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Du lait frais, directement du tank au bol

A Combourg, bientôt à Mordelles, à Noyal-Châtillon et dans d'autres communes du département, la vente de lait frais se développe, grâce aux distributeurs automatiques. Les producteurs investissent sur ce nouveau mode de commercialisation.

Emmanuel de Rugy montre à une cliente comme s'approvisionner en lait frais.
Emmanuel de Rugy montre à une cliente comme s'approvisionner en lait frais.
© Cécile Julien

"Comme vous n'avez pas de bouteille, vous pouvez en acheter une dans ce distributeur". Pas à pas, Emmanuel de Rugy, producteur de lait à Combourg, guide une cliente dans son premier achat de lait frais. "Maintenant, vous pouvez remplir votre bouteille. Le litre de lait frais est à 1,10 euros mais vous pouvez en prendre la quantité que vous voulez, explique le jeune agriculteur. Vous choisissez en insérant votre monnaie ou votre carte de paiement. C'est du bon lait frais, je viens juste de traire". Toute ravie, la cliente repart avec son litre de lait et des projets de desserts. Cela ne fait que depuis Pâques que les associés du Gaec du p'tit bois ont installé leur distributeur de lait frais sur le parking de Super U mais déjà les clients se pressent. "C'est du lait frais entier. Les gens sont ravis d'en redécouvrir le goût", souligne l'éleveur.

Avec ses trois associés, Emmanuel de Rugy a installé un distributeur de lait frais, qui fonctionne 24h sur 24. Dans un petit chalet en bois, se côtoient un distributeur de bouteilles et une fontaine à lait. Chaque matin, après la traite, les producteurs remplissent un petit tank réfrigéré qui alimentera le distributeur. Il leur faudra une heure et demie de travail pour transporter le tank, approvisionner et nettoyer la machine et remporter le tank de la veille pour le laver. Produit sensible, le lait frais est surveillé de près. Le tank est contrôlé en permanence. D'une part pour suivre la température et éviter une interruption de la chaine du froid. D'autre part, pour éviter une rupture d'approvisionnement. L'élevage a obtenu une patente sanitaire auprès de la DSV.

 Un nouveau mode de vente

"Nous avons opté pour cette forme de vente directe car les gens ne se déplacent pas pour venir à la ferme, même si elle est proche de Combourg. C'est à nous à aller vers eux", explique Emmanuel de Rugy. Le projet du Gaec du p'tit bois aura mis un an à aboutir. "Nous sommes allés voir cette pratique en Italie où elle est très développée. Puis il a fallu choisir l'emplacement, faire une étude de marché avec l'association créée par la chambre d'agriculture", retrace l'éleveur. Les associés ont investi 35.000 euros, sans compter un nouveau véhicule qui a dû être aménagé pour transporter le tank. "Pour payer la machine, nous devons vendre 50 litres par jour. Au-delà, on pourra valoriser notre temps. Notre objectif est d'arriver à 100 litres". Pour ces premiers jours de fonctionnement, la vente démarre bien et les retours des consommateurs sont positifs. "C'est sympa d'entendre dire les gens qu'ils apprécient notre produit", reconnait, dans un sourire, Emmanuel de Rugy. Les éleveurs ont d'autres projets. Mi-mai, à leur certification en agriculture biologique, ils proposeront également du fromage, transformé à la ferme. "Une recette que nous avons mis au point, entre le camembert et le livarot". De quoi plaire aux gourmands.

 

"Producteurs Bretagne lait frais"

 

 C'est le nom d'une association gérée par les chambres d'agriculture de Bretagne afin de regrouper et d'épauler les producteurs, en agriculture conventionnelle ou biologique, intéressés par la vente de lait frais. Cette association les aide à réaliser les études de marché et de rentabilité, préalable indispensable à toute réalisation. "Pour qu'un projet soit intéressant, il faut être prêt d'une zone de chalandise, commerces de proximité ou grande surface, souligne Véronique Blier, conseillère de l'association. Comme pour toute diversification, le producteur doit s'assurer de la viabilité économique de son projet avant de se lancer dans la vente de lait frais". Contact : les conseillers diversification de chaque chambre d'agriculture, au siège de l'association, Véronique Blier (tél : 02 23 48 28 39).

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