d’éleveurs pour la promotion et le développement du séchage en grange), l’autre est président de la Cuma intégrale, le trosième est président du club sportif... "C’est pas parce qu’on est en bio qu’on n’a pas le droit d’être là, au près de nos familles ou à l’extérieur", appuie Morgan, président de la Cuma intégrale de Glomel, laquelle emploie trois salariés. "Tout est fait en Cuma ici", racontent les jeunes associés qui ne se gardent que le pilotage total de la conduite de l’herbe, base de l’alimentation de leur cheptel.

Lait de foin

Une alimentation faite "d’herbe pâturée ou de foin séché à plus de 75 %, sans aliments fermentés ni OGM", c'est le socle du cahier des charges du Lait de foin, pointe Didier Le Hec, président de l’association. "La vache est un herbivore avant tout, on s’en est pas mal éloigné", déplore-t-il notant que l’appellation Lait de foin "est la reconnaissance et la valorisation de nos pratiques". Une spécialité traditionnelle garantie, officielle depuis décembre dernier, la deuxième créée en France, qui comptera, fin avril, 70 fermes agréées (40 début mars). "Avec cet agrément, nous avons mis un barreau de plus sur l’échelle de la qualité", estime Erwan Le Cras. Un lait produit dans des conditions optimales pour envisager sa transformation "sans risque de butyrique puisque nous avons zéro aliment fermenté. En identifiant cette ressource, on va intéresser du monde et permettre une meilleure valorisation de notre production", escomptent les porteurs de cette initiative. Une démarche soutenue par la région Bretagne : "ici, on coche toutes les cases avec ce pari d’avoir des volumes de production qui ne sont pas incompatibles avec la qualité et la montée en gamme", souligne Olivier Allain, vice-président de la Région, en charge de l’agriculture, venu appuyer l’initiative avec son homologue référent du centre Bretagne, Pierre Pouliquen.

 

Gaec Avel ar vro en chiffres

Trois frères associés et un apprenti : 3,55 UTH

100 vaches Prim’holstein

230 ha dont 55 ha de céréales, maïs grain, betterave fourragère, épeautre et blé noir pour la meunerie et 140 ha de prairies multi-espèces (fétuque, RGA,RGH, TB, mélange Suisse),

70 ha directement pâturables sur paddocks)

35 ha de zones humides

Ration (20 à 21 kg), pâturage et 2 kg de foin, 1 kg de maïs grain, 1 kg méteil (hiver, foin)

Coût alimentaire : 45 euros des 1000 l

Nouvelle stabulation sur aire paillée : 114 places, salle de traite 2X16 TPA : 720 000 euros investis
dont 56 000 d’aides

EBE 2018 : 137 355 euros

Efficacité économique : 32 % (EBE/produits)

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