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Echanger des parcelles pour gagner en efficacité de travail

Pourquoi continuer à travailler avec des parcelles éloignées et dispersées quand, par des échanges parcellaires, les agriculteurs peuvent optimiser le fonctionnement de leur exploitation.

L'évolution du paysage agricole et l'agrandissement des exploitations ont déstructuré les parcellaires. Pas facile de travailler efficacement quand ses parcelles sont distantes et morcelées. D'autant moins en élevage laitier. La profession a donc fait de la restructuration parcellaire un objectif du PAD. "Avoir un parcellaire regroupé autour du siège d'exploitation permet de gagner en efficacité économique, par une réduction des coûts de transport et une augmentation du pâturage, souligne Jean Luc Fossé, vice-président de la chambre d'agriculture. Ca a aussi un impact sur l'environnement en réduisant les transports et les nuisances sur la route". Pour arriver à regrouper le parcellaire, le plus simple est d'échanger des parcelles, en propriété ou en fermage. Reste à convaincre les exploitants et à lever les freins juridiques et administratifs. La chambre d'agriculture s'est attelée à ce travail d'aménagement du territoire. Des rencontres avec l'administration ont permis de clarifier les impacts des échanges parcellaires sur les DPU, les quotas... "Comme les échanges se font à surface égale, cela n'a pas d'impact sur les aides", rappelle Jean Luc Fossé. Le seuil du 1/5e de la surface louée a été levé (voir ci-contre).
Testé et approuvé à Bain

A Bain de Bretagne, des agriculteurs se sont lancés dans l'échange parcellaire depuis fin 2006. Une enquête a montré qu'un quart des agriculteurs de la communes était intéressé par des échanges. Un comité de pilotage réunissant des agriculteurs et des élus, avec l'appui de la chambre d'agriculture, a mis au point une méthode de travail. "Nous avons cartographié la commune avec les parcelles des agriculteurs prêts à faire des échanges, explique Dominique Fourrage, agriculteur membre de ce comité de pilotage. On a fait une bourse d'échanges pour identifier par petits secteurs les parcelles échangeables, leur surface. Ensemble, on fait plusieurs scénarios pour trouver celui où tous seraient gagnants". Les échanges se font à surface égale, sans tenir compte de la valeur des terres."J'ai augmenté la surface directement accessible par les vaches, explique Jean Pierre Héluard. Certes, la parcelle est plus humide mais j'y ai gagné en confort de travail. Mon voisin, producteur de porcs, y a gagné aussi car il a échangé une parcelle en pente contre une parcelle épandable. Au final, nous nous y retrouvons tous les deux". Quand les échanges portent sur des parcelles en location, les bailleurs doivent en informer les propriétaires. En cas de parcelles en propriété, une aide du Conseil général prendra en charge les frais de notaire et de géomètre.
Tous s'y retrouvent dans ce projet, y compris la commune. "Les élus sont favorable à ce projet car l'aménagement parcellaire est un plus pour maintenir une agriculture dynamique, estime M. Vigour, le maire de Bain. C'est aux agriculteurs de faire ce qu'ils pensent nécessaire, rien n'est imposé". A ce jour, 75ha ont été échangés chez 12 agriculteurs. D'autres communes, comme Langon ou Sainte Marie de Redon, se lancent. Les collectivités locales, communes et conseil général, apportent leur concours financier à ces actions concertées.

La chambre d'agriculture va éditer un guide d'accompagnement pour faire connaitre ces réalisations, en expliquer les mécanismes, en lever les freins. "Le foncier reste un sujet sensible. Il faut faire les échanges parcellaires avec doigté et technique, souligne Jean Luc Fossé. Vis-à-vis de nos concitoyens, il faut aussi casser l'image de remembrement araseur de talus et expliquer l'intérêt de ces échanges".

Réduire la distance et les coûts

Un îlot de blé de 15ha demande 37h sur la route s'il est à 5km de l'exploitation, 111h s'il est à 15km.
15ha de maïs à 5km qui reçoivent du maïs, c'est 1200 km de transport, soit 630 euros.
Quand la surface pâturable augmente de 30 à 45 ares par vache, le coût nourrie-logée peut baisser de 20€/1000 litres.

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