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Economie et production d’énergie en porc pour agir en faveur du climat

Grâce à la lisiothermie, Bruno Vinet, éleveur de porcs à Saint-Hilaire-de-Loulay en Vendée, récupère les calories du lisier pour chauffer ses salles d’élevage. Un lisioduc dirige ensuite le lisier vers une unité de méthanisation située à 2,5 km qui produit du biogaz injecté dans le réseau.

Chauffage localisé des porcelets par dalle chauffante équipée d’une niche.

A la tête d’un élevage de 1120 places de post-sevrage et 3240 places d’engraissement, Bruno Vinet, adhérent à Porc Armor Evolution, a engagé des travaux en faveur des économies d’énergie sur ses bâtiments d’élevage et pour réduire les émissions d'ammoniac. Sur le post-sevrage, stade physiologique le plus consommateur, l’éleveur a fait le choix d’installer des niches à porcelets en fond de case sous lesquelles se trouve une dalle chauffante. La régulation de la dalle se fait manuellement à partir de l’observation du comportement de couchage des porcelets. La température d’ambiance de la salle est garantie par un chauffage eau chaude par tube spiralé autorégulé à l’aide d’une sonde de température reliée à la régulation de la salle. A l’entrée des porcelets, la température de consigne recherchée dans la salle est de 24°C pour descendre à 21°C au bout de 21 jours. "La première économie d’énergie est celle que l’on ne consomme pas", souligne Bruno. "Avec cette double ambiance, j’effectue un chauffage localisé au plus près des porcelets tout en évitant de chauffer l’intégralité de la salle, ce qui me permet de réaliser des économies d’énergie", complète-t-il.

Brunot Vinet

Lisiothermie pour chauffer les bâtiments
Lors de la construction de son bâtiment d’engraissement de 324 places, Bruno a pris soin d’installer sous la dalle de la préfosse un réseau de tuyau en polyéthylène au sein duquel circule de l’eau glycolée. L’objectif est ici de récupérer sous la dalle les calories du lisier qui sont ensuite dirigées vers une pompe à chaleur de 42 kW capable de produire une eau à 55°C servant au chauffage des salles d’élevage. "L’idée est ici de valoriser les calories gratuites du lisier pour chauffer les post-sevrages, les engraissements mais également les locaux annexes par plancher chauffant (bureaux, sanitaires, douches)", indique Bruno. "L’objectif est ici d’avoir un bâtiment qui consomme le moins d’énergie possible par kg de viande produite. La consommation actuelle d’énergie est de 0,144 kWh/kg de croît contre 0,221 kWh/kg de croît pour la référence, soit 35 % d’économie. L’ambiance optimisée participe également à l’amélioration des performances techniques (IC). Le bilan carbone de l’élevage s’en trouve amélioré", ajoute l'agriculteur.

lisiothermie

Double ventilation et brumisation pour faire face au coup de chaleur
En post-sevrage et engraissement, 20 % de la ventilation est assurée par extraction basse sous caillebotis et 80 % par extraction haute dans la masse. "L’objectif est double", fait remarquer Bruno. "L’extraction basse sous caillebotis présente l’avantage de pouvoir centraliser l’air le plus vicié des salles pour le traiter le cas échéant. Elle limite également les remontées gazeuses dans la salle et participe à une meilleure santé des porcs. L’extraction haute dans la masse permet quant à elle de garantir une bonne ventilation notamment en été lorsque les porcs les plus lourds sont intégralement couchés sur les caillebotis accentuant les freinages et les risques d’une sous-ventilation. La double ventilation est bien adaptée au contexte de réchauffement climatique", complète l’éleveur. De plus, les ventilateurs économes fonctionnent en duo retardant la montée en régime de chacun et permettant ainsi des économies d’énergie. Bruno a fait également le choix d’installer des lignes de brumisation au niveau des trappes d’entrée d’air pour faire face aux coups de chaleur. "En Vendée, il n’est pas rare d’avoir des pics de températures élevées sur des périodes de 8 jours. La brume se déclenche alors au-delà de 28°C abaissant la température de la salle sans trop humidifier l’ambiance. Elle permet également le pré-trempage des salles avant lavage", indique Bruno.


Du lisier flottant pour réduire les émissions d’ammoniac
Bruno dispose également d’une réserve d’eau pluviale de 200 m3 utilisée pour faire un lavage des fonds de fosse à chaque vide sanitaire à l’aide d’un tuyau incendie à gros débit raccordé aux canalisations prévues pour cet usage. "A l’issue du lavage, l’ajout d’eau en fond de fosse avant l’entrée des animaux permettra une réduction de près de 30 % des émissions d’ammoniac du bâtiment grâce à la technique du lisier flottant",complète Bruno.

post-sevrage et de l’engraissement.

Vers des bâtiments à énergie positive avec la méthanisation et le photovoltaïque
Depuis la fosse extérieure de stockage de 500 m, le lisier va être acheminé par lisioduc jusqu’à une unité de méthanisation collective située à 2,5 km du site d’exploitation. Cette unité produira du biogaz directement injecté dans le réseau. L’éleveur récupérera ensuite le digestat sur son site d’élevage dans une fosse de réception de 300 m3. Bruno précise que "produire progressivement de l’énergie pour être autosuffisant est la prochaine démarche et que l’hypothèse du photovoltaïque en auto-consommation sur une partie des consommations électriques de l’élevage est envisageable. Avant d’investir, il est important d’agir sur ses pratiques d’élevages pour diminuer ses consommations. Les choix réalisés ne doivent pas compromettre les résultats techniques car un bon indice de consommation va de pair avec un bon bilan carbone. Avec le réchauffement climatique, c’est un devoir aujourd’hui de réaliser un maximum d’économie d’énergie tout en garantissant des conditions d’élevage optimales", conclut-il.

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